| More

On se souvient que le 20 avril 2010, Abou Mazen a nommé une rue de Ramallah en l’honneur d’Abou Jihad, l’architecte du terrorisme de l’OLP de 1965 à 1988. Aujourd’hui il récidive. Pendant que les Israéliens sont engagés dans un processus diplomatique qui se poursuit depuis juillet dernier, afin de vérifier s’il est possible de parvenir à un accord avec les Palestiniens le chef de l’OLP-Fatah, qui dirige l’Autorité Palestinienne, continue lui d’honorer les pires terroristes tout ayant une crédibilité au niveau international.

Mahmoud Abbas Abu Mazen, le Président de l’AP, a honoré ce lundi l’ancien numéro deux du Fatah et l’ancien chef de la branche armée de l’OLP, Khalil al-Wazir alias Abou Jihad (dénominatif guerrier). Il a été proclamé un héros de la « résistance nationale » au moment même ou Israël se prépare à transférer 2.000 hectares de terres de la zone C (sous contrôle total d’Israël) vers la zone A, sous contrôle palestinien.

Le mois dernier déjà le gouvernement israélien a bloqué la construction de 1.200 logements dans le secteur d’E1 reliant Jérusalem-Est à la Judée Samarie. Les Palestiniens semblent vouloir seulement profiter de tous les autres gestes de « bonne volonté » d’Israël. Libérations de terroristes en octobre dernier, allègement des restrictions diverses, transferts de fonds bloqués depuis des mois…

Abou Jihad était l’un des fondateurs et le chef de l’aile militaire du Fatah, et le numéro deux de l’OLP après Yasser Arafat.  Il fera éditer avec ce dernier la revue Filistinouna (Notre Palestine) clandestinement. Il ouvrira la première représentation du Fatah à Alger en 1963.

Abu_Jihad_al-Wazir
Khalil al-Wazir, alias Abou Jihad, était le chef de l’aile militaire de l’OLP.

Il était aussi responsable des opérations terroristes et organisationnelles en Judée -Samarie et Gaza. Cet homme a toujours encouragé le meurtre systématique de civils avec Yasser Arafat (Abou Ammar), Farouk Kaddoumi (Abou Loutof) et Salah Khalaf (Abou Iyad) en prenant pour nom de guerre “Abou Jihad”.

Entre autres, on lui attribue la planification et la direction de plusieurs actions terroristes du Fatah contre des civils Israéliens, par exemple l’attaque contre l’hôtel “Savoy” sur la plage de Tel Aviv en 1975 et l’attaque contre un autobus israélien sur la route côtière près de Tel Aviv en 1978. En effet, Abou Jihad a orchestré le 11 mars 1978, sur une route côtière israélienne, le détournement de deux autobus et le massacre de 38 civils, dont 13 enfants et en blessant 71 autres civils. Il a aussi orchestré en mars 1975 à Tel-Aviv le massa-cre de l’Hôtel Savoy, et tué 7 civils.

Le 1 janvier de l’an dernier, sur la chaîne Aroutz 2, un reportage a montré Abou Jihad, donnant des instructions à ses terroristes pour aller assassiner Ariel Sharon en 1985. La vidéo, filmée en 1985, montre Abou Jihad, expliquant à ses hommes comment ils devraient arriver par bateau sur la plage à Tel Aviv, s’infiltrer en Israël, faire irruption dans les bureaux du ministère de la Défense et prendre des otages. Il y explique aussi aux terroristes comment éliminer Sharon.

En compagnie de Yasser Arafat, il rejoint Tunis, où l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) obtient la permission d’installer ses quartiers généraux. À la fin de 1987, les Israéliens ont localisé avec exactitude la nouvelle résidence du chef palestinien : Sidi Bou Saïd, au nord-est de Tunis.

Depuis la capitale tunisienne, ce chef terroriste a voulu réorganiser sa stratégie. Il a poussé la jeunesse arabe de la Judée Samarie et de la bande de Gaza à se révolter. Des comités populaires se forment sous son impulsion :

« C’est moi qui ai déclenché l’Intifada », prétendra-t-il pourtant en janvier 1988, dans une interview à Radio Monte Carlo, au plus fort des affrontements entre lanceurs de pierre palestiniens et soldats israéliens.

Pour en finir avec lui, Abou Jihad a été abattu dans la nuit du 15 au 16 avril 1988 à son domicile à Sidi Bou Saïd par un commando de reconnaissance du Mossad  composé de deux hommes et d’une femme, arrivé à Tunis munis de faux passeports libanais.

Raid du commando

Le commando de trois personnes se dirige sereinement vers sa cible. Afin de ne pas éveiller les soupçons, il portait un paquet de friandises dans lequel est dissimulé un revolver muni d’un silencieux. Il s’approche de la villa, où est posté un premier garde. Celui-ci a tout juste le temps de leur adresser un regard qu’il s’effondre, atteint d’une balle en pleine tête. C’est le signal pour l’assaut.

