Water-Gen, une entreprise israélienne dont la technologie permet de capturer l’humidité afin de produire de l’eau potable avec de l’air.L’entreprise a exposé sa solution aux Nations unies.

 

Pas mal pour une entreprise qui emploie environ 30 personnes, principalement des ingénieurs, dans la ville du centre d’Israël de Rishon Lezion.

Elle a été créée en 2010 par l’entrepreneur Arye Kohavi, un ancien commandant d’une unité de reconnaissance de combat dans l’armée israélienne, qui a auparavant monté une entreprise qui développe des logiciels d’enseignement en ligne.

La technologie, développée par Kohavi avec l’aide d’ingénieurs, utilise une série de filtres pour purifier l’air. Après que l’air a été aspiré et refroidi pour en extraire son humidité, l’eau qui se forme est traitée et transformée en eau potable. La technologie utilise un échangeur de chaleur en plastique plutôt qu’en aluminium, ce qui aide à réduire le coût ; il y a aussi un logiciel de l’entreprise qui fait fonctionner les objets.

Les générateurs d’eau atmosphérique développés par Water Gen permettent la production de quatre litres d’eau potable en utilisant un seulement un kilowatt d’énergie.

Par comparaison, d’autres appareils générateurs d’eau atmosphérique consomment trois à quatre fois plus d’énergie, ou produisent trois à quatre fois moins d’eau par unité d’énergie. Cela rend Water-Gen plus économique que les solutions similaires d’autres entreprises. Le prix de l’eau dépend du prix de l’électricité.

L’eau de Water-Gen est encore aujourd’hui plus onéreuse que l’eau désalinisée, mais elle reste la meilleure alternative et la moins chère lorsque l’eau désalinisée ne peut être employée en raison d’une mauvaise infrastructure.

Pour les marchés peu développés, la solution proposée par Water-Gen est bien moins coûteuse que l’eau minérale ou purifiée en bouteille et évite l’usage de bouteilles en plastique qui nuisent à l’environnement. Si les conduites sont endommagées, vous ne pouvez pas boire l’eau à cause de la pollution. Les pays sous-développés rencontrent beaucoup de problèmes avec leurs infrastructures.

Les habitants d’El Talento, une petite ville du nord de la Colombie près de Cúcuta, reçoivent maintenant de l’eau potable épurée, grâce à GEN-M, un générateur d’eau atmosphérique de taille moyenne inventé par la firme Watergen, en Israël.

Le GEN-M de 780 kilogrammes est arrivé en Colombie début octobre dans le cadre d’un projet de coopération entre la Colombie et Israël, dirigé par le pasteur Andrés Suárez.

Suárez a déclaré vouloir montrer comment la technologie de Watergen peut fournir de l’eau potable aux communautés nécessiteuses. El Talento manque d’eau potable.

«Nous cherchons à exploiter la technologie israélienne dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de l’élevage, des communications et autres industries, qui pourraient toutes être adaptées aux besoins de notre région», a déclaré Suárez.

Ne nécessitant aucune infrastructure externe, à l’exception d’une source d’électricité, le GEN-M de Watergen peut produire jusqu’à 800 litres d’eau par jour en fonction de l’humidité ambiante. À El Talento, il fonctionne avec un groupe électrogène diesel.

TX Solutions, partenaire de Watergen en Colombie, présente l’approche innovante de Watergen à diverses organisations humanitaires. La société manifeste un grand intérêt pour l’acquisition d’appareils GEN-M afin d’aider d’autres communautés qui n’ont pas accès à de l’eau potable.

La technologie de Watergen consiste à collecter l’air ambiant, à le nettoyer des impuretés, et à la technologie brevetée d’échange de chaleur de GENius pour créer de l’eau en refroidissant l’air à son point de rosée. à

Le liquide est filtré et purifié avec du carbone. Toutes les bactéries restantes sont éliminées avec les rayons ultraviolets précise Maxim Pasik, le directeur exécutif de Water-Gen.

