| More

L’infection par le virus du sida dans des pays du Moyen-Orient et d’Afrique du nord s’est propagée, prenant l’allure d’une épidémie, en particulier dans les milieux des homosexuels et bisexuels, selon une étude publiée le 3 aout 2011 par le journal spécialisé PLoS Medecine.

Sur les 33 millions de personnes infectées dans le monde, le nombre des malades résidents en Afrique du nord et au Moyen-Orient est en net progression. La proportion de personnes contaminées est encore plus importante en Afrique subsaharienne.

Selon un rapport de l’Onu 20.000 à 60.000 séropositifs seraient décédés au cours de l’année derniére dans l’ensemble du Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour une population de 760,000 séropositifs dont 350,0000 seraient soudanais. Le rapport qualifie de « préoccupante » l’infection au VIH liée à la consommation de drogues injectables.

Au Maroc quelques 5000 cas de sida sont déclarés et 25000 personnes sont porteuses du virus. La société civile marocaine et les ONG, alarmées face à la recrudescence de ce fléau , organisent régulièrement des actions de sensibilisation pour informer les citoyens des dangers du VIH.

En Algérie on signale l’augmentation de la population vivant avec le virus pour un ensemble de 30000 personnes. Les données algériennes à propos de nouvelles infections du premier semestre font état que le nombre de personnes atteintes de VIH/sida a pratiquement doublé par rapport à celui enregistré en 2008. Selon les statistiques du Comité national de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et sida (Cnlist-sida), l’Algérie a enregistré 144 nouveaux cas de sida durant les six premiers mois de l’année 2009, soit le double des cas observés une année avant. Par ailleurs, 553 séropositifs ont été enregistrés durant le premier semestre de l’année en cours contre 585l’année derniére, selon les statistiques du (Cnlist-sida).

A signaler dans ce contexte que l’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par l’épidémie avec 67% de la population affectée par le VIH. D’après le rapport de l’Onu , quelque 25 millions de personnes sont décédées du sida depuis l’apparition de l’épidémie et 60 millions ont été infectées.

En Iran le sida reste tabou social surtout auprés des les toxicomanes ce qui explique le développement de la maladie. Selon un rapport plus de 1,12 millions à 2,31 millions d’iraniens seraient des consommateurs de drogues injectables.( Ils étaient 192,000 en 1998).
L’âge moyen de ce type de consommateurs est de 20 à 32 ans et ils sont généralement d’anciens consommateurs d’opium sur une durée de 5 à 15 ans. 51% d’entre eux commencent l’injection avant 24 ans.

Toujours selon le dernier rapport onusien, une étude récente menée à Téhéran prouve qu’un consommateur de drogues injectables sur quatre s’est révélé infecté par le VIH. En se basant sur les estimations que nous avons évoquées, la population séropositive iranienne serait de 280,000 à 500,000.

Selon ce rapport, une « proportion importante » de jeunes Iraniens – dont des toxicomanes – ont une activité sexuelle, et pour une grande partie d’entre eux sans protection. En Iran, les relations sexuelles sont illicites entre les personnes non mariées et sont châtiées avec la plus grande sévérité (100 coups de fouet et la lapidation). Selon les responsables du régime des mollahs, pour les toxicomanes, des projets de distribution de seringues stériles et de traitement à la méthadone « sont en cours »,

Les rapports sexuels superficiels sont florissants dans le milieu des jeunes arabo-musulmans

Face à l’absence de communication et absence quasi-totale d’une quelconque culture de la plupart des jeunes filles et garçons , les efforts des Nations Unies se sont orientés vers la sensibilisation des leaders religieux à la lutte contre les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et le Sida.

« Briser le silence » : tel est le nom d’un documentaire, réalisé sous l’égide de l’ONU et consacré aux perceptions singulières du fléau dans le monde arabo-musulman. Différents intervenants, parmi lesquels l’ancien président de la Ligue arabe, Amr Moussa, expriment la nécessité de mettre fin aux fantasmes obscurantistes qui accompagnent le plus souvent la maladie. Deux versions de ce film de 18mn, la première en arabe et la seconde en anglais, sont désormais consultables en ligne (1)

Mais la plupart des leaders religieux n’arrivent pas à digérer aisément cette démarche. Les Imams et Prédicateurs ont du mal à accepter d’encourager le public à utiliser les préservatifs lors des rapports sexuels pour éviter les risques d’une éventuelle contamination par un virus. Car, dans ce processus, ils demeurent animés par une autre conviction qui tient ses racines dans la religion musulmane elle-même, à savoir l’interdiction des relations sexuelles en dehors de l’institution du mariage.

En Indonésie, dans le plus grand Etat musulman au monde, la campagne de prévention démarre dès l’école, entre leçons scientifiques et récitations du Coran. A la différence de leurs homologues arabes, les religieux se sont eux-mêmes emparés du problème.

Ftouh Souhail

(1) Break the Silence from Oliver Wilkins on Vimeo.

Leave a Reply

*