Le vice-président chinois, en Viste dans le pays, a salué le “capital humain formidable” d’Israël

Israël et la Chine resserrent leurs liens économiques. Le vice-président chinois, Wang Qishan, est en visite de travail  dans l’État juif, le 23 octobre 2018, pour une visite de quatre jours, qui va essentiellement porter sur la coopération économique. 

L’État hébreu accueille pour la première fois en dix-huit ans un haut responsable chinois. Il participera à la quatrième réunion de la commission conjointe Chine-Israël sur la coopération et l’innovation

Âgé de 70 ans, il est le plus haut dignitaire chinois à se rendre dans l’État juif en près de vingt ans. En avril 2000, Jiang Zemin était le premier dirigeant chinois à venir en Israël.

Wang Qishan a été accueilli à l’aéroport Ben Gurion par le ministre de l’Eau et de l’Energie, lui-même accompagné d’une délégation de deux ministre et douze vice-ministres, selon le ministère des Affaires étrangères à Jérusalem.

Wang, qui est considéré comme un proche du président Xi Jinping, a rencontré le président Reuven Rivlin à sa résidence officielle de Jérusalem. 

« Les relations entre les deux pays sont basées sur une longue histoire partagée, comme vous l’avez mentionné, et également sur des partenariats dans le secteur de l’innovation », a dit Qishan à Rivlin, selon le bureau du président.

« Israël ne possède pas de ressources naturelles importantes mais le miracle du développement repose sur le capital humain formidable de cette nation. Les êtres humains sont l’atout le plus précieux », a-t-il ajouté.

Rivlin, pour sa part, s’est réjoui des liens entre Israël et la Chine, qu’il a qualifiés « d’excellents – basés sur le respect mutuel, un passé partagé et un avenir plein de promesses ».

Wang est le premier responsable chinois de haut-rang à se rendre en Israël depuis la visite effectuée par l’ancien président Jiang Zemin en l’an 2000.

Wang est arrivé lundi pour une visite de quatre jours consacrée à des discussions de haut-niveau sur la coopération économique.

Peu après son arrivée, à bord d’un avion Air China affrété spécialement pour l’occasion, le numéro huit de la République populaire de Chine a pris la direction de la Vieille Ville de Jérusalem où il a visité le mur Occidental et l’Eglise du Saint-Sépulcre.

Il y a été accompagné par deux responsables du ministère des Affaires étrangères, le chef du protocole Reuven Meron et le vice-directeur général pour l’Asie et le Pacifique Gilad Cohen.

Le vice-président Wang Qishan, qui effectue une visite de quatre jours, a été reçu lundi soir par Benyamin Nétanyahou et a participé, ce mercredi, avec le premier ministre israélien, à la quatrième réunion de la commission conjointe Chine-Israël sur la coopération et l’innovation

Netanyahu accueille le vice-président chinois et salue une « amitié grandissante »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué les liens entre Israël et la Chine, alors qu’il recevait le vice-président chinois  pour un dîner d’affaires à Jérusalem lundi.

« C’est la plus importante visite effectuée par un dignitaire chinois au cours de ces 18 dernières années. C’est un signe de notre amitié grandissante », a déclaré Netanyahu.

« Le fait que le vice-président chinois soit venu en Israël après que je l’y aie invité, à l’occasion de la Conférence sur l’innovation, est un signe de respect envers Israël, cela reflète les liens grandissants entre la Chine et Israël, et j’attends avec impatience nos discussions. »

Le ministre de l’Industrie Eli Cohen, la vice-ministre des Affaires étrangères Tzipi Hotovely, le directeur du Conseil de sécurité nationale Meir Ben-Shabat, le chef du cabinet du Premier ministre Yoav Horowitz, le président du Conseil économique national Avi Simhon et l’ambassadeur d’Israël en Chine Zvi Hefetz, ont participé au dîner.

La délégation chinoise présente était composée du ministre des Sciences et de la Technologie Wang Zhigang, du vice-ministre des Affaires étrangères Le Yucheng, du vice-ministre du Commerce Qian Keming, de l’ambassadeur chinois en Israël Zhan Yongxin, et d’autres responsables.

Pus tard cette semaine,Qishan co-organisera la 4e Commission Chine-Israël sur la coopération par l’innovation (JCIC) avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« La JCIC se réunit annuellement, tout à tour à Pékin et Jérusalem. Cette année, la délégation chinoise comprendra des responsables haut placés tels que des ministres et des vices-ministres issus de 13 ministères du gouvernement chinois », a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.

