L’Arménie, qui ouvrira une ambassade à Jérusalem, espère d’Israël la reconnaissance du génocide arménien

L’Arménie ne met pas de conditions liées à la reconnaissance du génocide arménien pour développer ses relations avec Israël. Mais elle le souhaite vivement . La preuve est que l’Arménie, qui dispose d’un consulat en Israël, ouvrira bientôt une ambassade à Jérusalem.

Dans une interview accordée au « The Jerusalem Post » le vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Grigor Hovhannisyan a affirmé que l’Arménie étudie l’ouverture d’une ambassade en Israël afin de donner une nouvelle étape aux relations entre l’Arménie et Israël

« L’important pour nous est de développer nos relations » dit le diplomate arménien. G. Hovhannisyan a également affirmé que l’Arménie souhait de son côté qu’Israël réponde par l’ouverture d’une ambassade à Erévan. Mais ce souhait n’était en rien une condition à l’ouverture d’une ambassade d’Arménie en Israël.

L’Arménie dispose d’un consulat à Jérusalem. Israël a déjà un Consulat honoraire à Erevan, en Arménie, avec Mr Achot Chakhmouradian,comme Consul honoraire et chef de mission.

Il y ‘a quelques mois l’Arménie et Israël ne maintenaient pas de relations directs. L’ambassadeur israélien pour l’Arménie était itinérant, l’ambassade étant située à Tbilissi, dans la république géorgienne voisine, tandis que c’est l’ambassadeur d’Arménie en France qui se trouve chargé des affaires israéliennes.

La dégradation des relations entre Israël et la Turquie avait modifié les priorités d’Erevan et de Jérusalem. Cette situation a changé après l’échange de consuls entre Jérusalem et Erevan.

Aujourd’hui la République d’Arménie et l’Etat d’Israël entretiennent de chaleureux rapports diplomatiques. Israel encourage les réformes du gouvernement arménien et est prête à le soutenir en l’aidant davantage. Les israéliens soulignent le bon déroulement des élections parlementaires arméniennes tenues en décembre 2018.

Jérusalem veut continuera à soutenir l’Arménie dans sa volonté de devenir une démocratie consolidée et de créer un meilleur avenir économique pour ses citoyens.

L’accent politique que l’Arménie ouvrira une ambassade bientôt en Israel s’insère bien dans le contexte des nouvelles réalités régionales : à savoir, les troubles majeurs entre la Turquie et Israël. À l’heure actuelle, la situation dans la région est telle qu’Israël et l’Arménie ont un adversaire commun : la Turquie. En ce sens, la relation entre les deux états pourrait théoriquement atteindre un niveau de nouvelles perspectives. En particulier, le lobby juif aux États-Unis pourrait tenter de mettre la pression pour qu’enfin des résolutions sur le génocide arménien soient prises dans l’arène internationale.

La Turquie risque de « graves conséquences » si elle achète comme prévu des systèmes antimissiles russes S-400, a prévenu cette semaine un porte-parole du Pentagone, Charles Summers.

« Si la Turquie prend les S-400, il y aura de graves conséquences en ce qui concerne nos relations, nos relations militaires », a déclaré M. Summers, interrogé au cours d’un point de presse au Pentagone sur la volonté affichée par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’acheter le système antimissile russe. « Ils ne pourront pas avoir les F-35 et les (missiles) Patriot », a-t-il ajouté.

L’Arménie ne met pas de conditions liées au génocide pour développer ses relations avec Israel

Le Président Arménien Armen Sarkissian et le Premier ministre Nikol Pachinian veulent renforcer les liens avec Israël.

Dans une interview accordée au journal israélien « The Jerusalem Post » le vice-ministre arménien des Affaires étrangères, Grigor Hovhannisyan a affirmé que si Israël reconnaissait le fait historique du génocide des Arméniens, l’Arménie la féliciterait.Mais Erevan n’en fait pas une condition dans le dossier du développement des relations entre l’Arménie et Israël.

« Nous savons que les considérations géopolitiques gênent souvent les considérations fondées sur l’honneur. Et nous mêmes sommes parfois obligées de faire face à cela » dit le vice-responsable de la diplomatie arménienne.

A la question de savoir s’il n’est pas déçu qu’Israël n’a pas reconnu le génocide des Arméniens, Grigor Hovhannisyan a répondu « en tant qu’héritier de survivants du génocide » il est personnellement déçu de la position d’Israël…mais que « cette position n’est pas celle du ministère arménien des Affaires étrangères ou du gouvernement arménien ».

Il a ajouté que nombre de pays, dont les Etats-Unis qui sont des partenaires de l’Arménie, n’ont pas reconnu à ce jour le génocide des Arméniens. Tout en précisant que depuis les plus de 25 ans d’indépendance de l’Arménie, « la tendance de la reconnaissance du génocide est impressionnante (…) avec des milliers de territoires, régions ou communes et près de 40 pays ont reconnu le génocide des Arméniens ».

Le 7 mars à Erévan, à l’occasion d’une réception pour la Journée du diplomate, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian appelé les diplomates arméniens parmi leurs priorités à continuer leur mission pour la reconnaissance internationale du génocide des Arméniens.

« Nous devons continuer également la politique de reconnaissance internationale du génocide des Arméniens. Nous affirmons clairement que la reconnaissance internationale du génocide des Arméniens obéit à la sécurité globale et vient en prévention des génocides » dit Nikol Pachinian.

Rappelons que la diplomatie arménienne a intégré depuis plusieurs années déjà la reconnaissance internationale du génocide dans ses missions diplomatiques prioritaires.

Par ailleurs le riche homme d’affaire arménien et bienfaiteur vivant en Grande Bretagne, Vatché Manoukian, devaient se rendre en Israel cet été.

Souhail Ftouh

 

 

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