L’état major de Tsahal va renouveler les hélicoptères de transport de troupes et des forces spéciales

A la Kyria, le quartier général de Tsahal à Tel-Aviv, les généraux réfléchissent à la façon d’utiliser les 38 milliards de dollars d’aide que les Etats-Unis doivent verser à Israël au cours des prochaines années.

L’aviation a besoin d’un nouvel hélicoptère lourd de transport de troupes pour remplacer l’actuel et vieillissant CH-53 Sea Stallion, connu en Israël sous le nom de Yasour. Acheté aux Etats-Unis et livré à Tsahal en 1969, le Yasour est régulièrement utilisé par l’unité de recherche et de secours de Heil Haavir, la fameuse 669.

Il est réputé pour avoir participé à des missions légendaires, comme le rapatriement de plus de 600 soldats du sommet du mont Hermon, tout juste libérés des Syriens en 1973.

L’hélicoptère est l’appareil principal de Tsahal pour le transport aérien de troupes. Il peut transporter 35 soldats avec leur équipement. En 2007, l’armée a commencé à le moderniser. Le projet « Yasour 2025 », a consisté à installer sur ces appareils toute une série de nouveaux composants et systèmes électroniques.

En 2025, il sera temps d’acquérir de nouveaux engins. Deux options semblent intéresser le commandement de l’armée de l’air : le CH-47 Chinook et le CH-53K King Stallion, dernier né de Sikorsky, le constructeur du Yasour.

Le CH-47 Chinook est un hélicoptère de manœuvre et d’assaut lourd d’origine américaine fabriqué par Boeing. Ses deux rotors en tandem et sa forme en font un hélicoptère facilement reconnaissable. En 2019; Boeing travaille sur une version CH-47F+.

Le CH-47D Chinook, construit par Boeing, a la capacité de transporter 44 soldats ou une charge interne d’un peu plus de 8.000 kg (ou externe de 9.400 kg). Avec ses 2 turbomoteurs Avco Lycoming T55-L-712, il peut parcourir plus de 2.000 km à la vitesse de croisière de 241 km/h.

Ce type d’hélicoptère a déjà été déployé au Sahel, dans le cadre de la participation des Pays-Bas à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali [MINUSMA]. Les Chinook néerlandais ont dû être retirés en janvier 2017, en raison d’une « usure excessive » due au sable, après avoir assuré 2.500 heures de vol.

Outre ce premier appareil, qui viendra rejoindre Tsahal, le CH-53K King Stallion intéresse aussi le quartier général de Tsahal.

 

 

Pour le CH-53K King Stallion, dernier né de Sikorsky, la filiale « hélicoptère » de l’avionneur américain Lockheed Martin, est un hélicoptère de transport lourd. Il est l’hélicoptère le plus grand et le plus lourd de l’armée américaine. Deux cents appareils doivent être commandés et livrés entre 2018 et 2029 pour un coût total de plus de 23 milliards de dollars.

Le CH-53K King Stallion est le successeur du CH-53E Super Stallion. Cet hélicoptère de transport lourd est développé pour réaliser principalement des missions de transport de troupes et de matériels. Les chiffres sur le King Stallion sont impressionnants. L’hélicoptère mesure 30m de long, est large de 5,3m et haut de 8,6m. A vide, l’appareil pèse 39 900kg. La masse totale de l’hélicoptère au décollage peut atteindre les 41 tonnes.

L’hélicoptère de Sikorsky peut soulever une masse de 16.329 kg sur son point d’emport cargo externe.

Dans la soute, les possibilités de transport de palettes varient en fonction de leur taille et de leur poids. La machine peut aussi embarquer jusqu’à 30 militaires équipés. L’équipage est composé de quatre aviateurs avec un chef de bord, un pilote et deux membres d’équipage (fonctions diverses).

L’appareil, qui intéresse l’état major de l’armée de l’air israélienne, transporte des moyens lourds et des hommes. Pour remplacer cet hélicoptère de transport de lourd, Tsahal pourrait décider de continuer à faire confiance à Lockheed Martin en sélectionnant le CH-53K King Stallion.

Dan Schultz, président de Sikorsky et ancien pilote de CH-53E,sera en visite en Israël en novembre 2019. Il estime que cette nouvelle génération d’hélicoptères lourds par Sikorsky « apportent une capacité inégalée et étendue sur le champ de bataille moderne afin de fournir une grande flexibilité et efficacité dans les missions ».

Il sera utilisé en premier lieu dans les entraînements ou les missions opérationnelles. Le personnel navigant et au sol de Tsahal va tester l’appareil pour se familiariser avec lui (entretien, réparation, maintenance, etc…).

Il est propulsé par 3 turbines à gaz GE38-1B du motoriste General Electric. Elles développent chacune 7 613ch. Elles lui confèrent une vitesse de croisière 293km/h, un plafond maximal de 4 880m et un plafond maximal de 4 020m dans un environnement où la température s’élève à 24°. Enfin, son rayon d’action s’étend sur 204km.

En terme d’auto-protection, l’appareil dispose d’un système de largage de leurres infrarouges et électromagnétiques, d’une mitrailleuse M3M/GAU-21 de 12.7mm en sabord (côté droit et gauche), et peut également installer une troisième mitrailleuse M3M/GAU-21 sur la rampe arrière. Il dispose aussi d’une boule électro-optique sous le nez.

Par ailleurs, l’appareil dispose d’un cockpit de dernière génération avec des écrans numériques en couleur et tactiles. Il est capable d’opérer depuis des ponts d’envol, grâce notamment aux pâles de son rotor de 24m de diamètre qui se replient. Les pâles se replient automatiquement en moins de 2 minutes, ainsi que le rotor de queue. Il dispose aussi d’une capacité de ravitaillement en vol.

La soute est actuellement disponible en quatre configurations. La première pour du transport de troupes uniquement, la seconde pour du transport de véhicules terrestres, la troisième pour du transport mixte (troupes et matériels), et la quatrième pour de l’évacuation médicale/sanitaire avec la possibilité d’embarquer jusqu’à 24 blessés/patients.

Souhail Ftouh