Pour les pays africains, Israël lance une offre de formation “sur les technologies de cultures maraîchères”


Pour les formalités de candidature et informations complémentaires, veuillez envoyer un email à l’adresse mashav@dakar.mfa.gov.il au plus tard le 29 mars 2019.

Le Mashav, une agence israélienne de coopération internationale pour le développement qui fait partie du ministère israélien des Affaires (1), offre une possibilité de formation pour les agriculteurs francophones du continent africain “sur les technologies de cultures maraîchères” du 21 mai au 4 juin 2019.

L’horticulture maraîchère ou agriculture maraîchère est la culture de légumes, de certains fruits, de certaines fines herbes et fleurs à usage alimentaire, de manière professionnelle.

Cette formation va se concentrer sur plusieurs sur les mesures possibles pour lutter contre les maladies et les ravageurs principaux dans les cultures maraîchères les plus importantes. Dans le cadre de l’actualisation de cette année, les experts israéliens vont intégré les dernières découvertes dans leurs stratégies de régulation et précisé la situation en matière d’homologation des produits phytosanitaires.

Il est bien connu que, en agriculture biologique, la protection phytosanitaire se base avant tout sur des mesures préventives puisque les possibilités d’interventions directes sont limitées et qu’on n’en connaît encore aucune contre le mildiou de la laitue. Toutes les mesures qui aident les feuilles à sécher rapidement diminuent la contamination.

Lutter contre les maladies transmises par le sol

Les experts israéliens vont transmettre les dernières techniques pour lutter contre les maladies transmises par le sol en respectant l’environnement. Si des maladies phytosanitaires s’y propagent, les pertes sont donc élevées. C’est pourquoi les spécialistes du Mashav ont mis au point des mesures contre les maladies transmises par le sol. Il s’agit notamment de mesures non chimiques telles que l’utilisation de micro-organismes utiles ou de moyens destinés à l’amélioration des sols.

Dans la production maraîchère en Afrique, un secteur agricole important, les ravageurs sont régulièrement responsables de lourdes pertes et ce, de plus en plus souvent.Les maladies transmises par le sol en sont un exemple important Des champignons nuisibles qui survivent dans le sol et attaquent les racines de leurs plantes-hôtes en sont la cause. Dans le pire des cas, cela peut entraîner la mort de la plante. Ces problèmes n’ont cessé d’augmenter ces dernières années.

Les maladies transmises par le sol sont très difficiles à maîtriser.C’est pourquoi des stratégies de lutte alternatives sont en cours d’élaboration en Israël afin de réduire ces problématiques.

 Dans ce contexte, il est particulièrement important d’avoir une approche globale de la production maraîchère de plein champ. L’objectif est d’évaluer les mesures préventives telles que l’hygiène (rotation, nettoyage des machines, enfouissement des résidus de récolte, etc.), afin d’empêcher la propagation des maladies transmises par le sol et de réduire la pression des maladies. Des stratégies de lutte directe sont également développées et testées.

L’accent est mis sur l’utilisation de micro-organismes utiles réprimant les maladies et sur l’application d’engrais organiques et d’amendements. Ces différentes approches sont combinées avec des mesures de technique culturale.

Pour obtenir un succès durable, toutes plusieurs méthodes doivent être appliquées de manière combinée. Les plantes cultivées sont plus saines et les pertes dans la production de légumes de plein champ sont réduites de manière écologique et durable. Grâce au développement de telles stratégies de lutte, les producteurs maraîchers disposent désormais d’un ensemble de mesures non chimiques contre les maladies transmises par le sol.

Une équipe de chercheurs-euses israéliens se concentre sur les problématiques de la pratique maraîchère en axant ses travaux sur l’application.L’accent est mis avant tout sur les problèmes de protection phytosanitaire. L’objectif est de développer des solutions directement applicables et durables pour les producteurs maraîchers.

Les différentes mesures pour maîtriser la cladosporiose de la tomate par exemple

La cladosporiose de la tomate est devenue plus fréquente ces dernières années. Sur les variétés pas ou incomplètement résistantes, cette maladie provoque depuis longtemps des dégâts plus ou moins graves selon les conditions météorologiques et les sites de production. Se pose donc la question des possibilités de lutte à disposition en agriculture biologique. Pas besoin de tourner autour du pot: il y en a peu, car les produits autorisés ne sont que peu efficaces. Il est en outre toujours difficile de se débarrasser de la cladosporiose une fois qu’elle s’est établie dans une serre.


