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Les mémoires du nageur Alfred Nakache et du boxeur Victor Young Perez, deux victimes de la Shoah, ont été honorées ce mercrdi 19 avril 2012 à Netanya.

Jeudi après-midi, à l’occasion du Yom HaShoah, la mairie de Netanya a décidé de donner le nom du nageur algérien Alfred Nakache à la salle de sports de l’école Shaï Agnon.

Puis a eu lieu l’inauguration de la salle de sports du lycée Sharett qui portera le nom du boxeur tunisien Victor Young Perez.

Un large public est venu participer à ces deux manifestations à la mémoire de ces deux héros juifs.

Nakache, originaire de Constantine, nageur de l’équipe de France, a été déporté à Auschwitz en janvier 1944. Surnommé “Artem”, il est aussi connu sous le surnom de “nageur d’Auschwitz”. Il est revenu des camps ne pesant plus que 40 kilos et a néanmoins retrouvé son niveau sportif. Il est décédé en 1983.

Le nageur algérien Alfred Nakache

Alfred Nakache etait licencié à la Jeunesse Nautique (JN) constantinoise et ce jusqu’en 1934. Aux championnats de France 1934, il termine 2e du 100 mètres nage libre et est sélectionné en équipe de France pour une rencontre junior contre les Pays-Bas. Il ne peut participer aux championnats d’Europe suivant parce qu’il n’est pas éligible en tant que Français né hors du « sol français » et pas encore licencié dans un club de France. Néanmoins, il participe à l’équipe du tour de France nautique .En 1942, il gagne cinq titres de champion de France au 200 m brasse.

D’abord en vue pendant l’occupation pour ses records où il devient rapidement l’un des nageurs les plus titrés du pays, il est progressivement dénoncé par la presse collaborationniste par antisémitisme. Il est finalement interdit de bassin lors des championnats de France de Toulouse en 1942.

Arrêté en novembre 1943, il est déporté à Auschwitz par le convoi n° 66 du 20 janvier 194412, après son passage à la prison Saint-Miche et Drancy1. Séparé physiquement de sa femme Paule et sa fille de deux ans Annie3, il ignore leur sort et n’apprendra que plus tard la mort de sa fille et supposera celle de sa femme, sa fille étant tuée dès son arrivée dans les camps tandis qu’il n’eut jamais de nouvelle de sa femme. Il est ensuite transféré à Buchenwald puis est libéré fin 1944 ou début 1945.

Lors de son séjour dans ce camp de la mort, un dimanche après-midi, il déjoua la surveillance des gardes SS de faction et parvint à nager quelques longueurs dans un petit bassin artificiel de rétention d’eau où les nazis le faisaient nager par dérision.

Après guerre, il revint à Toulouse avec sa seconde épouse, et devient professeur d’éducation physique à la faculté de droit. Il retrouve le haut niveau (champion de France et prenant part au record du monde 3 × 100 m 3 nages en 1946) et participe aux Jeux olympiques d’été de 1948 à Londres, devenant en plus d’être nageur à l’épreuve de 200 m brasse papillon, également membre de l’équipe de France de water-polo.

De nombreux bassins français portent son nom, dont la piscine municipale de Toulouse et une Belleville à Paris. L’État d’Israël lui décerne à titre posthume en 1993 le Trophée du Grand exemple, au Musée du sport juif international.

Quant à Victor Young Perez, de son vrai nom Victor Younki il est originaire de Tunis il a été champion du monde de boxe en 1931.Il est arrêté en septembre 1943 et déporté au camp d’Auschwitz. Il est abattu au cours de la Marche de la Mort.

Lors du pogrom à l’encontre de la communauté juive tunisienne, survenu au lendemain de la Première Guerre mondiale, Young Perez est caché sous son lit, avec son frère aîné Benjamin, par sa mère Khmaïssa. Dès avril 1924, Younki affirme vouloir devenir boxeur : c’est pourquoi, dès l’âge de treize ans, il commence à sécher les cours que livre l’Alliance israélite universelle


Le boxeur tunisien Victor Young Perez

Issu d’une famille modeste de la communauté juive tunisienne, il se passionne assez tôt pour la boxe, un sport alors très populaire dans son pays, et se lance sous la protection de son entraîneur Joe Guez. S’illustrant vite sur la scène locale, il part pour Paris où, devenu champion de France des poids mouches. Il finit par affronter Frankie Genaro pour le titre de champion du monde de cette même catégorie Sacré le 24 octobre 1931, à l’âge de vingt ans, il est accueilli en véritable héros à son retour à Tunis. Young Perez détient toujours le titre de plus jeune champion du monde dans sa catégorie.

Il accepte de jouer à Berlin, au lendemain de la Nuit de Cristal, dans un climat politique marqué par un antisémitisme déclaré. Il est finalement arrêté le 21 septembre 1943 et déporté au camp d’Auschwitz. En janvier 1945, il est l’un des 31 survivants des 1 000 déportés du « convoi n°60 » en date du 7 octobre 1943 qui l’a amené à Auschwitz. Il participe à l’une des marches de la mort qui suivent l’évacuation du camp. Le 22 janvier, affaibli au bout de plusieurs jours par les conditions difficiles, il est achevé d’une rafale de mitraillette29,97.

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, on organise à Tunis des obsèques symboliques, en présence de ses proches et de ses supporteurs.

L’Algérie et la Tunisie ont délibérément occulté la mémoire de ces deux héros juifs. Si le nom de Young Perez figure sur le monument aux morts en déportation du cimetière du Borgel à Tunis, par ailleurs, le stade du club de football de Tunis qui avait porté le nom du sportif juif nom pendant quelques année a été enlévé en 1967 et il est devenu simplement le « stade olympique d’El Menzah ».


Ftouh Souhail

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