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Les habitants juifs de la Judée Samarie vivent depuis plus d’un mois au rythme infernale des démantèlements.

Les inspecteurs de l’administration civile, épaulés par l’armée et la police, ont démoli ce dimanche 6 novembre 2011 trois bâtiments jugés « illégaux » édifiés dans l’avant-poste de Oz Tsion, dans la région de Binyamin. Des dizaines de jeunes accourus sur place ont lancé des pierres sur les soldats et policiers et ont bloqué des axes de circulation. Douze personnes ont été arrêtées.

L’administration civile, épaulée par Tsahal et la police, a aussi démoli le 1 novembre 2011 des habitations provisoires dans l’avant-poste de Ramat Migron, dans la région de Binyamin. A noter que ce point de peuplement a été démantelé à plusieurs reprises, suscitant une vive opposition des habitants.

Les inspecteurs de l’administration civile ont aussi démoli le 31 octobre 2011 dans la localité juive de Bat Ayin, dans le Goush Etzion, 4 chantiers de construction en cours de démarrage. Une quinzaine de familles vivent dans cette implantation.

Lors d’un débat ce lundi à la Knesset sur l’évacuation d’avant-postes illégaux en Judée-Samarie, le Premier ministre Binyamin Netanyahu a souligné que « la loi devait être respectée ».

On ne peut construire sur des terres appartenant à des Palestiniens, a-t-il affirmé, ajoutant que le développement des localités juives ne devait pas se faire au détriment de la loi.

Lors de la réunion du groupe parlementaire Likoud le 1 novembre dernier, les députés de la formation de droite ont évoqué le projet de Binyamin Netanyahu consistant à mettre en place une commission qui examinera la légalisation à posteriori d’habitations construites sur des terres palestiniennes en Judée-Samarie. Le conseiller juridique du gouvernement s’oppose à cette démarche.

Afin de protester contre la démolition d’avant-postes, des militants juifs de Judée-Samarie ont oraganisé une courte marche ce lundi entre la Cour suprême et la Knesset, à Jérusalem. Ils appellent la Knesset à intercéder en faveur d’au moins 3 points de peuplement : Migron, Guivat Assaf et Amona, tous situés dans la région de Binyamin.

Le parti Union nationale a menacé lundi de faire tomber le gouvernement si Netanyahu ordonne l’évacuation des avant-postes de Judée-Samarie.

Le député Uri Urbach, président du parti “Habayt Hayehoudi” (Foyer juif) a déclaré, lundi en séance plénière de la Knesset, lors d’un débat sur une motion de censure, que son “parti ne sera pas en mesure de participer à un gouvernement dui détruit des maisons”. Binyamin Netanyahou a appelé, lundi, au respect de la loi lors d’un débat sur l’évacuation d’avant-postes illégaux en Judée-Samarie.

Le conseil des localités juives de Judée Samarie demeure impuissant devant les actions de démanchements.

Le mentor du parti orthodoxe sépharade Shass, le rabbin Ovadia Yossef, a rencontré ce mercredi matin les rabbins des avant-postes voués à l’évacuation (Migron, Amona et Guivat Assaf) et le chef du conseil régional de Binyamin, pour évoquer la démolition de ces points de peuplement. Les rabbins l’ont prié d’intervenir pour empêcher ces destructions. Le rav Yossef a répondu positivement à leur requête.

Ces démantèlements en Judée Samarie ne vont rien apporter de bon à Israël. Avec ces actions, appelons cela plutôt une « expulsion » les habitants de ces peuplements sont dans un contexte similaire à celui de la diaspora, où les juifs se résignent à l’idée qu’ils sont devenus étrangers chez eux !

Déjà, lors que l’évacuation du Goush Katif, il n’eut pas de véritable solidarité juive, et moins encore une solidarité mondiale, laissant honteusement 1667 familles à leur triste sort. Sur ces 1667 familles expulsées, 85% d’entre elles habitent encore dans des endroits temporaires, connaissant des conséquences dramatiques sur le plan communautaire, familial, économique, individuel et psychologique, très graves. Dans l’indifférence quasi générale.

Les israéliens se sont devenus habitués à ce processus de démembrement d’Israël, que d’aucuns veulent le présenter sous un faux emballage comme un processus de « paix ». Dans ce cas, il faut poser la question si un gouvernement qui expulse les juifs est vraiment représentatif des intérêts fondamentaux d’Israël ?

Ftouh Souhail

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