Méditerranée : Israël et la Grèce vont construire un nouveau radar maritime à longue portée en Crète

 


Le Premier ministre grec Alexis Tsipras avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu

Un nouveau système de radar israélien en Crète surveillera le bassin est de la Méditerranée. Selon des informations, la Grèce et Israël construisent un nouveau système radar marin de très longue portée dans l’est de la Crète, avec une couverture accrue du nouveau radar de surface permettant aux deux pays de surveiller le bassin est de la Méditerranée.

Le quotidien grec Kathimerini a déclaré que le nouveau radar de surface serait capable de suivre à longue distance, au-delà de l’horizon, et qu’Israël et la Grèce auraient accès à sa couverture améliorée.

Le rapport a ajouté que le projet faisait partie de la vaste alliance politique entre Israël, la Grèce et Chypre.

Israël cherche activement à suivre l’activité et la présence du Hezbollah, l’Iran en Syrie, en Irak et au Liban, ainsi que l’évolution de la situation sur le terrain en Syrie et les mouvements turcs dans le nord de la Syrie, ainsi que la protection des plates-formes gazières dans l’est de la Méditerranée.

Les intérêts d’Israël recoupent les intérêts de la Grèce et de Chypre dans nombre de ces dossiers surtout les plateformes gazières, les mouvements turcs et la scène syrienne.

La coopération en matière de sécurité fait partie d’une alliance politique globale entre Israël, la Grèce et Chypre.

Israël mène des exercises sur le territoire grec pour contrer le système de défense aérienne S-300, qui a été établi en Syrie.

La Grèce et Chypre ont renforcé leurs relations de coopération militaire avec Israël au cours des derniers mois.
Cela ressort mieux de l’intérêt manifesté de nouveau pour l’installation permanente d’un système de radar marin en Crète orientale. Le système dit “Long Horizon” coûterait environ 8 milliards de dollars, ce qui représente des dépenses assez considérables pour le budget de défense de l’État grec, qui a été réduit au minimum.

Néanmoins, l’installation d’un radar au-dessus de l’horizon (OTH) en Crète offre un avantage concurrentiel à l’alliance trilatérale. Tout d’abord, la zone de couverture du radar OTH s’étend sur des milliers de kilomètres au-delà des radars traditionnels. On en déduit qu’Israël, la Grèce et Chypre disposeront d’un observateur en temps réel surveillant 24 heures sur 24 les mouvements des navires dans le bassin oriental de la Méditerranée.

Un radar de très longue portée pour sécuriser la Méditerranée.

Quand les moyens côtiers traditionnels atteignent leurs limites de couverture ou sont inexistants, lorsque les zones d’intérêts sont distantes, vastes ou difficiles d’accès, les radars permettent de prolonger les capacités de surveillance des territoires maritimes ou de systématiser l’observation d’un site.

Les menaces sécuritaires et les risques provoqués par les trafics (stupéfiants, armes…), les transports irréguliers de migrants, le terrorisme maritime ou encore la piraterie, se multiplient et obligent les nations à renforcer la surveillance et la sécurisation de leur environnement maritime, notamment au sein de leur Zone Economique Exclusive.

La maîtrise de ces risques est devenue un enjeu stratégique pour beaucoup de pays, et plus largement pour Israël qui cherche à mettre en œuvre des solutions permettant de détecter au plus tôt les signes précurseurs (« early warning ») d’une menace ou d’un risque.

Ce radar de nouvelle génération va utiliser les ondes de surface en bande HF afin de surveiller le trafic maritime au-delà de l’horizon radioélectrique. Alors que les radars actuels ont une portée de quelques dizaines de kilomètres, ce nouveau radar permet de détecter des bateaux de dimension réduite (25 m) jusqu’à 200 nautiques (environ 370 km) des côtes.

Complémentaire aux dispositifs de surveillance maritime existants (patrouille maritime, surveillance satellitaire…), ce radar est capable d’assurer une surveillance permanente (24/7) en temps réel et dans des conditions de mer pouvant aller jusqu’à Mer 5. Il permettra également de démontrer les performances et les bénéfices de la technologie israélienne en termes de coût et d’efficacité pour la détection à longue distance de menaces éventuelles.

Les performances sans équivalent de ce radar ainsi que sa faible empreinte environnementale, permettant une intégration extrêmement discrète dans le cadre côtier ont convaincu la Grèce et la Commission Européenne particulièrement exigeante sur ces aspects.

Opérations SAR et exercices navals

Un deuxième domaine de coopération militaire concerne les opérations de recherche et de sauvetage (SAR). Israël a loué à la Grèce cinq drones à la fine pointe de la technologie, qui font désormais partie des équipes d’intervention SAR du pays pour lutter contre le trafic illicite et repérer les personnes en détresse dans la mer Egée.

En échange, la Grèce a invité des officiers israéliens à participer à des exercices d’entraînement naval. L’exercice 2019 Noble Dina sera organisé dans les prochains jours en Grèce. Quarante agents de probation du port de Haïfa arriveront en Grèce pour participer aux exercices de la marine et effectuer deux escales dans les îles de Milos et de Rhodes avant de retourner à Tel Aviv.

La participation d’Israël à l’exercice naval annuel Noble Dina des marines grecque et chypriote a été approuvée l’année dernière lors de la visite de l’ancien ministre grec de la Défense nationale, Panos Kammenos, à Tel Aviv.

La marine de Grèce et de Chypre, les officiers stagiaires d’Israël et des délégués de la marine américaine participeront à cet exercice. Les exercices navals devraient avoir lieu dans les mers crétoise et orientale, tandis que les participants pourront également se rendre dans les locaux du centre d’entraînement opérationnel d’interdiction maritime de l’OTAN (MIOTC) situé sur la base navale de la baie de Souda, en Crète.

Outre l’investissement dans Long Horizon, de nouveaux domaines de coopération ont été mis au premier plan, dans l’attente du sommet trilatéral qui se tiendra à Tel Aviv. Les trois chefs d’Etats, le Premier ministre grec Alexis Tsipras, le président chypriote Nicos Anastasiades et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se réuniront pour discuter d’une série de questions.

Les sujets indicatifs inscrits à l’ordre du jour comprennent, entre autres, le développement de nouveaux partenariats commerciaux, les progrès réalisés dans le cadre du projet de gazoduc East-Med et les développements en matière de sécurité dans la région.

Souhail Ftouh