Les feuilles les plus anciennes sont généralement les premières et les plus fortement attaquées. La température et l’humidité optimales pour une infection par la cladosporiose correspondent assez exactement aux conditions de croissance idéales pour la culture de la tomate. Les produits actuellement disponibles ne permettent pas d’espérer une meilleure efficacité contre la cladosporiose.

Les formateurs israéliens vont transmettre les principales mesures pour enrayer la cladosporiose,

Pourriture sclérotique 

Sclerotinia sclerotiorum est l’agent pathogène de la pourriture blanche et de la sclérotiniose du colza; il porte également de nombreux autres noms selon la culture qu’il affecte. Le champignon provoque la pourriture dans de nombreuses cultures, en particulier dans les légumes-racines, les crucifères, y compris le colza, les haricots ou les salades.

 

Il se manifeste par un revêtement noir typique, sur lequel des nodules noirs (sclérotes) se forment au fil du temps. Le champignon a un large spectre d’hôtes, mais pas les céréales ou le maïs. En plus de la sclérotiniose, d’autres pathogènes peuvent causer des symptômes similaires. Des sclérotes (généralement beaucoup plus petits).

Contrairement à la pourriture grise, Sclerotinia se propage principalement dans le sol. Les mesures visant à accroître l’activité biologique du sol, telles que l’utilisation de compost et d’engrais chitineux, sont donc appropriées pour freiner sa propagation. Les cultures particulièrement sensibles telles que les haricots et les endives ne doivent pas être cultivées les unes après les autres.

Selon l’expérience pratique israélienne, la meilleure efficacité de Contans est obtenue en l’utilisant sur les résidus de récolte des cultures infectées par la sclérotinia.

Les légumes pourrissent à cause de la pluie

L’humidité est le facteur décisif de déclenchement de la pourriture. Il faut donc développer une stratégie de prévention qui tient compte de ce facteur.

Habituellement, ce sont le Rhizoctonia et la Sclerotinia qui constituent les causes directes de la pourriture. Le Botrytis et la pourriture bactérienne n’apparaissent souvent que plus tard. Tous ces agents de pourriture ont en commun le fait d’être peu spécifiques et de pouvoir s’en prendre à beaucoup d’espèces cultivées

Quand la salade est cultivée sur buttes (par exemple en trois rangées par planche), il y a davantage d’air qui circule entre les feuilles et le sol, les feuilles sèchent plus vite et le risque de pourriture diminue.

Selon l’expérience pratique israélienne, Des distances de plantation plus élevées apportent davantage d’air dans la culture. On peut planter seulement trois rangées par planche de 1.5 mètres de large, respectivement 4 rangées par planche de 1.8 mètres de large, et on augmente l’espacement entre les plantes sur la rangée. En plus, si on arrive à disposer les rangées dans le sens du vent dominant, on améliore encore l’aération de la culture. C’est particulièrement important en automne quand la pression infectieuse est forte.

En Israël les robots pulvérisateurs utilisent des caméras et le traitement d’images pour identifier les cultures. Cette capacité à reconnaître les cultures leur permet d’appliquer les fongicides et les insecticides de manière ciblée sur les plantes, tandis que le sol entre les cultures est préservé. Cela permet de réaliser des économies massives de produits phytosanitaires dans les cultures en ligne et protège ainsi l’environnement. Les cultures sont néanmoins parfaitement protégées contre les insectes ravageurs et les maladies. Parallèlement, la présence de capteurs permet de sarcler précisément dans chaque ligne et donc de réduire nettement l’utilisation d’herbicides.

Les cultures maraîchères en Israël produisent près de 12% de la valeur ajoutée de l’agriculture sur environ 1% de la surface agricole utile.

Souhail Ftouh

(1) Mashav est l’organisation responsable de la conception, de la coordination et de la mise en œuvre des programmes de développement et de coopération internationaux d’Israël à travers le monde, en particulier dans les pays en développement.Le Mashav a été créé à l’initiative de Golda Meir en 1958, après sa visite sur le continent africain.