L’ex-maire de New York et philanthrope Michael Bloomber s’est lancé dans la course à la Maison-Blanche, relançant avec sa candidature la compétition déjà serrée pour l’investiture démocrate.

«Je suis candidat à la présidentielle pour battre Donald Trump et reconstruire l’Amérique», a déclaré sur son site internet l’homme d’affaires de 77 ans, qui avait ouvertement multiplié ces dernières semaines les préparatifs à son entrée en campagne.

Son immense fortune acquise dans l’information financière -quelque 50 milliards de dollars- fait de lui un prétendant apte à chambouler la course, encore très ouverte avec 18 candidats prêts à défier l’actuel locataire de la Maison-Blanche en novembre 2020, sans favori évident.

«Nous ne pouvons pas nous permettre quatre années supplémentaires d’actions immorales et irréfléchies de la part de Donald Trump», a justifié M. Bloomberg qui était le responsable à la tête de la métropole de New York de 2002 à 2013.

Après avoir été républicain puis indépendant, il s’est enregistré comme démocrate en octobre et a fourni quelque 80 millions de dollars à des candidats démocrates lors des dernières élections législatives.

L’entrée en piste de M. Bloomberg ne manquera pas de relancer les interrogations sur l’âge avancé des candidats, avec désormais quatre septuagénaires en lice pour déloger Donald Trump – également septuagénaire – de la Maison-Blanche.

L’ancien vice-président Joe Biden, 77 ans, mène la course devant les progressistes Elizabeth Warren, 70 ans, et Bernie Sanders, 78 ans, avec le jeune maire Pete Buttigieg, 37 ans, en quatrième position, selon les sondages
nationaux.

M. Bloomberg fait le calcul qu’il peut percer entre Mme Warren et M. Sanders jugés bien trop à gauche par une partie de l’électorat démocrate et M. Biden, affaibli par des interrogations sur son état physique et happé par l’affaire ukrainienne qui vaut à Donald Trump une procédure en destitution.

L’entrée en course de M. Bloomberg n’a pas suscité de réaction immédiate de Donald Trump qui s’est contenté de retweeter des critiques de sympathisants républicains contre l’ex-maire de New York.

Le président américain avait réagi avec dédain à une possible candidature de Michael Bloomberg début novembre 2019.

«Le petit Michael échouera», avait-il assuré en référence à la taille du milliardaire, environ 1,70 m. «Je pense qu’il va en fait nuire à Biden», avait-il ajouté.

Très actif dans la lutte contre le changement climatique, contre la prolifération des armes à feu ou pour la santé, il est envoyé spécial de l’ONU sur les villes et les climat.

Sa candidature représente par ailleurs un casse-tête déontologique pour son agence de presse, qui a annoncé qu’elle couvrirait la campagne de son patron, mais qu’elle suspendait les éditoriaux non signés, qui reflétaient les opinions du milliardaire américain.

Fondée en 1990, l’agence Bloomberg News c’est 2400 journalistes, un fil d’actualités, des magazines, une station de radio, des podcasts, une chaîne de télévision, et une couverture exhaustive de l’actualité politique, avec notamment six journalistes affectés à la Maison-Blanche.

«Aucun autre candidat à la présidentielle a jamais possédé un organe de presse de cette taille», a indiqué le rédacteur en chef John Micklethwait dans une note à ses collègues, reconnaissant que cela «ne serait pas facile pour la rédaction».

Neuvième fortune mondiale d’après Forbes, Bloomberg a lancé dimanche une campagne de publicités télévisées de 31 millions de dollars.

La fortune de Donald Trump est estimée à 3,1 milliards de dollars. Cela représente une ressource non négligeable, par rapport à celle de la grande majorité des gens. Néanmoins, aux yeux de Michael Bloomberg, nouveau concurrent de Donald Trump, gardien d’une fortune de 53 milliards de dollars, ce n’est qu’une goutte dans l’océan.

Au cours de l’année prochaine, Michael Bloomberg, ancien maire de New York durant 3 mandats, aura l’occasion de se mesurer à Donald Trump, mais cette fois-ci aux élections présidentielles.

Un don inédit destiné à financer des bourses

Le milliardaire new-yorkais – classé 14e homme le plus riche du monde par Forbes – a fait un don qui permettrait à l’université de Baltimore, dont il est sorti diplômé en 1964, d’attribuer plus de bourses aux étudiants issus de familles modestes, qui ne peuvent payer les quelque 72 000 dollars que coûte l’année scolaire dans ce prestigieux établissement.

En 2018, il a donné 1,8 milliard de dollars à son ancienne université Johns-Hopkins, pour de l’aide financière aux étudiants – considéré comme le plus gros don jamais fait à un établissement d’enseignement supérieur.

Avec ce don – le plus élevé jamais fait à une université – M. Bloomberg met le doigt sur le problème lancinant des prêts étudiants, qui atteignent aujourd’hui 1500 milliards de dollars, plus gros volume de dettes aux États-Unis derrière les prêts immobiliers.

Alors que 44 % des étudiants de Johns Hopkins terminent aujourd’hui leurs études endettés, à hauteur de plus de 24 000 dollars en moyenne, les prêts pourront maintenant être remplacés par de véritables bourses.Les étudiants à bas revenus peuvent aujourd’hui être acceptés en plus grand nombre.

Alors que son père comptable ne gagnait « pas plus de 6000 dollars par an », Michael Bloomberg a annoncé ce don alors qu’il envisage déjà de se présenter à l’investiture démocrate pour la présidentielle 2020.

En 2014, lorsqu’il a été choisi pour recevoir le premier prix Genesis d’un million de dollars – le prix Nobel juif – il a établi la norme pour les futurs lauréats en le remettant à des organismes de bienfaisance.

En 2011, Il a également fait don ET il a ajouté une aile de cinq étages au poste de secours du Magen David Adom à Jérusalem. En 2003, il a financé l’agrandissement du Centre hospitalier universitaire Hadassah, qui porte le nom de sa mère. En septembre dernier, il a lancé Hazira, un programme d’innovation pour valoriser les villes israéliennes

Bloomberg a hérité d’un déficit quand il a succédé à Rudy Giuliani, aujourd’hui avocat personnel de Trump, à la mairie de New York et a rendu les clés de la ville avec un solde créditeur 12 ans plus tard. Il en a dirigé la reconstruction après les attentats terroristes du 11 septembre 2001


Souhail Ftouh