Le ministre canadien du commerce : “l’expérience israélienne” pourrait éclairer la prise de décision économique au Canada.

 

Jim Carr, récemment nommé ministre de la Diversification du Commerce et des Ressources Naturelles au Canada, considère que “l’expérience israélienne” pourrait éclairer les décisions économiques canadiennes. 

Sa visite de cette semaine en Israël  a été l’occasion de renouveler les liens, en particulier les liens économiques qui se creusent d’année en année, créant de nouvelles opportunités pour les entreprises de toutes tailles. Plus nous créons de possibilités de partenariats, plus nous tirons parti du dynamisme de nos gens novateurs et entreprenants pour créer des emplois mieux rémunérés pour les Canadiens de la classe moyenne et les Israéliens a dit le ministre de la Diversification du Commerce et des Ressources Naturelles au Canada.

À Tel-Aviv, le ministre a rencontré le ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen, pour discuter des nouveaux partenariats entre sociétés canadiennes et israéliennes rendus possibles par la modernisation de l’Accord de libre-échange Canada-Israël.

Le ministre Carr a également participé à plusieurs réunions avec des chefs d’entreprise des secteurs des transports, de l’énergie propre, de la haute technologie et des finances afin de discuter des possibilités de partenariat pour les entreprises canadiennes. Il a rencontré le président de l’autorité israélienne chargée de l’innovation.

Il s’est adressé à la conférence numérique DLD Tel Aviv, ainsi qu’aux organisations LGBTech et Lesbians Who Tech, afin de promouvoir l’expertise canadienne dans le secteur des médias numériques. Il y avait aussi une formidable opportunité de rencontrer Albert Lincoln, un ancien secrétaire général de la communauté internationale bahaïe, et de voir lui-même les jardins bahá’ís, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et une destination sacrée pour les adeptes du bahaïe.

Jim Carr a apprécié Israël, le modèle de “start-up nation”

“Google, Facebook, Apple, Amazon, Microsoft, Alibaba… tous les grands groupes du numérique ont installé des bureaux en Israël”, se réjouit Jim Carr.

Le ministre canadien a pris connaissance qu’au total, neuf des dix plus grandes entreprises mondiales sont implantées en Israël. Elles viennent en Israël pour l’écosystème. L’autorité de l’innovation se charge notamment d’aider les spécialistes étrangers à s’implanter dans le pays.

Objectif : avoir à disposition suffisamment de développeurs et de professionnels pour compléter les effectifs des jeunes pousses. Et ça marche. “Ici, ça n’a rien à voir avec San Francisco ou New York, c’est beaucoup plus simple de trouver des développeurs qualifiés”, confirme le responsable du développement de Kaltura, une entreprise spécialisée dans la vidéo basée à Tel Aviv.

Surtout, pour résoudre les problèmes de financement des start-up, leur plus grand défi, le pays incite les investisseurs en capital risque à s’installer. Au total, les entreprises ont levé 5,2 milliards de dollars en 2017. L’autorité d’innovation investit également dans des entreprises

Le ministre Carr est allé en Israël  pour comprendre comment ces start-up israéliennes font le succès du pays. La technologie représente déjà 43% des exportations du pays.

Contrairement aux investisseurs traditionnels, Israel  ne prends pas de parts dans le capital des start-up. En revanche, quand leur projet fonctionne le gouvernement leur demande 3% des recettes. Le système est incitatif. Des financements sont donc faciles à trouver.

Les écoles du pays se sont également adaptées ces dernières années pour former toute une génération d’entrepreneurs et de spécialistes en informatique.

Le tout fonctionne aussi en raison de la culture du pays. Ici, les gens ont l’esprit d’entreprise et d’entre-aide. Personne ne vous refusera jamais un contact et on vous propose même de vous mettre en relation avec la personne. Si votre start-up ne marche pas, ce n’est pas vu comme un échec. Au contraire, vous avez essayé.

Si les start-up israéliennes sont présentent dans presque tous les domaines, deux sont particulièrement reconnus : la cyber-sécurité et la mobilité. Concernant la cyber-sécurité, l’Etat favorise par exemple le lien entre l’armée, les écoles et les start-up. Résultat : certaines font office de modèle, comme Biocatch réputée pour ses capacités à détecter les tentatives fraudes en ligne. Concernant la mobilité, l’application Waze, rachetée par Google et MobilEye (véhicules autonomes), rachetée par Intel, sont citées en exemple.

Jim Carr, a visité  déjà le pays 

Descendant d’immigrants juifs russes arrivés au Canada en 1906, il avait parcouru l’État juif de long en large et il se souvient avec émotion de sa première visite en Israël au début des années 1990.

