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Selon des médias israéliens, le président russe Vladimir Poutine a récemment plaidé la cause de Gazprom à travers un émissaire envoyé au chef du gouvernement de l’État hébreu, Benjamin Netanyahu.

Cette offre n’est pas dénuée d’arrière-pensées éminemment politiques. Le président russe aurait même proposé de reporter la fourniture d’armes sophistiquées, telles que des batteries de défense aérienne de type S-3000, au dictateur syrien Bachar al-Assad, si Israël consentait à promouvoir un accord qui permettrait au géant énergétique russe d’acheter environ un tiers de la production israélienne de gaz.

Jusqu’à tout récemment Israël ne disposait pas de ressources naturelles, la découverte récente de ressources en pétrole et gaz naturel au large de ses côtes va permettre à l’État juif de réduire ses importations d’énergie, de baisser les tarifs d’électricité et d’ajouter à ses exportations celle du gaz naturel

L’Etat Juif a tombé sur trois champs offshore surnommés Tamar, Leviathan et Karish, dont les réserves sont estimées à 950 milliards de m3.

Les champs gaziers de Tamar et de Leviatan sont conjointement exploités par le groupe énergétique américain Noble Energy et par trois compagnies israéliennes — Delek, Isramco et Dor Alon. Le groupe australien Woodside Petroleum a signé en décembre 2012 une lettre d’intention pour l’achat de la production de 30% de Leviatan.

Les réserves de gaz naturel d’Israël sont estimées à environ 950 milliards de m3 et devraient atteindre milles milliards de m3 après la découverte récente du gisement de Karish, à 75 kilomètres à l’ouest du port de Haïfa.

En se basant sur ces prévisions de production, le gouvernement israélien a ainsi décidé d’attribuer 60% de sa production de gaz naturel au marché intérieur et les 40% restant, soit environ 360 milliards de BCM, à l’exportation. Une commission officielle avait recommandé l’an dernier de fixer le pourcentage de gaz produit susceptible d’être exporté à un niveau sensiblement supérieur de 53%.

La Fédération de Russie, qui assure plus d’un tiers de la consommation de gaz de l’Europe, entend bien conserver cette position dominante et réduire au minimum les risques de voir apparaître des concurrents. La Russie qui aspire à devenir le premier fournisseur de gaz au monde, en prendrait la tête, et pourrait l’utiliser comme effet de levier pour accroître la pression économique sur l’Europe.

Gazprom est depuis 2005, un acteur majeur sur le marché mondial du gaz et du pétrole. C’est la première entreprise russe, la 3e par la capitalisation boursière au monde, derrière Exxon Mobil et PetroChina et la première première valorisation boursière d’Europe.La société contribue pour 22 % aux recettes budgétaires de l’État russe et à hauteur de 8 % au PIB. Elle emploie plus de 400 000 personnes.En 2012, Gazprom a réalisé un chiffre d’affaires de 132 milliards de dollars pour un bénéfice de 29 milliards de dollars, le plus important au monde !

Le gouvernement russe participe activement aux travaux du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG).Officiellement, le FPEG se défend d’avoir créé un cartel gazier à l’instar de l’OPEP et assure de ne pas vouloir fixer de quotas de production. En effet, l’organisation ne possède pas de mécanismes de contrôle efficaces sur le prix du gaz à l’international. Très souvent, les livraisons de gaz sont régies par des contrats bilatéraux à long terme (parfois sur dix ans, voire plus).

Gazprom a déjà lancé la construction 900 kilomètres du projet South Stream sur la côte russe de la mer Noire pour atteindre Varna en Bulgarie. Mais aussi le projet de gazoduc Nord Stream reliant la Russie avec le nord de l’Allemagne à travers la mer Baltique.

En Allemagne, la société russe a créé Wingas Gmbh en alliance avec BASF. Gazprom a d’ailleurs augmenté sa participation à hauteur de 50 % afin de fournir plus directement les foyers allemands. Gazprom est l’un des partenaires principaux du projet de terminal méthanier Rabaska, au Québec (Canada), et fournira 100 % du gaz naturel liquéfié (1).

De sa part le gouvernement israélien a décidé en juin 2013 de réserver 540 milliards de m3 de sa production de gaz naturel issu de champs offshore pour sa consommation intérieure.

Le gaz naturel va se mettre au service de la diplomatie israélienne. Les très importants champs gaziers découverts ces dernières années au large des côtes d’Israël en Méditerranée doivent permettre à l’État hébreu d’exporter une partie de sa production vers la Jordanie et les Territoires palestiniens.

Selon les estimations de Silvan Shalom, le ministre israélien du Développement économique régional, ces approvisionnements devraient atteindre 100 milliards de m3 sur trente ans. Ce gaz sera prélevé sur le quota d’exportation de 40% de la production totale fixé récemment par le gouvernement de Benjamin Netanyahu à l’issue d’un long débat.

« Le gaz constitue non seulement une source de richesse, mais aussi un atout politique de tout premier ordre », souligne le ministre. Selon lui, l’exploitation de trois champs offshore surnommés Tamar, Leviathan et Karish, dont les réserves sont estimées à 950 milliards de m3, pourraient permettre la mise en oeuvre d’une véritable stratégie du « gaz pour la paix » en proposant aux voisins de l’État hébreu un approvisionnement énergétique à un prix avantageux.

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Israël a découvert aussi un gisement de pétrole tellement important que la dépendance du monde pour le pétrole de l’OPEP pourrait bien arriver à sa fin, et même détruire l’OPEP, qui, depuis 1973, fait chanter l’occident au rythme de ses caprices. Il s’agit d’une réserve de 250 milliards de barils de pétrole, encapsulés dans la roche, soit plus que les énormes réserves de l’Arabie Saoudite ! Et le chiffre pourrait bien atteindre les 500 milliards de barils !  L’un des plus grands gisements d’Israël – 250 milliards de barils de pétrole dans le bassin de Shfela est comparable à l’ensemble des réserves de l’Arabie saoudite de 260 milliards de barils de pétrole.

Actuellement, (selon les sources publiques) ce sont surtout les pays riverains de la mer Caspienne, qui fournissent près de 90% du pétrole consommé en Israël. Azerbaidjan, Kazakhstan, Russie, et possiblement plusieurs anciennes Républiques “Stan” Soviétiques font envoyer le pétrole brut à Israël, à travers du port Russe de Novorossiysk (Mer Noire), ou de divers pipe-lines arrivant au port Turque de Ceyhan. Les ports Israéliens de destination des pétroliers, sont ceux de Ashkelon et de Haifa.

Souhail Ftouh

(1) En plus de ses réserves de gaz naturel, et du plus grand réseau de pipelines au monde (150 000 km), Gazprom détient des positions dans les banques, l’assurance, les médias, la construction et l’agriculture.

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