| More

Des centaines de leaders mondiaux, de responsables gouvernementaux et d’hommes d’affaires ont assisté à Tel-Aviv à une conférence visant à booster la coopération d’Israël avec les Palestiniens et les autres pays arabes (1).

L’événement s’est déroulé ce lundi 5 septembre 2011, sous le titre de la « Première Conférence Internationale pour la Coopération Régionale »; et avec un sous-titre encore plus prometteur: « la coopération économique comme facteur de prospérité et de stabilité ». Cette rencontre est organisée à l’initiative du vice-premier ministre israélien, Sylvan Shalom, qui est aussi en charge du portefeuille de la Coopération régionale.

Les débats se sont ouverts par l’initiateur de la conférence, le vice-premier ministre Sylvan Shalom. Le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, qui a apporté sa contribution à l’événement. Parmi les participants étrangers qui ont prononcé un discours d’ouverture, on trouve Mr. Hyun In-Taek, ministre de l’Unification de la Corée du Sud et Mr. Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères.

Côté israélien, la liste des orateurs de marque comprend le président de l’Etat, Shimon Pérès, et le ministre de la Défense Ehoud Barak, le Coordinateur des activités du gouvernement dans les Territoires, le Major General Eitan Dangot, et la chef de l’opposition parlementaire Tzipi Livni.

L’impact du « printemps arabe » sur la coopération régionale a fait bien l’objet de la seconde session de la conférence; mais le sujet était abordé sans la participation des rares pays voisins qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël, comme la Jordanie, la Turquie et l’Egypte.

Cette Conférence sur la coopération économique régionale est organisée alors que la tension est grandissante entre Israel et ses grands voisins arabe et turc.

En Août 2011 Israel et Egypte ont connu leur première crise diplomatique depuis la chute de Moubarak. Des dizaines d’Égyptiens se sont réunis le 21 août dernier devant l’ambassade israélienne au Caire pour dénoncer la mort de cinq policiers égyptiens jeudi au cours de frappes aériennes israéliennes.

Au lendemain de violentes manifestations anti-juives au Caire, ou les manifestants brûlaient des drapeaux d’Israël et scandaient “égorgeons les juifs”, le gouvernement égyptien a menacé de rappeler son ambassadeur d’Israël, pour protester contre la mort de cinq membres de ses forces de sécurité. Ils ont été tués le 18 août 2011 près de la frontière avec l’Etat hébreu lors d’une fusillade entre soldats israéliens et les membres d’un commando venant de perpétrer un triple attentat qui a fait huit morts près d’Eilat dans le sud d’Israël.

Pour tenter d’éviter une crise diplomatique entre Israël et l’Egypte, le secrétaire d’Etat américain adjoint pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a redu une visite au Caire pour des entretiens avec des responsables égyptiens. L’émissaire de l’Onu au Proche-Orient, Robert Serry, qui a participé au dialogue indirect pour obtenir une trêve avec le Hamas, a assisté également aux discussions

La Turquie, principal partenaire d’Israël dans la région, a réduit cette semaine ses relations diplomatiques avec Jérusalem.

Le gouverneur de la Banque d’Israël Stanley Fischer met en garde ce lundi matin contre l’arrêt des relations commerciales avec la Turquie ”qui coûtera cher à Israël”. Intervenant à la Conférence sur la coopération économique régionale à Tel-Aviv, il a précisé que l’économie turque dépassait de loin celle d’Israël et croissait extrêmement rapidement. ”La Turquie sera un grand marché dans la région et un exportateur majeur”, a-t-il souligné.

Toujours à la Conférence sur la coopération économique régionale à Tel-Aviv, le gouverneur de la Banque d’Israël, Stanley Fischer, a estimé que ”de meilleures relations économiques ne peuvent remplacer des développements politiques. Ce n’est pas vrai que l’on peut compenser des gens pour un manque d’indépendance politique… mais la croissance économique est importante pour stabiliser la relation”.

“Une paix chaude, comme nous en avons eue avec l’Egypte, est importante pour construire des relations économiques”, a-t-il ajouté.

Quant à la coopération avec les Palestiniens, Le président israélien Shimon Pérès a affiché son scepticisme ce lundi concernant les chances de conclure un accord de paix avec les Palestiniens. Au cours de la Conférence sur la coopération économique régionale à Tel-Aviv, il a affirmé : ”Je ne crois pas qu’à court terme nous pourrons faire la paix avec les Palestiniens et répondre à toutes leurs revendications, mais ce qu’on peut et doit faire c’est d’établir un package qui permettra aux deux parties d’entamer des négociations. Il faut mener des discussions à huis clos car publiquement nous n’y arriverons pas”.

Ftouh Souhail

(1) Des invités de marque se sont réunis à l’hôtel David Intercontinental de Tel-Aviv qui a accueilli cet événement. Le programme a mentionné des invités en provenance de France, d’Angleterre, d’Italie et même de Corée du sud. Parmi les hôtes étrangers qui sont venus, on trouve aussi Mr. Tony Blair, l’envoyé du Quartet au Moyen-Orient, Mr.Sha Zukan, le sous-secrétaire général pour les Affaires économique et sociales des Nations Unies, Mr. Michael Harvey, le directeur de la mission USAID en Cisjordanie ainsi que Mr. Andrew Stanley, l’ambassadeur de l’Union européenne en Israël.

Leave a Reply

*