«C’était une première expérience formidable. Israël a changé, le monde a changé. Alorsje grandissais en tant que juif à Winnipeg, je mettais 10 cents dans le pushka [boîte caritative en yiddish], sachant que cela finirait par planter un arbre en Israël », raconte Carr, alors qu’il s’entretenait avec le Jerusalem Post à son hôtel de Tel Aviv ce mercredi.

Près de trois décennies après cette première visite dans l’État juif, Carr a fait d’Israël sa cinquième destination étrangère, depuis qu’il a pris ses fonctions il y a moins de deux mois. La visite en Israël peu après sa prise de fonctions n’est pas surprenante, étant donné que Carr identifie un grand potentiel de croissance dans les relations commerciales déjà florissantes entre Israël et le Canada.

Le commerce bilatéral a totalisé 1,7 milliard de dollars canadiens en 2017, ayant plus que triplé au cours des deux décennies écoulées, depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange Canada-Israël en 1997.

En mai 2018, Israël et le Canada ont signé un protocole d’accords commerciaux les plus libéraux au monde à ce jour, comprenant des clauses reconnaissant les droits des femmes et l’égalité des sexes dans le commerce.

“Israël est très important pour le Canada en raison des liens personnels étroits que nous avons, entre les familles, les communautés, sur le plan politique et des valeurs que nous partageons”, a déclaré M. Carr. “Nous sommes très fiers des changements que nous avons apportés à l’accord de libre-échange.

” En 2018, les cerveaux, l’énergie et la créativité des femmes n’ont pas été utilisés à leur plein potentiel. Nous sommes très heureux de reconnaître parmi nos partenaires israéliens une telle ambition pour les deux pays. »

Les pays deuxpays ont renforcé leurs relations commerciales en 2012 avec la mise en œuvre de l’Accord Canada-Israël de coopération bilatérale en recherche industrielle et Développement : l’accord engage les deux pays à investir 1 million de dollars canadiens par an dans la recherche industrielle.

Carr n’est pas seulement en Israël pour promouvoir le commerce canadien, a-t-il expliqué, mais aussi pour apprendre de l’excellence israélienne en matière d’innovation et de technologie et pour évaluer comment “l’expérience israélienne” pourrait éclairer les décisions économiques canadiennes.

«L’essence, l’énergie, le sens de l’esprit d’entreprise et de l’innovation, la créativité sont très forts dans ce pays. C’est un moyen très puissant de comprendre ce qui motive les individus et les groupes dans l’édification nationale.”

Au cours des dernières semaines, le gouvernement canadien a relancé les démarches de son organisme de promotion des investissements intitulé «Investir au Canada», en invitant d’éventuels investissements étrangers directs au Canada, y compris en provenance d’Israël.

“Un grand nombre des valeurs qui font la promotion du Canada comme lieu d’investissement sont partagées avec les Israéliens. C’est un endroit avec un système politique très stable, un environnement fiscal compétitif et une main-d’œuvre qualifiée et diversifiée”, at-il ajouté. Les relations canado-israéliennes positives servent de plate-forme pour travailler main dans la main avec le secteur privé des deux pays, créant ainsi une richesse, une croissance et des emplois en plein développement.

Le Canada et Israël sont liés par les liens d’amitié et de famille depuis la fondation de l’État il y a 70 ans.

Le ministre Carr est l’un des architectes du Consensus de Winnipeg, qui a rassemblé des groupes de réflexion et des chefs de file canadiens du secteur de l’énergie et a guidé l’élaboration de la Stratégie canadienne de l’énergie, publiée en 2015 par les provinces et les territoires.

Jim Carr est un leader communautaire et du monde des affaires de Winnipeg depuis plus de 30 ans. Après des débuts comme musicien, hautboïste et administrateur au sein de l’orchestre symphonique de Winnipeg, il est passé au journalisme en tant qu’éditorialiste et chroniqueur pour le Winnipeg Free Press et aussi à la radio, à la chaîne anglaise de Radio-Canada.

Son leadership communautaire lui a valu de nombreuses distinctions, dont la Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada, la Médaille du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II et l’Ordre du Manitoba.

Loin du monde politique dans lequel il travaille actuellement, Carr qui représente toujours sa ville natale aujourd’hui en tant que député de Winnipeg-Centre-Sud a commencé sa carrière en tant que musicien – hautboïste et administrateur de l’Orchestre Symphonique de Winnipeg. Ses racines musicales restent pertinentes aujourd’hui comme analogie pour une coopération internationale réussie.

“Un musicien doit être discipliné et doit comprendre que la seule façon dont un orchestre peut produire de l’harmonie est de jouer ensemble – en rythme et en synchronisation. Sinon, vous obtenez la dissonance et non l’harmonie.

” On peut utiliser cette métaphore à la collaboration dans les affaires inter-étatiques et collaborer signifie que vous êtes à l’écoute », a déclaré Carr.

Souhail Ftouh