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L’ancien vice-président égyptien, Omar Suleiman a décidé de se présenter aux élections présidentielles, d’après le journal égyptien “Al-Masry Al-Youm.”

Cet ancien chef des renseignements égyptiens (depuis 1993) a été en contact avec de nombreux hauts responsables occidentaux, notamment américains et israéliens. Il était chargé de mener des négociations entre Palestiniens et Israéliens : il réussit à obtenir des trêves en 2001, 2003 et 2005.

Le général Suleiman a été nommé vice-président de la République arabe d’Égypte le 29 janvier 2011 par le président Hosni Moubarak, alors que se multiplient les manifestations antigouvernementales dans le pays5,

Omar Suleiman cesse dès lors de jouer tout rôle politique apparent. Le poste de vice-président n’apparaît pas dans la « proclamation constitutionnelle » publiée le 13 février 2011 par le Conseil suprême des forces armées; dans la présentation officielle des institutions égyptiennes. Omar Souleiman n’apparait plus désormais que comme « former Vice President of Egypt » (ex-vice-président d’Égypte).

Les capitales occidentales entretiendraient des relations exceptionnelles avec le général Suleiman. Il bénéficie du soutien de Washington. Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine, a soutenu Suleiman, en février 2011, le présentant comme le meilleur candidat pour mener une « transition » alors que le gouvernement Moubarak etait en chute.

Suleiman est depuis longtemps considéré par Israël comme le successeur favori d’Hosni Moubarak. La préférence des Israéliens pour l’ancien vice-président égtyptien Omar Suleiman, a été divulguée à travers des documents obtenus par Wikileaks et publiée par le quotidien britannique, The Telegraph.

Selon un mémo daté d’août 2008, David Hacham, un haut conseiller au ministère israélien de la Défense (MoD), a déclaré à des responsables américains que les Israéliens espéraient que Suleiman, nommé Soliman dans certains mémos, deviendrait président (en Egypte).

« David Hacham a noté que les Israéliens croient que Soliman est susceptible de servir au moins une présidence intérimaire si Moubarak décède ou est frappé d’incapacité », dit le câble envoyé depuis l’ambassade américaine à Tel-Aviv.

Le mémo disait que David Hacham a fait plein d’éloges pour Suleiman, allant jusqu’à dire qu’une « hot line avait été mise en place entre le ministère de la Défense et le général égyptien, et était devenue d’usage quotidien ».

À Jérusalem l’on pense qu’il est difficile de voir le général Suleiman à la présidence en Egypte après tous les bouleversements connues il y’a quelques mois dans ce pays et la montée des Frères musulmans qui ont remporté, en janvier 2012, l’élection parlementaire avec 38% des 498 sièges de la nouvelle assemblée qui sera chargée d’apporter une nouvelle constitution à l’Egypte.

Selon une dépêche diplomatique obtenue par Wikileaks, Suleiman avait déjà sévèrement critiqué les Frères musulmans d’Égypte dans ses communications avec les autorités américaines. Suleiman aurait dit à des responsables américains que les Frères musulmans étaient à l’origine de la création de groupes armés, notamment « le Jihad islamique égyptien et le Djamaa Islamiya [Groupe islamique] ».

Le câble obtenu poursuit en disant : « Le danger principal, selon Soliman, a été l’exploitation par le groupe [des Frères musulmans] de la religion pour influencer et mobiliser le public. »

Il poursuit : « Soliman qualifie le succès récent des Frères Musilmans dans les élections législatives comme malheureux », ajoutant qu’à son avis, bien que le groupe était techniquement illégal, « les lois égyptiennes ont été insuffisantes pour les maintenir en échec. ». (Les élections visées étaient celles de novembre et décembre 2005, dans lesquelles les Frères musulmans ont fait des gains substantiels)

Le document obtenu par le Telegraph a également révélé que Suleiman a exploré l’idée d’autoriser les troupes israéliennes dans la zone frontière égyptienne dite de Philadelphie, dans le but d’arrêter le transfert d’armes pour les combattants palestiniens dans Gaza.

En 2005, « Dans leurs moments de plus grande frustration, (le ministre égyptien de la Défense de l’époque) Tantawi et Soliman ont chacun fait valoir que les FDI (Forces de défense israéliennes) seraient « les bienvenues » si elles envahissaient à nouveau Philadelphie, si l’idée des FDI était que cela empêcherait la contrebande », dit le même mémo.

Il a également conseillé de prendre « une ligne particulièrement dure contre Téhéran », et dans un mémo daté du 2 janvier 2008, Suleiman est cité comme disant que l’Iran représentait « une menace importante pour l’Egypte ».

Israël qui suit avec attention et intérêt au Caire n’a fait aucun commentaire sur l’information sur Omar Suleiman qui a décidé de se présenter aux élections présidentielles en Egypte. Jérusalem espère seulement préserver le traité de paix «stratégique» de 1979 avec son voisin, malgré l’attaque d’une violence sans précédent contre son ambassade au Caire.

Le nouvel ambassadeur d’Israël au Caire, Yaakov Amitaï aurait exigé des autorités égyptiennes qu’elles renforcent les mesures de sécurité pour protéger le personnel de l’ambassade, à la suite de la vague d’attentats anti-israéliens en Asie, le mois dernier , rapporte le journal Al Khayat.

Lors d’une séance de l’assemblée des parlementaires égyptiens le 12 mars dernier , les députés ont voté massivement pour l’expulsion de l’ambassadeur d’Israël au Caire Yaakov Amitai et du rappel de l’égyptien en poste à Tel-Aviv.

Un communiqué précise que, « l’Egypte d’après la révolution ne sera jamais l’amie de l’entité sioniste, le premier ennemi de l’Egypte et de la nation arabe », et exige que le gouvernement égyptien coupe toutes ses relations avec « cet ennemi », y compris les accords de paix. Le parlement a également appelé à l’activation du boycott arabe contre l’Etat Juif et les entreprises internationales qui traitent avec lui

D’autre part la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, envisage d’octroyer une assistance militaire partielle à l’Egypte bien que les autorités du Caire ne remplissent pas actuellement deux séries de conditions pour bénéficier d’une telle aide.

Suivant les termes du droit américain, Hillary Clinton doit d’abord démontrer que les Égyptiens respectent les obligations contenues dans le traité de paix signé avec Israël à Camp David en 1979. La chef de la diplomatie doit ensuite apporter la preuve que l’Egypte observe des critères de respect de la démocratie afin de recevoir le soutien de 1,3 milliard de dollars qui lui est alloué annuellement.

Ftouh Souhail

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