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Que sait exactement le pape François de ce qui se passe contre les populations Kurdes syriennes dans région d’Afrin, depuis le 20 janvier dernier ? Cette question est sur toutes les lèvres depuis que le pontife a semblé ignorant en recevant ce lundi, 5 février 2018, son hôte Recep Tayyip Erdogan. Encore un scandale qui est censé ébranler la conscience de l’Église catholique de 1,2 milliard de fidèles.

Le pape François et le président turc ont défendu le partage de la capitale israélienne en prônant le respect des droits de l’Homme dans la région, alors que les F-16 turcs du régime d’Ankara mènent des bombardements meurtriers en Syrie contre la région d’Afrin.

Au cours de 50 minutes de discussions «cordiales», François et Recep Tayyip Erdogan, ont abordé lundi matin «la situation au Moyen-Orient, avec une référence particulière au statut de Jérusalem, mettant en exergue le besoin de promouvoir la paix et la stabilité dans la région à travers le dialogue et la négociation, en respectant les droits de l’Homme et la loi internationale», précise un bref communiqué du Vatican.

Détail important; les droits de l’Homme mentionnés ici ne renvoient pas à la Turquie ou aux bombardements turcs en Syrie, mais seulement aux droits des Palestiniens à Gaza et dans les territoires.

Mais chut! Le régime turc est sacré et peut se comporter comme il veut!

A ce jour 234 civils ont été tués et 378 blessés dans les bombardements d’Afrin et beaucoup de blessés seraient en ce moment même dans un état critique.

Lors de la première visite d’un président turc au Vatican depuis 59 ans, M. Erdogan avait prévu de remercier le pape d’avoir contesté la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem en tant que capitale d’Israël. «Nous sommes tous les deux pour la défense du statu quo», avait commenté cet ardent défenseur de la cause palestinienne dans un entretien dimanche à La Stampa.

« Jérusalem a été la priorité lors de la réunion du président Erdogan et le Pape », insiste bien la presse de Turquie.

Outre Jérusalem, Erdogan et le pape ont souligné l’importance de lutter conjointement contre «la xénophobie et l’islamophobie» et de ne pas faire l’amalgame entre «religions et terrorisme», ont indiqué des sources de la présidence, citées par des médias officiels turcs. L’expression «religions » cache bien sûre le fait que l’Islam est la principale religion qui produit les djihadistes. Pourtant l’expression «islamophobie», reprise par les responsables du Vatican, renvoie uniquement aux musulmans qui ont le statut de victime.

Outre Jérusalem, Erdogan et le pape ont souligné l’importance de lutter conjointement contre «la xénophobie et l’islamophobie» et de ne pas faire l’amalgame entre «religions et terrorisme», ont indiqué des sources de la présidence, citées par des médias officiels turcs. L’expression «religions » cache bien sûre le fait que l’Islam est la principale religion qui produit les djihadistes. Pourtant l’expression «islamophobie», reprise par les responsables du Vatican, renvoie uniquement aux musulmans qui ont le statut de victime.

 

Dans l’indifférence générale du pape Francois, la populations kurde syrienne subit l’horreur d’une agression turque meurtrière. Bombardée nuit et jour, la population est affamée par le blocus dans la région d’Afrin. Cette enclave au nord de la Syrie compte 1 million d’habitants. L’aviation turque n’épargne ni les écoles, ni les hôpitaux, ni les lieux de culte, en violation du droit international. Répandant la terreur, elle cherche à faire plier le peuple kurde.

Ce n’est pas une guerre seulement contre des combattants des Unités de protection du peuple (YPG) mais une entreprise de démoralisation de la population, de destruction totale, d’arasement des infrastructures. L’action combinée des frappes aériennes et l’invasion militaire sur le sol vise à mettre à genoux une population tout entière.

L’offensive terrestre a échoué, la résistance kurde est farouche. Des milliers d’enfants et de femmes kurdes souffrent de malnutrition dans une region dévasté par les bombes et affamé par le blocus, mais cette guerre n’intéresse pas le pape argentin François qui est très préoccupé au statut de Jérusalem!

Pire encore, un Symbole de paix offert à Erdogan

Le chef de l’État turc, très souriant, a été accueilli dans le palais du Vatican par un souverain pontife indiffèrent au song qui coule. Il a même échanger des cadeaux avec celui qui commet des crimes impardonnables,à Afrin.

