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Suite à l’échec de la réunion du Quartette pour le Proche-Orient, le président palestinien Mahmoud Abbas et le négociateur Saëb Erakat ont estimé cette semaine qu’il n’y avait plus d’autre choix que la demande de reconnaissance d’un État palestinien à l’ONU.

“Nous espérions la publication d’une déclaration du Quartette, mais l’absence de déclaration est un signe de division entre ses membres”, a-t-il souligné, au lendemain de la réunion du Quartette (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) à Washington, qui s’est achevée sans déclaration finale.

Selon une source israélienne, l’échec de la réunion du quartette est dû à la partie palestinienne qui aurait formulé des objections à plusieurs clauses. Cette source proche du quartette affirme que les Palestiniens refusent d’annuler leur demande de reconnaissance unilatérale d’un État aux Nations Unies et de reconnaître Israël comme un État juif. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et les chefs de la diplomatie américaine Hillary Clinton, russe Sergueï Lavrov et de l’Union européenne (UE) Catherine Ashton ont renoncé à publier lundi une déclaration finale en raison de l’écart entre les parties, selon un haut responsable de l’administration américaine.

La demande d’adhésion d’un État de Palestine à l’ONU sera envoyée à la fin du mois, a affirmé le négociateur palestinien Saëb Erakat.

M. Erakat a déclaré s’attendre à ce que le Quartette reprenne ses précédentes déclarations ainsi que les principes énoncés le 19 mai par le président américain Barack Obama pour des négociations “sur la base des lignes de 1967”.

“C’est une chose de publier une déclaration, et une autre d’obliger Israël à accepter le principe d’un État palestinien sur les frontières de 1967, l’arrêt de la colonisation, en particulier à Jérusalem, en est une autre, s’il veut la reprise des négociations de paix”, a-t-il souligné.

Un des responsables du Fatah, Saëb Erekat, a affirmé la semaine derniére que les États-Unis ont exigé des Palestiniens qu’ils renoncent à se tourner vers les Nations Unies pour la reconnaissance de leur État en septembre prochain. “Nous sommes prêts à reprendre les négociations si Israël arrête les constructions en Judée-Samarie et à Jérusalem-est et si Netanyahu reconnaît le principe de 2 États pour 2 peuples sur la base des lignes de juin 1967″, a déclaré Erekat.

Déjà 407 membres de la Chambre des Représentants américains ont établi que ”toute décision palestinienne visant à contourner les négociations directes (avec Israël) aura des répercussions directes sur l’aide financière”. En d’autres termes, si les Palestiniens décidaient d’obtenir unilatéralement à l’Onu la reconnaissance de leur État, ils verraient l’aide économique américaine réduite. Les députés américains ont également appelé le gouvernement d’union palestinien à renoncer au terrorisme.La motion a été approuvée à une très forte majorité, par le Sénat.

Les Palestiniens ont appelé les États-Unis à revenir sur leur décision d’opposer un veto à l’ONU à l’adhésion d’un État de Palestine, a annoncé le négociateur Saëb Erakat. S. Erakat a par ailleurs jugé vaine toute reprise des pourparlers sans acceptation par Israël des lignes de 1967 comme base de négociations.

Plus d’une centaine d’eurodéputés se sont déclarés aussi opposés à une reconnaissance unilatérale de l’État palestinien en septembre à l’Onu. Dans une lettre adressée à la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, les eurodéputés de plusieurs pays et de tout l’éventail politique affirment que les mesures unilatérales palestiniennes vont reléguer plus loin encore la paix. ”Nous sommes tous unanimement convaincus que seule seule une solution à deux États négociée peut mettre fin au conflit israélo-palestinien”, écrivent-ils.

Ils s’opposent au projet palestinien de déclaration unilatérale d’un État à l’ONU, ajoutant que cela ne ferait que repousser la signature d’un accord de paix. Les signataires de ce courrier se disent « Les accords conclus par le passé entre les parties et les médiateurs internationaux ont rejeté clairement les actions unilatérales », écrivent-ils, tout en pressant les concernés de retourner immédiatement à la table des négociations.

Ftouh Souhail

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