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Voilà encore des exemples éclairs comme les libanais fêtent le Ramadan !

Une unité du bureau libanais de lutte contre le trafic de stupéfiants a arrêté cette semaine quatre personnes, deux Palestiniens, un Irlandais et un Hollandais, qui se trouvaient à bord de deux voitures ouvreuses dans lesquels étaient cachés 53 kilogrammes de cocaïne. L’arrestation a eu lieu à Kaslik, au nord de Beyrouth. La valeur de la prise est estimée à 8 millions de dollars. C’est la plus grosse saisie de cannabis depuis le début de l’année.

Le Liban est devenue en effet une importante plaque-tournante du trafic de cocaïne et d’autres drogues. L’opium et le cannabis sont actuellement en circulation dans les grandes villes comme les plus petites. Vous trouverez les grands réseaux de ce marché à Baalbek, Jezzine, Deir-el-Qamar…

L’arrivée massive de l’argent des stupéfiants et des substances narcotiques pose une nouvelle fois le problème de la corruption (classe politique, justice, police) et de la faiblesse de l’Etat libanais. La drogue continue à enrichir les acteurs de la scène libanaise.

Un vaste réseau libanais de trafic de drogue travaille depuis quelques années en toute impunité dans ce pays et collabore ouvertement avec des opérateurs maritimes internationaux.

Les autorités américaines on placé en janvier 2011 sur leur liste noire le Libanais Ayman Joumaa, présenté comme étant au centre d’un trafic de cocaïne et d’un dispositif de blanchiment d’argent sale entre l’Amérique latine, l’Europe et le Moyen-Orient, avec des liens en Afrique de l’Ouest. Selon la DEA , l’agence anti-drogue américaine, trois sociétés de change utilisées par Ayman Joumaa et son réseau pour blanchir de l’argent sale ont été placées sur la liste noire.

D’après l’agence anti-drogue américaine, figurent également sur la liste de l’OFAC d’autres ressortissants libanais. Parmi elles, Akram Saied Joumaa, frère de Ayman Joumaa et directeur général d’un hôtel de luxe, le Caesar’s Park Hotel, à Beyrouth. Quatre sociétés sont aussi « blacklistées » par les Etats-Unis, la compagnie de transport maritime Phenicia Shipping Offshore SARL, les sociétés basées au Panama Goldi Electronics SA et Zona Libre International Market S.A et les entreprises basées en Colombie Almacen Junior, Almacen Junior N°2 et Commercial Planeta détenues ou contrôlées par des membres de l’organisation de Ayman Joumaa.

La DEA dénonce l’implication d’une importante banque libanaise dans le blanchiment d’un trafic de drogue entre l’Amérique du Sud, l’Europe et le Moyen-Orient, via le liban. 10 février dernier le département du Trésor américain a annoncé l’identification d’une banque, la Banque libano-canadienne SAL (LCB), et de certaines de ses filiales, comme une institution financière impliquée dans le blanchiment d’argent de trafiquants internationaux de drogue.

Le département du Trésor indique avoir des raisons de penser que des dirigeants de LCB sont complices de ses activités. Dans son communiqué, la DEA vise clairement le mouvement libanais du Hezbollah accusé d’être impliqué dans cette affaire et plus généralement dans le trafic de drogue, ce que l’organisation chiite libanaise a toujours démenti.

Selon une enquête de l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, les activités mouvement armé chiite libanais Hezbollah (le Parti de Dieu), qui participe au gouvernement libanais, seraient au moins en partie, financées par le trafic de la drogue en Europe.

Der Spiegel s’appuie pour avancer cette accusation sur l’arrestation par la police, en octobre 2010 , de deux citoyens libanais, résidant en Allemagne, qui avaient transféré d’importantes sommes d’argent à des familles, au Liban liées à des responsables du Hezbollah.

Les premiers soupçons, selon Der Spiegel, remontent à mai 2008 lors que la police a trouvé 8,7 millions d’euros dans les bagages de quatre libanais à l’aéroport de Francfort., puis un demi-million d’euros lors d’une perquisition dans leur appartement.
Les enquêteurs soupçonnent ces citoyens libanais – dont certains étaient passés par un camp d’entraînement du Hezbollah – d’écouler de la cocaïne en Europe et d’en exporter les bénéfices au Liban.

Les policiers israéliens font observer que compte tenu du poids politique et militaire du Hezbollah au sud-Liban, rien ne peut échapper à leur contrôle.

Par ailleurs le Hezbollah est omniprésent dans la plaine de la Bekaa, zone traditionnelle de production de la drogue au Liban. De la production à la distribution, cette activité génère plus d’emplois que l’agriculture ou une toute autre activité au liban.

Ftouh Souhail, Tunis

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