«Ceci est un ange de la paix, qui étrangle le démon de la guerre», a commenté le pape en offrant un médaillon en bronze d’une vingtaine de centimètres de diamètre. «C’est le symbole d’un monde basé sur la paix et la justice», a-t-il ajouté, sans oser dire un mot sur le calvaire qu’on inflige à ce peuple kurde courageux.

Le Pape argentin ne veut surtout pas répéter la même faute, comme en juin 2016, lorsque au cours d’un voyage en Arménie, le pape avait utilisé le mot «génocide», que la Turquie réfute pour qualifier les massacres d’Arméniens de 1915/16. Les autorités turques avaient alors fustigé «une mentalité de croisade».

M. Erdogan a pour sa part réitéré son désir d’une véritable «adhésion» de la Turquie à l’UE, après avoir rejeté dimanche la proposition française d’un simple «partenariat». Pour le dictateur d’Ankara, c’est l’adhésion, sinon rien.

Les Kurdes déplorent vivement cette visite au Saint-Siège

Non loin du palais apostolique du Vatican, plusieurs dizaines de manifestants sont venus, à l’initiative d’une association kurde pour dénoncer «un crime contre l’Humanité en cours à Afrin».

«Chaque famille a perdu deux ou trois enfants. Mais quelle est la faute des Kurdes ? C’est ça la récompense pour s’être battus contre Daesh ?», a confié à l’AFP Rasho Mohmad, un Kurde d’Afrin jugeant que le pape n’aurait pas dû recevoir «un assassin». «C’est un devoir d’être ici aujourd’hui. Erdogan est devenu plus qu’un dictateur», a fustigé de son côté Alessio Arconso, du réseau Kurdistan Italie.

Le Parti de l’Union démocratique kurde (PYD) a annoncé que tous les pays qui ont gardé le silence devant «les crimes de la Turquie occupante» sont complices de ces crimes.

Curieusement pour le pape, le chœur des pleureuses est aux abonnés absents. Il est vrai qu’on n’est pas en Palestine. Les Kurdes n’intéressent personne au Vatican. Tout se passe comme si l’agresseur bénéficiait d’une sorte de permis de tuer à grande échelle, avec la bénédiction du Pape.L’histoire retiendra que le Pape argentin François est complice dans le sang des enfants du Kurdistan.

Un silence similaire du Saint-Siège… durant la Solution finale.

 

Le pape François nous rappelle curieusement une situation semblable avec Pie XII, souverain pontife de 1939 à 1958, qui n’a rien fait pour arracher les juifs aux camps de la mort. Ce pape était aussi un complice passif dès les premiers mois de la dictature hitlérienne. Après avoir succédé en 1939 à un Pie XI qui avait dénoncé l’antisémitisme, il n’avait pas cesser de donner des gages aux gouvernements fasciste et nazi.

Pie XII faisait preuve d’une passivité stupéfiante face à la politique d’extermination des juifs que le Vatican connaissait parfaitement. Pie XII, écrit l’auteur John Cornwell, avait aussi conduit «l’Eglise de son temps à se rendre complice des forces les plus sinistres de son temps. […]. Il a de plus fait montre d’une indéniable antipathie à l’égard des juifs» (1) .

Complice par son silence, Pie XII n’avait pas informer le clergé européen du génocide juif, en n’émettant aucun signe d’opposition à cette politique, le Vatican a, de fait, encouragé la collaboration avec les nazis.

Pie XII n’avait ignoré les massacres d’une sauvagerie inouïe d’orthodoxes serbes et de juifs yougoslaves perpétrés par les oustachis fascistes du Croate Ante Pavelic. Au contraire, malgré les avertissements de monseigneur Stepinac, archevêque de Zagreb.

Il restait également sourd aux avertissements des autorités ecclésiastiques antinazies de Pologne qui étaient témoins des massacres de Polonais (catholiques et juifs sans distinction) entrepris par le Reich après 1939. Il ne cillera pas davantage après 1941 ­ l’invasion de l’URSS changeant les priorités nazies ­ quand le régime hitlérien ne massacrera plus les slaves chrétiens, pour porter tout l’effort sur la solution finale.

Après guerre, il sera vain de chercher chez Pie XII un quelconque repentir. Le pape et ses évêques vont même désigner l’Eglise catholique comme la principale victime de l’hitlérisme. Ils vont aussi aider certains dignitaires nazis à échapper à la justice

Reproduction autorisée avec la mention suivante:
© Souhail Ftouh pour Europe Israël

(1) Le Pape et Hitler (Hitler’s Pope), de John Cornwell, Albin Michel, 1999, 490 pp.

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