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Ici, la flottille pro-Hamas de l’an dernier prise d’assaut par les soldats Israéliens au large de Gaza

Y a-t-il une crise humanitaire à Gaza? Le blocus maritime de Gaza est-il légal ou illégal? S’agit-il d’une flottille humanitaire ou d’un soutien au terrorisme? – Opinion de Joël Rubinfeld publiée dans La Libre Belgique du 11 juillet 2011.

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LA LIBRE BELGIQUE | 11 juillet 2011 — On entend tout et son contraire sur la flottille qui, pour la seconde année consécutive, a tenté de forcer le blocus maritime de Gaza. Essayons donc d’y voir plus clair.

Y a-t-il une crise humanitaire à Gaza?

Mathilde de Riedmatten, directrice-adjointe de la Croix-Rouge à Gaza, a répondu en avril dernier à cette question: «Il n’y aucune crise humanitaire à Gaza. Si vous allez au supermarché, il y a des produits. Il y a aussi des restaurants et une belle plage». En effet, la population de Gaza ne vit pas dans l’état de désolation imaginé par certains et qui contraste singulièrement avec la croissance à deux chiffres (16%) du PNB gazaoui pour l’année écoulée ou avec le reportage du 25 juin dernier du New York Times qui évoquait l’ouverture le mois passé de «deux hôtels de luxe», la «forte baisse du chômage durant le premier trimestre de cette année», les «milliers de voitures neuves qui battent le pavé», le taux de «100% de vaccination» ou encore l’ouverture du «second shopping center» ce mois-ci dans la bande côtière palestinienne. A cela s’ajoutent les 10.000 tonnes de nourriture, médicaments et fournitures humanitaires qui, chaque semaine, sont acheminées par voie terrestre d’Israël à Gaza.

Le blocus maritime de Gaza est-il légal ou illégal?

Suite à l’édition 2010 de la «flottille pour Gaza», l’ONU a mis en place une commission d’enquête avec à sa tête l’ancien Premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer pour, entre autres, statuer sur la légalité du blocus. Selon les premiers éléments du Rapport Palmer parus dans la presse ce 6 juillet, la légalité du blocus est bel et bien établie par la commission onusienne. Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler qu’en 2005, après que Tsahal se soit retiré de la bande de Gaza et évacué les 8.000 civils israéliens qui y vivaient, celle-ci n’était soumise à aucun blocus. Ce n’est qu’en 2007, après que le Hamas se soit emparé du pouvoir à Gaza par la violence et lancé une campagne sans précédent de tirs de roquettes, missiles et obus de mortier (plus de 8.000 à ce jour) sur les villes du Sud de l’Etat hébreu qu’Israël a mis en place ce blocus afin d’enrayer, avec la contribution de l’Egypte, la contrebande d’armes à destination de Gaza.

S’agit-il d’une flottille humanitaire ou d’un soutien au terrorisme?

L’édition du 30 juin dernier du quotidien batave De Telegraaf révèle à cet égard que le principal financier et «cerveau derrière la flottille» n’est autre qu’Amin Abu Rashed, chef officieux de l’organisation terroriste Hamas aux Pays-Bas. La façade plus présentable de l’opération ne s’embarrasse elle-même plus des précautions oratoires d’usage lorsque, la semaine passée, la porte-parole de la flottille Greta Berlin a déclaré à un journaliste du Irish Times qu’«il ne s’agit pas de livrer de l’aide humanitaire mais bien de briser le blocus illégal de Gaza». Ce message semble être bien passé en Grèce où, bien que l’on y ait d’autres chats à fouetter, les autorités ont mis le holà à cette pantalonnade humanitaire qualifiée par le Secrétaire général de l’ONU de «provocation inutile».

A l’aune de ces éléments, force est de constater que le vernis humaniste qui orne la coque de la «flottille pour Gaza» masque mal les couleurs d’une armada d’activistes peu recommandables. Il convient toutefois d’en distinguer deux types. Il y a d’abord la petite minorité de «ceux qui savent», ces aficionados du terrorisme, ces idéologues antisionistes qui ne se résignent pas à voir l’Etat juif siéger aux côtés des 192 autres Etats-membres de l’ONU et qui n’hésitent pas à – voire souhaitent – mettre la vie de l’équipage en danger pour servir leurs objectifs. Il y a ensuite «ceux qui ne savent pas», une ribambelle de pacifistes naïfs qui, tels les moutons de Panurge, se précipiteront au premier bêlement dans la mer au risque de s’y noyer. Après un XXe siècle qui n’a pas été avare en «idiots utiles» au service du totalitarisme rouge, ce début de siècle semble prometteur s’agissant d’idiots utiles au service, désormais, du totalitarisme vert.

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Joël RubinfeldJoël Rubinfeld est né à Bruxelles en 1968. Il est diplômé en communication à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Commerciales. Il dirige depuis 1992 une agence de communication. En 2002, il est nommé secrétaire général des Amitiés belgo-israéliennes, alors que les relations entre les deux pays sont mises à mal dans le cadre de la loi belge de compétence universelle. Il encourage le dialogue entre Bruxelles et Jérusalem par la coordination d’événements bilatéraux et de rencontres interparlementaires. Il participe également à l’organisation de rencontres entre responsables européens, israéliens et palestiniens. En 2007, il est élu à la présidence du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique (CCOJB), organisation faîtière des organisations juives de Belgique. En 2009, il est élu Vice-Président du Congrès Juif Européen.
Il est l’auteur de nombreuses opinions sur le Proche-Orient publiées dans la presse internationale. Il a rédigé le chapitre sur la Belgique de l’ouvrage collectif Les habits neufs de l’antisémitisme en Europe (Editions Café Noir, 2004), dans lequel il relate la résurgence de l’antisémitisme en Belgique suite au déclenchement de la seconde intifada. Il est l’auteur de “Une vision manichéenne du conflit israélo-palestinien” (in L’antisémitisme après la Shoah, La Pensée et les Hommes, 2003), étude sur le traitement de l’actualité proche-orientale par les médias belges.Joël Rubinfeld est Président de l’Atlantis Institute.

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