Le Soudan a autorisé pour la toute première fois dimanche un avion israélien à traverser son espace aérien. L’avion, qui ramenait le Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël après une visite éclair au Tchad, a survolé le Sud-Soudan, dont l’espace aérien est contrôlé par les autorités de l’aviation civile à Khartoum.

Quelques heures plus tôt, Netanyahu avait annoncé une « révolution » dans les relations entre Israël et le monde musulman, alors qu’avec le président tchadien Idriss Déby, ils annonçaient la reprise des relations diplomatiques, et sur fond de négociations diplomatiques pour obtenir un accord avec Khartoum pour autoriser les vols israéliens à survoler régulièrement le Soudan pour gagner quelques heures dans les vols à destination d’Afrique occidentale et d’Amérique latine.

Le bureau du Premier ministre a demandé aux journalistes qui ont accompagné Netanyahu au Tchad de ne pas médiatiser le fait que l’avion survolait le Sud-Soudan, avant l’atterrissage à l’aéroport international Ben Gurion, à Tel Aviv dimanche soir, probablement pour des raisons sécuritaires, et éviter que d’autres parties fassent, en dernière minute, changer d’avis les autorités soudanaises.

Peu après le décollage, le capitaine a annoncé qu’ils étaient à bord d’un « vol historique », et que grâce à ce raccourci, le vol retour durerait une heure de moins que le vol aller.

Plus tôt dans la journée, l’avion du Premier ministre a dû survoler la mer Rouge, puis l’Erythrée, l’Ethiopie, le Kenya, l’Ouganda, la République démocratique du Congo et la République d’Afrique centrale, avant d’entrer dans l’espace aérien tchadien.

Le vol de dimanche semble indiquer que Khartoum

Israël entretient des relations pacifiques avec le Sud-Soudan, mais l’espace aérien du pays est contrôlé par son voisin au nord, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec l’Etat hébreu.

Le vol de dimanche est le tout premier vol israélien à survoler le Sud-Soudan, a indiqué l’entourage du Premier ministre.

Le Sud-Soudan, à majorité chrétienne, a obtenu son indépendance du Soudan musulman il y a quelques années, et les deux pays entretiennent des rapports hostiles. Cependant, l’aviation civile reste contrôlée par Khartoum.

Lors du vol retour, l’avion El al a décollé de N’Djamena, et pris la direction du sud vers la République d’Afrique centrale, avant de se diriger vers l’est pour traverser le Sud-Soudan et de poursuivre vers l’Ethiopie et l’Erythrée, puis vers la mer Rouge.

On ne sait pas exactement si l’autorisation accordée par le Soudan à l’avion de Netanyahu était liée à la démarche diplomatique du Tchad. En novembre, alors que Déby était en Israël, il avait déclaré qu’il était disposé à aider Israël et le Soudan à établir des relations.

Netanyahu, qui est également ministre des Affaires étrangères, a oeuvré ces dernières années pour ouvrir davantage de trajectoires de vol vers l’Etat hébreu, notamment un vol direct vers l’Inde à travers l’Arabie saoudite et Oman.

Omar Hassan el-Bechir, chef de l’État depuis 1989

Les autorités israéliennes et sud-américaines ont récemment convenu de créer un vol direct entre Santiago et Israël, bien que ce vol devrait contourner le Soudan, ce qui augmentera la durée du vol.

Ces dernières années, le Soudan s’est distancé de l’influence géopolitique de l’Iran, ce qui est perçu par l’Occident comme une opportunité de révolution diplomatique.

Par le passé, le Soudan aurait servi de plateforme pour le transfert d’arme iraniennes pour le groupe terroriste du Hamas, à Gaza. Israël aurait intercepté et détruit des transferts d’armes en provenance du Soudan et à destination de Gaza.

Cependant, ayant rompu ses liens avec l’Iran, le Soudan n’est plus considéré comme une menace par Israël, mais plutôt comme un allié potentiel.

Depuis dimanche, le nombre de pays entretenant des relations diplomatiques avec Israël a atteint le nombre record de 160,

Souhail Ftouh