Le Monde Juif célébre la « joie de la Torah » .

Sim’hat Torah ou « joie de la Torah », c’est la fête qui est célébré dans le monde juif actuellement pour marquer la fin du cycle annuel de lecture de la Torah.

Ce Jeudi 30 septembre en Israel et du Jeudi au Vendredi 1er octobre pour la diaposra, cette fête est célébrée à la synagogue par les orants qui défilent autour de la bima (estrade de lecture) en chantant et en dansant avec les rouleaux de la Torah.

C’est au son des orchestres que se déroulaient ce jeudi soir dans tout le pays les traditionnelles “Hakafot Sheniyot” de Simh’at Thora, instituées pour manifester la solidarité des Juifs en Israël – qui ont terminé la fête – avec leurs frères de Diaspora qui célèbrent cette solennité un jour plus tard ( aujourd’hui en diaspora)

Simhat Torah n’est ni d’origine biblique ni d’origine talmudique. Les célébrations de Sim’hat Torah ne sont pas mentionnées dans le Talmud. La fête apparaît pour première fois dans un livre de la période des Gueonim, qui recense les différences entre les rites et coutumes de Babylone et de la terre d’Israël (1).

Pour certains, La fête de Sim’hat Torah trouve aussi son origine en terre d’Israël, et ce n’est pas seulement une innovation babylonienne. Selon l’exégète médiéval Isaac Abravanel, la fête de Sim’hat Torah remonte à la cérémonie du haqhel, lorsque le peuple, assemblé une fois tous les sept ans à la porte de l’eau du Temple de Jérusalem, écoute le roi lire une section de la Torah.(2).

La coutume de sortir, après la prière de l’office du matin, tous les rouleaux de la Torah de l’Arche, et de réaliser des hakafot (circuits autour de la bimah, estrade de lecture de la Torah) est d’origine méridionale.

Ces hakafot, qui avaient fait l’objet de longues controverses, sont devenues depuis une coutume universelle. Toutefois les ashkénazes dansent avec la Torah avant de la lire, les séfarades réalisent les hakafot après la lecture (3).

De nombreuses congrégations lisent la Torah après les hakafot du soir (seul moment de l’année où la lecture de la Torah a lieu le soir.

L’ambiance à la synagogue lors des hakafot du matin est tout aussi joyeuse que la veille : l’assemblée se laisse aller à des manifestations de joie .Les Juifs en terre d’Israël ont coutume de danser une nouvelle fois avec la Torah dans les rues à l’issue de la fête, alors que commence Sim’hat Torah en diaspora.

A Jérusalem, les festivités officielles se déroulent traditionnellement au “Gan Ha-Paamon” (“Jardin de la Cloche”) avec la participation des Grands Rabbins d’Israël et de personnalités politiques.

Cette année parmi, les 7 processions habituelles, l’une a été dédiée à Guilad Shalit et à Jonathan Pollard, l’une aux malades d’Israël, une autre à Tsahal et une à Jérusalem.

Le Grand Rabbin séfarade d’Israël, le Rav Shlomo Amar, a dit « que Jérusalem était la ville éternelle qui a réuni le peuple juif depuis toujours » et « que la joie sincère qui y est exprimée par le peuple en ce jour de fête arrivera jusqu’au Trône Divin pour que les décrets que nous craignons soient annulés ».

A Akko, Yaffo et Nazareth, les processions se dont déroulées sous surveillance policière, afin d’éviter des agressions de la part d’Arabes israéliens.

Ftouh Souhail

(1) Pour Avraham Yaari, Sim’hat Torah est instituée vers le IXe siècle par les Gueonim (scholarques) babyloniens, dans un contexte polémique avec les dirigeants de l’académie de la terre d’Israël.

(2) Repoussée par Avraham Yaari, cette hypothèse est soutenue par Shlomo Nae, se basant sur le fait que les habitants d’Israël n’avaient qu’un impératif, boucler le cycle de lecture de la Torah en sept ans, en souvenir de la cérémonie du haqhel, prescrite par la Bible, irréalisable en l’absence du Temple.

(3) Coutumes de Sim’hat Torah sur le site daat consulté le 25/10/2009

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