Les Émirats Arabes Unis (EAU) s’ouvrent sur le monde juif et hindou

La popularité des Émirats Arabes Unis (EAU) a explosé ces dernières mois, les touristes israéliens étant de plus en plus ­nombreux à répondre à l’appel pour visiter Le Louvre Abu Dhabi, une “ville-musée” aux Émirats.

Les Émirats Arabes doivent une grande partie de leur attractivité à l’inventivité des ­campagnes créées par leur principale compagnie aérienne. La compagnie Emirates est devenue l’un des acteurs les plus importants dans le monde du transport aérien.

Les gens du monde entier  voyagent par l’avion jusqu’ici pour voir des œuvres d’art du monde entier, a dit Mohamed Al Mubarak, le responsable de la culture et du tourisme d’Abu Dhabi. “Nous ne sommes qu’à six heures de vol d’une bonne partie de la planète. Dans ce musée, nous avons des chefs-d’oeuvre merveilleux de Chine, d’Inde, d’Amérique du Sud et bien sûr d’Europe. Je crois que le monde entier viendra pour voir ces trésors.”

Inauguré en novembre dernier, le Louvre Abou Dhabi est un évènement considérable au Moyen-Orient. Les Émirats arabes unis sont de plus en plus ouverts à accepter Israël et les Juifs a déclaré Stephen M. Greenberg, président de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines.

Les chefs d’une importante délégation de dirigeants juifs américains aux (EAU)

Le mois dernier, après une visite de quatre jours dans Émirats Arabes Unis (EAU) le président de la Conférence des présidents des grandes organisations juives américaines a dit que « C’était une visite très importante et intéressante et, je pense, stratégiquement importante ».

« Nous avons rencontré des interlocuteurs au plus haut niveau », a dit M. Greenberg, ajoutant que ses interlocuteurs émiriens lui avaient demandé de ne pas citer de noms. M. Greenberg a déclaré que les dirigeants des Émirats arabes unis étaient également très fiers de constater qu’il existe une communauté juive croissante au sein de cet État musulman modéré. Nous les avons rencontrés. Nous avons présenté le chef de la communauté juive à des ministres importants. »

Malcolm Hoenlein, vice-président exécutif de longue date de la Conférence, a salué chaleureusement l’accueil de sa délégation, ajoutant que les Émirats arabes unis tenaient à se présenter comme un adversaire de l’extrémisme islamique. « Ils ont un ministre de la Tolérance », a-t-il dit, ajoutant que les EAU reconnaissaient toutes les minorités religieuses.

« Le fait que certains aient même reconnu ouvertement la présence de la communauté juive à Dubaï en est une preuve supplémentaire », a-t-il déclaré.

« La tendance claire est maintenant à une société plus ouverte, plus modérée. Il y avait des endroits où nous marchions avec des kippas et les gens ne les enlevaient pas. Il n’y a jamais eu un seul commentaire, aucun regard sur qui que ce soit durant la semaine. »

Il y a des offices hebdomadaires à la synagogue ad hoc de la communauté à Dubaï, selon Hoenlein. « Ils ont une structure. Ils ont deux rouleaux de Torah. Il y a une fête de Pourim, un seder de Pâque pour 160 personnes là-bas » a-t-il ajouté.

La communauté est composée d’avocats expatriés, de techniciens, d’hommes d’affaires des Etats-Unis, de France, de Grande-Bretagne, d’Afrique du Sud et d’ailleurs. « Les offices étaient vraiment intéressants. Ils accueillent des gens de tous les niveaux d’observance religieuse, de ceux qui sont clairement marginaux à ceux qui sont clairement pratiquants. »

Il a ajouté : « Ils souhaitent évidemment qu’elle croisse. Il y a beaucoup plus de Juifs qui s’identifient à la communauté. Mais c’est une entreprise remarquable. C’est vraiment quelque chose d’admirable. » En même temps, il a déclaré que son organisation est courtisée par de nombreux pays musulmans et arabes qui sont intéressés à améliorer les liens avec le monde juif.