Le GEN-M sera ensuite transporté à La Guajira, où il restera trois mois au bénéfice des communautés de cette région.

Water-Gen, cette entreprise israélienne dont la technologie permet de capturer l’humidité afin de produire de l’eau potable avec de l’air, a peu de chance de souffrir du problème de financement qui affecte certaines entreprises en forte croissance.

En effet, l’entrepreneur et milliardaire israélo-russe Michael Mirilashvili (1), qui est également le vice-président du Congrès juif mondial, a pris le contrôle de l’entreprise et parce qu’il a des soutiens de taille comme Le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le potentiel de Water-Gen est illimité.

Produire de l’eau à partir de l’air est la prochaine source d’eau pour le monde.

L’eau recouvre 70 % de la Terre, mais seulement 3 % de l’eau du monde est douce, et deux-tiers sont disponibles à l’utilisation, selon le Fonds mondial pour la nature (FMN). En conséquence, « environ 1,1 milliard de personnes dans le monde ont des difficultés d’accès à l’eau, et un total de 2,7 milliards de personnes n’a pas d’eau pendant au moins un mois de l’année », précise le FMN.

Au rythme de la consommation actuel, d’ici 2025, deux-tiers de la population mondiale devront faire face à des pénuries d’eau, estime le FMN. Environ 1,2 milliard de personnes, soit presque un cinquième de la population mondiale, vit dans des zones avec peu d’eau, selon le département de l’Economie et de Affaires sociales des Nations unie

L’entreprise qui se trouve à Herzliya est une branche de Beer Itzhak Energy qui appartient au milliardaire israélo-russe Mirilashvili qui a acheté 70 % des parts de Water-Gen.

Le dispositif proposé par l’entreprise existe en trois tailles : industrielle, moyenne et un dernier, plus petit, pour les habitations et l’usage domestique. Plus l’environnement est humide, plus il est possible de produire de l’eau. Ainsi, alors que les plus petits dispositifs, réfléchis pour l’utilisation familiale, peuvent fournir une moyenne de 15 litres d’eau potable par jour, en Inde, en raison de l’humidité, le même peut produire 30 litres d’eau.

L’outil de taille moyenne, qui permet d’obtenir 450 litres par jour, se destine aux hôpitaux et aux écoles tandis que le plus volumineux peut assurer un rendement de 3 000 litres par jour (ces chiffres sont également multipliés par deux en Inde). Les plus grosses usines peuvent également être reliées entre elles et alimenter les canalisations existantes, ce qui permettrait d’assurer la consommation d’environ 25 millions de personnes si nécessaire.

L’entreprise a aussi développé une solution à piles capable de faire de l’eau potable à partir de l’air dans les zones dépourvues d’électricité. En utilisant un procédé d’osmose inversée pour le filtrage et la purification, le dispositif a une capacité d’assainissement de l’eau de 1 200 litres par jour et peut donc servir dans les villages ou dans les régions ayant un besoin urgent en eau ou lors d’opérations de secours.

« Water-Gen a un dépôt significatif de liquidités qui peut permettre une expansion et une croissance accélérés », estime Zirra.com Ltd., une société de Tel Aviv, dans un rapport sur l’entreprise, ajoutant que la solution proposée répond à une « nécessité évidente de la part du public, qui cherche des alternatives proposant des performances plus élevées ».

Zirra est une entreprise de recherche qui analyse les entreprises privées qui utilisent l’intelligence artificielle et les technologies d’apprentissage automatique.

Même ainsi, établit Zirra, la distribution des unités de Water-Gen exigera une « opération logistique de grande ampleur susceptible de peser lourdement sur la structure des coûts de l’entreprise ».

Les produits de Water-Gen suscitent également un fort intérêt de la part du gouvernement fédéral américain. C’est le cas aussi des pays arabes du Golfe.

