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La faiblesse insigne de la réponse internationale aux événements de Syrie augmente les chances d’une action israélienne forte en Iran. Les atermoiements actuels de la communauté internationales ne tendent pas à donner confiance aux dirigeants israéliens, et ne les incitent pas à compter sur le monde pour régler la question de l’Iran et de ses capacités nucléaires.

La question posée samedi par Barak Obama dans son discours théâtral sur la pelouse de la Maison-Blanche, était particulièrement profonde : «quel message allons nous envoyer à un dictateur s’il peut gazer à mort des centaines d’enfants au vu et au su de tout le monde sans en payer le prix ? »

« Si nous ne nous sommes pas capables de faire peser une responsabilité dans le cas de pareils agissements, que dira-t-on de notre résolution quand il s’agira d’affronter des gens qui se moqueront intentionnellement des règles les plus fondamentales, des gouvernements qui décideront de construire des armes nucléaires, des terroristes qui voudront répandre des armes biologiques, des armées qui commettront un génocide ? » a-t-il demandé.

Le premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré en de multiples occasions la semaine dernière que la Syrie était «un test de terrain» pour l’Iran.

Il a déclaré, impliquant par là Obama, que l’Iran est en train d’observer soigneusement la façon dont le monde apporte une réponse à l’utilisation d’armes chimiques par un État qui est son client.*

Y aura-t-il des discours d’indignation massive suivis d’une action militaire déterminée du monde tout entier ? Y aura-t-il une action militaire immédiate ? Y aura-t-il des discours d’indignation massive suivis d’une action américaine limitée ? Quelles seront les limites de cette action ? Ses risques seront-ils supportables ?

Mais les Iraniens ne sont pas seulement des observateurs. Et il en est de même d’Israël. La question de savoir si Israël décidera ou pas d’agir contre l’Iran sera déterminé en grande partie par la façon dont le monde va agir maintenant contre la Syrie. Et le vote du parlement britannique de jeudi, en défaveur d’une action militaire, ne constitue pas un signe encourageant.

« Le bafouillage et l’hésitation de la communauté internationale pour décider [d’une frappe] contre la Syrie démontrent une fois de plus qu’Israël ne peut compter que sur lui-même, sur personne d’autre » a écrit le ministre de l’économie et du commerce Naftali Bennett vendredi sur sa page Facebook. «De Munich en 1938 à Damas en 2013 rien n’a changé. C’est la leçon que nous tirons des événements de Syrie. »

Et encore, le texte de Bennett a été publié avant le discours d’Obama, dans lequel le président a annoncé que les États-Unis conduiraient une action militaire limitée contre la Syrie, mais seulement si le Congrès l’approuve quand il rentrera de ses vacances estivales le 9 septembre.

« Ayez confiance en nous, » a intimé à Israël la communauté internationale conduite par les États-Unis depuis des années sur la question de l’Iran. « Nous allons nous mettre d’accord avec l’Iran, nous ne lui permettrons pas de se doter d’une arme nucléaire. Même s’ils en possédaient, il y a peu de chances qu’il s’en servent personne n’est assez fou pour le faire. »

Vraiment ? Le président syrien Bachar Assad est justement ce fou, qui utilise des armes chimiques en plein jour contre son propre peuple bien qu’il sache qu’il sera tenu pour coupable.

Le monde hésite encore.

Les Français tiennent un discours dur, les Britanniques se défaussent complètement, et Obama a dit qu’il procédera à une action limitée si le Congrès l’approuve à son retour de ses vacances d’été.

Devant ce spectacle, les Iraniens sont sûrement en train d’estimer à quelle réaction ils peuvent s’attendre s’ils poussent à pleine vitesse leur capacité nucléaire. On ne peut pas les blâmer de penser que si les Français parleront avec une grande fermeté, les Britanniques voteront contre une action militaire au Parlement, et Obama demandera un vote au Congrès si le Congrès est en session. Sinon, il attendra patiemment que le Congrès se réunisse à nouveau pour lui demander son avis.

Ces atermoiements de la communauté internationale ne sont pas faits pour convaincre les dirigeants israéliens qu’ils peuvent compter sur elle quand il faudra s’occuper de l’Iran.

D’ailleurs, si l’on voit comment le monde agit quand 1.429 personnes sont gazées, comment pourrait-on penser qu’il agirait si l’Iran ne faisait que franchir le seuil nucléaire, sans tuer personne ?

Si le gazage de 1.429 personnes, dont au moins 426 enfants selon les dires du secrétaire d’État américain John Kerry vendredi dernier, ne conduit pas à une attaque militaire, le franchissement du seuil nucléaire, sans tuer personne, déclencherait-il une réponse ?

Les Iraniens observent soigneusement la réponse de la communauté internationale aux atrocités des Syriens. Si la réponse n’est pas assez dure, pas assez rapide, ou pas assez sérieuse, ils pourront très bien en conclure qu’ils auront affaire à une situation comparable, et ils y verront un feu vert pour accélérer autant que possible leur programme nucléaire.

Les Israéliens observent aussi la réaction du monde. Et Israël aussi, pourra conclure très justement que si la réponse du monde n’est pas assez dure, pas assez rapide, ou pas assez sérieuse, il est fondé à considérer qu’il a un feu vert pour agir en vue de stopper les Iraniens.

L’absence d’une puissante réponse internationale au spectacle insolite des alignements des corps des personnes gazées enveloppées dans des linceuls blancs, à seulement 220 km de Jérusalem, n’oblige pas Israël à agir contre Assad, mais le contraint sûrement à réfléchir à deux fois avant de faire confiance au monde pour le débarrasser de la menace nucléaire iranienne.

Par Herb Keinon, Jerusalem Post, 1er septembre 2013

Traduction : Jean-Pierre Bensimon

Titre original: Titre original : Weak world response on Syria boosts chance of strong Israeli action on Iran

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