« Il y a un changement. Ce n’est pas quelque chose que les gens auraient pu imaginer il y a 10 ou même 5 ans, comment un pays arabe musulman ouvert, presque sans exception, veut nous rencontrer et voulait que nous venions. Nous avons plusieurs invitations en suspens, il y a un désir de nous rencontrer. »

Les dirigeants arabes sont enthousiastes à l’idée de coopérer avec Jérusalem, mais ont le sentiment qu’ils ne peuvent pas le faire publiquement avant qu’un accord de paix israélo-palestinien ne soit conclu, car ils craignent les répercussions négatives de la part de leurs citoyens.

La Conférence des présidents ne représentait ni l’administration américaine ni le gouvernement israélien.

La Conférence des Présidents des principales organisations juives des Etats-Unis a tenu son congrès annuel dans la capitale israélienne, le mois dernier, après une visite aux Émirats Arabes Unis.

Malcolm Hoenlein, vice-président de la Conférence des Présidents en est sûr : le rapport du monde arabe à Israël est en train de changer.

Après avoir conduit la visite d’une délégation de son organisation aux Emirats Arabes Unis, Malcolm Hoenlein était le 18 février 2018  à Jérusalem pour l’ouverture de son congrès annuel en Israël. L’occasion de faire le point sur le rôle de la diaspora américaine dans le soutien à Israël, partout dans le monde, grâce au « niveau de confiance » dont elle bénéficie.

De son passage dans les Émirats, le numéro deux de la Conférence des Présidents revient avec un certain optimisme : « Les portes s’ouvrent et la communauté juive américaine est considérée comme un groupe partageant les mêmes intérêts sur les questions régionales. Dans chaque rencontre avec des dirigeants arabes, nous renforçons le besoin de relations diplomatiques et de normalisation avec Israël ».

La transformation de ces pays, moins axés sur le pétrole, « rend la coopération sécuritaire avec Israël cruciale pour la croissance économique », estime le responsable juif américain qui voit des facteurs de rapprochement : « Le monde arabe sunnite modéré est comme Israël, déterminé à instaurer la sécurité et la stabilité dans la région pour le Moyen-Orient et pour tous ceux qui sont frappés par le terrorisme ». Malcolm Hoenlein a en outre assuré que la communauté juive américaine restait active auprès de la classe politique américaine pour y consolider encore le soutien à Israël

 

Temple hindou dans les Émirats

Le mois dernier le Premier ministre indien Narendra Modi a remercié le gouvernement et le dirigeant d’Abu Dhabi pour avoir fourni des terres pour la construction d’un temple hindou dans l’émirat.

Une parcelle de 55.000 m² est prévue pour la construction du temple qui sera édifié en marbre et en pierre assorti de sept flèches pour refléter les émirats. Un temple dédié à l’importante communauté indienne aux Emirats, qui compte aussi bien des ouvriers que des cadres.

La première pierre du temple de Pepsi Swaminarayan a été érigée sur l’autoroute Abu Dhabi-Dubai, le premier temple hindou d’Abu Dhabi à être construit par le prince héritier et il est prévu de construire trois énormes statues du dieu hindou.

M. Modi a fait l’éloge des Émirats, où travaillent quelques 3,3 millions d’Indiens, pour avoir « réussi à créer un miracle économique unique » dans leur volonté permanente d’être à la pointe de la technologie.

Il a ajouté que tous les indiens sont « éternellement reconnaissants » aux Emirats Arabes Unis et au Prince héritier Mohammed bin Zayed d’Abu Dhabi pour avoir accordé la terre et la permission d’édifier ce premier temple hindou.

M. Modi a décrit ce lieu comme un « agent catalyseur », « un lieu saint où l’humanité et l’harmonie s’uniront ». Il a exhorté les nombreux expatriés indiens venus le voir à travailler dur pour atteindre leurs rêves et aspirer à réaliser les ambitions du pays

Le projet dont l’achèvement est prévu pour 2020, a été envisagé il y a trois ans lors de sa visite en 2015 en tant que Premier ministre.Cette visite a permis d’investir 75 milliards de dollars dans un fonds d’infrastructure indien.

Souhail Ftouh