Netanyahu et Qishan  ont co-présidé  une réunion du JCIC mercredi au ministère des Affaires étrangères.

Pékin et Jérusalem vont chercher à développer les questions d’intérêt mutuel durant les réunions cette semaine, notamment un accord de libre-échange et un accord de visas d’entrée sur 10 ans pour les touristes et les hommes d’affaires, selon le ministère.

Wang assistera  a également  assisté au sommet de l’Innovation du Premier ministre et à la cérémonie d’inauguration du Centre Peres pour la Paix et l’Innovation.

Une méfiance légitime 

Avant sa visite, les responsables israéliens ont mis en garde contre un trop grand rapprochement avec la Chine, car le géant chinois pourrait constituer un risque sécuritaire.

A Jérusalem, certains ont fait part de leur crainte quant à la participation des entreprises chinoises à des projets d’infrastructure d’envergure et à la vente de technologies israéliennes à Pékin.

Avant sa visite, les responsables israéliens ont mis en garde contre un trop grand rapprochement avec la Chine, car le géant chinois pourrait constituer un risque sécuritaire.

A Jérusalem, certains ont fait part de leur crainte quant à la participation des entreprises chinoises à des projets d’infrastructure d’envergure et à la vente de technologies israéliennes à Pékin. Des responsables auraient alerté sur le fait que certains projets d’infrastructures donneraient aux Chinois la possibilité d’espionner certains des atouts les plus sensibles d’Israël.

Un article publié dans The Economist a souligné que la société chinoise Shanghai International Port Group construit une plate-forme d’expédition à Haïfa, port israélien le plus actif, où la flotte de sous-marins, qui auraient des capacités nucléaires, est amarrée.
L’article a cité un ministre israélien anonyme, qui affirme qu’il est « effarant » que ni le cabinet ni le Conseil de sécurité nationale n’aient eu leur mot à dire sur l’accord avec le Shanghai International Port Group.

Alors qu’Israël a cessé sa vente d’armes à Pékin en 2005 à cause de protestations de la part des Etats-Unis, l’article indique que les responsables craignent un « double usage » des produits vendus à la Chine, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la cyber-technologie, qui peuvent être utilisés à des fins militaires, notamment dans la surveillance et l’obtention de renseignement.

L’article a rapporté les propos d’hommes d’affaires israéliens qui affirment que les Chinois sont très enclins à acquérir ce type de produits à double usage, et bien qu’il existe une réglementation en la matière, elle contient de nombreuses failles.
« Israël doit faire des affaires avec la Chine, évidemment, mais il n’y a aucun mécanisme sérieux qui permet de garantir que nous ne vendions pas d’atouts économiques ni de connaissances technologiques de valeur », a expliqué Efraim Halevy, ancien chef du Mossad.

Certains ont également souligné que Jérusalem pourrait craindre, en se rapprochant de Pékin, d’offenser les Etats-Unis, qui sont actuellement dans une guerre commerciale avec la Chine.

Ces rencontres marquent une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre les deux pays, qui ont lancé en 2016 des discussions sur un traité de libre-échange. L’an dernier, à l’issue d’un voyage à Pékin de Benyamin Nétanyahu, des accords ont facilité l’exportation de produits laitiers israéliens vers la Chine et autorisé les Chinois à venir travailler dans le secteur du BTP en Israël. Pékin a investi ces dernières années en Israël 25 milliards de dollars. Un groupe public chinois a pris le contrôle de Tnuva, le principal groupe alimentaire israélien.

Les exports israéliens vers la Chine ont augmenté de 62 % sur les huit premiers mois de 2018, comparativement à l’année dernière (2,14 milliards de dollars en 2017 à 3,5 milliards, selon le Bureau central des statistiques). Les imports depuis la Chine ont augmenté de 10 %, (4,45 milliards de dollars l’an dernier contre 4,9 milliards en 2018).

Avant cela, la Chine, pays le plus peuplé au monde et deuxième économie mondiale, était encore perçue comme « un acteur mineur » dans l’économie israélienne, se concentrant presque exclusivement sur les investissements stratégiques et ne représentant que 5 % de l’activité totale en Israël, selon un rapport de l’IVC Research Center paru en février.

Netanyahu serait très enclin à créer une agence gouvernementale chargée de superviser rigoureusement le commerce avec la Chine.

Souhail Ftouh