Le commando pénètre à toute allure à l’intérieur la maison. Ils abattent un second garde, ainsi que le jardinier, qui dormait au sous-sol. Alerté par le bruit des portes et les hurlements, Abou Jihad se lève brusquement de son bureau situé au rez-de-chaussée. Il était en train d’écrire lorsqu’il entend que la porte d’entrée est forcée et se précipite pour prendre son pistolet. Deux hommes l’attendaient dans le couloir et le criblent de balles quand il ouvrit la porte de sa chambre. Une centaine d’impacts seront relevés dans la maison.

Le commando du Mossad se retire de la maison et réussit à se replier vers cette fois vers la plage de Raoued. Ici tout un dispositif de soutien a été mis en place pour assurer la sortie sécuritaire du commando de la Tunisie. Le commando prend place à bord d’un Zodiac et poursuit la route vers le bord de mer. Au large des côtes tunisiennes, un bateau de la Sayeret Matkal (unité d’élite de l’état-major) l’attend pour le retour en Israël. Ce navire a quitté le port de Haïfa le 13 avril 1988. Sa traversée vers la Tunisie a duré trois jours.

En effet pendant de longues semaines, les membres du commando du Mossad s’entraînent à prendre d’assaut des villas inoccupées de Ramat Hasharon, banlieue chic de Tel-Aviv. Chaque soir, ils répètent inlassablement ce scénario supposé les attendre à 2 000 km de leur pays.L’opération est l’une des plus grande succès du Mossad.

L’histoire retiendra qu’Israël a conduit avec succès – et sans enregistrer la moindre perte – un nouveau raid dans la lignée de ceux menés à Entebbe ou à Beyrouth quelques années plus tôt. Même si l’assassinat d’Abou Jihad n’a pas mis un terme à l’Intifada – objectif déclaré des responsables israéliens -, il a porté un coup sévère au Fatah de Yasser Arafat et au fonctionnement de sa branche militaire. « On peut se demander à quoi aurait ressemblé aujourd’hui la scène israélo-palestinienne si Abou Jihad était toujours en vie », s’interroge le journaliste d’investigation Ronen Bergman, à l’origine des révélations publiées en novembre 2012 par le Yediot Aharonot sur l’assassinat de l’ancien numéro deux du Fatah.

Les services secrets de l’État d’Israël agissent en général sans laisser la moindre trace au titre de la légitime défense. Nul ne peut les condamner bien au contraire ces princes agissent comme les combattants de la lumière contre les ténèbres qui ont du sang de victimes civiles sur leurs mains.

mossad


Des nouvelles révélations en 2012

Le quotidien israélien Yediot Aharonot avait révélé, l’an dernier, l’identité et la photo du chef du commando qui a assassiné Khalil Al-Wazir ainsi qu’un récit détaillé de l’opération menée par une unité du Mossad.

C’est le soldat Nahum Lev, de l’Untié Sayeret Matkal, qui a dirigé le commando et assassiné Abou Jihad de son nom Khalil al-Wazir en 1988 à Tunis. Le soldat israélien a trouvé la mort dans un accident de la route en 2000, selon Yediot Ahoronot. 

Au moment où il tente de s’emparer d’une arme dans son armoire, Nahum Lev le repère. « Apparemment, il avait un pistolet. J’ai tiré sur lui une longue rafale. D’autres combattants ont également tiré pour s’assurer qu’il était mort. J’ai tiré sur lui sans la moindre hésitation : il était voué à mourir », se justifie Nahum Lev dans une interview réalisée en 2000.

Moshé Yaalon, actuel ministre de la défense du gouvernement israélien, c’est lui qui a tiré la dernière balle contre Abou Jihad, pour s’assurer de sa mort. Yaaloun s’est introduit dans la chambre où Abou Jidah et l’a criblé de balles en rafales, et puis il lui a tiré une balle unique pour s’assurer de sa mort. 

L’opération était supervisée par Ehud Barak, chef d’état major adjoint à l’époque, à bord d’un Boeing 707 qui survolait la Méditerranée. Sa mission était de brouiller les systèmes de communication et les radars d’éventuelles patrouilles de police ou de l’armée tunisienne, voire de miliciens du Fatah pour couvrir l’avancée des troupes.

En novembre 2012, une plainte a été déposée à Tunis par un parti politique minuscule pan-islamiste ”Wafa” pour enquêter sur l’assassinat du leader terroriste palestinien Khalil Al-Wazir (Abou Jihad). 

Le mouvement a déposé cette plainte conformément à la convention internationale de 1970 qui prévoit que les assassinats politiques constituent des crimes de guerre et que la prescription de l’action publique n’est pas applicable, a-t-il ajouté, précisant que la justice tunisienne a jugé recevable cette affaire du fait que la Tunisie a ratifié la convention tout comme Israël.

Le 5 décembre dernier, 12 agents exemplaires du Mossad, dont 4 femmes, ont été honoré par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le Président Shimon Peres lors d’une cérémonie à la résidence présidentielle. L’occasion pour les leaders israéliens de saluer la contribution exceptionnelle des femmes à la réussite des services secrets de l’État hébreu.
“Grâce à ces agents, des batailles peuvent être gagnées, même celles qui semblent impossibles ou illogiques”, a souligné pour sa part Tamir Pardo, le chef du Mossad.

Souhail Ftouh

Leave a Reply

*