Water-Gen lance un projet pilote dans le comté de Miami-Dade, en Floride.Les habitants ont été informés qu’ils devaient faire bouillir l’eau du robinet avant de l’utiliser après une panne d’électricité qui a duré une minute à l’usine de traitement de l’eau de Norwood, au nord de Miami, susceptible d’avoir causé des contaminations.

Lorsque le milliardaire israélo-russe Mirilashvili a acheté sa part de Water-Gen, l’entreprise se focalisait sur la création d’unités de purification de l’eau pour les armées du monde entier. « Nous avons changé cette stratégie. Nous destinons aussi nos dispositifs aux civils lorsque le besoin est énorme », indique la firme israélienne.

Le logiciel et l’échangeur de chaleur à plaques – qui sont essentiellement le cœur du produit – sont fabriqués en Israël et Water Gen prévoit de créer des co-entreprises avec des partenaires locaux dans tous les pays du monde pour produire des machines de fabrication d’eau potable.

« Nos partenaires sont les gouvernements fédéraux et d’état, les organisations d’urgence du monde entier en coopération avec des partenaires locaux », dit Maxim Pasik, le directeur exécutif de Water-Gen.
« Le prix diffère selon les modèles », ajoute-t-il.

Water-Gen a signé des accords avec l’Inde et le Vietnam, deux pays qui affrontent des pénuries d’eau. En Inde, la société a signé avec la deuxième plus importante entreprise d’énergie solaire du géant asiatique pour produire de l’eau purifiée à destination des villages reculés dans le pays.

La convention passée avec le Vietnam a été conclue avec le gouvernement de Hanoï et prévoit l’établissement de générateurs d’eau dans la capitale vietnamienne.

Water-Gen continue également à travailler sur des produits adaptés aux militaires et a développé un purificateur d’eau portable de 12 kilos qui fonctionne à l’aide de la batterie standard qui est utilisée dans l’armée pour fournir de l’eau à partir de n’importe quelle source locale et non-saline, avec la capacité de gérer les contaminants biologiques et chimiques, indique Pasik. Le dispositif a une capacité d’eau de 220 à 240 litres environ d’eau par batterie.

Après l’Exode biblique d’Egypte, Moïse a produit de l’eau pour le peuple d’Israël dans le désert en frappant une pierre. Maintenant, Water-Gen prend l’eau de l’air.

Souhail Ftouh

—————————————————-

(1) Né à Kulashi, en Géorgie, Miralashvili a fait ses études à l’école de médecine de St. Petersbourg en Russie et a obtenu son diplôme de pédiatrie en 1983. Mais il n’a jamais travaillé dans cette profession et a plutôt rejoint l’entreprise familiale dont les intérêts se portaient sur les projets immobiliers et les casinos.
Après avoir immigré en Israël, Miralashvili a aujourd’hui la double citoyenneté – russe et israélienne – et ses intérêts commerciaux globaux intègrent les secteur de l’immobilier, des hautes technologies, des mines de diamants et d’or, le domaine des soins de santé et les médias. En plus de superviser son empire commercial, Mirilashvili a aussi consacré son temps à un certain nombre d’activités philanthropiques en faveur de causes juives à travers le monde et en Israël et fait activement la promotion des droits de l’Homme, selon sa biographie publiée sur le site du Congrès juif mondial. Il a également dans le passé été président de ZAKA, un précieux programme de réponse d’urgence bénévole en Israël.
En 2017, Mirilashvili a occupé la septième place du classement des Israéliens les plus riches établi par le site financier local TheMarker, avec une richesse estimée entre 2.5 milliards et 3 milliards de dollars. Ses intérêts commerciaux en Israël comprennent le fonds capital-risque Kitaim, le groupe Beer Itzhak Energy et l’entreprise de diamants Hoshen Argaman. Water-Gen est l’un investissements réalisés par Mirilashvili, qui a aujourd’hui 60 ans. Beer Itzhak Energy a également investi dans la start-up israélienne Vertical Fields, qui crée et construit des jardins et des plantations verticaux pour les immeubles et les autoroutes.