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L’écrivain israélien est l’heureux gagnant du Prix Sapir pour l’année 2010. La cérémonie qui s’est tenue le 23 mars dernier au Port de Tel Aviv a récompensé l’écrivain israélien pour son livre autobiographique Tashah/5708 .L’heureux élu se voit aussi offert la traduction de son livre dans une langue de son choix. Tashah, de Yoram Kaniuk, sera traduit en arabe(1).

Tashah, le livre gagnant, est un roman autobiographique qui retrace la mémoire personnelle de Yoram Kaniuk dans sa jeunesse, à l’époque de la guerre d’indépendance, en 1948. Ce prix confère à l’écrivain un prestige de plus à son tableau déjà bien rempli (2). Ces nombreux prix ont récompensé une œuvre littéraire prolifique de haut niveau comptant une trentaine d’œuvre.

Yoram Kaniuk est un incontournable de la littérature israélienne. Né en 1930 à Tel Aviv, Yoram Kaniuk y passe toute son enfance, son père Moshe Kaniuk fut même l’un des fondateurs du musée d’art de Tel Aviv et son premier directeur entre 1932 et 1948 puis à nouveau entre 1950 et 1962. Il fut aussi le secrétaire personnel de Méïr Dizengoff, le premier maire de Tel Aviv. A 17 ans le jeune Kaniuk rejoint le Palmah, l’élite de la Haganah, précurseur de Tsahal. Il combat pendant la guerre d’indépendance et se blesse à la jambe lors de la Bataille du Monastère Saint Simon sur le Mont Sion.

Il apprend ensuite le dessin puis part pour Paris, puis pour le Canada, avant de s’installer à New York et travailler une dizaine d’années aux Etats-Unis dans le domaine de l’art. Dans les années 60 Kaniuk est à nouveau en Israël et sort son premier livre en hébreu en 1962. On le classe parmi les auteurs des années 60 bien qu’il soit de la génération du Palmah. Ses livres sont traduits dans plus de 20 langues et son roman Adam fils du chien, fut adapté au cinéma par Paul Shrader, réalisateur américain, sous le titre Adam Resurrected. Avec le Prix Sapir, la notoriété de Kaniuk monte encore d’un niveau.

Créé en 2000, le Prix Sapir est une prestigieuse récompense en littérature dans le pays (3).

Le livre de Kaniuk a été choisi parmi un total de 76 livres qui selon le président du jury, « expriment 76 voix différentes de la société israélienne » (Israël Hayom). Dans le respect de la procédure du Prix, le jury a effectué une présélection de 5 livres, le tableau final, avant d’en choisir un parmi eux. Les quatre autres écrivains, Léa Ini (pour La Rose du Liban), Nir Barham (pour Des gens biens), Sayad Kashoua (pour L’unique deuxième corps) et Assaf Inbari (pour A la maison), ont touché chacun 25 000 shekels (environ 5 000€).

Ftouh Souhail

(1) Source ; http://www.haaretz.com/print-edition/news/yoram-kaniuk-wins-sapir-literary-prize-for-1948-memoir-on-war-of-independence-1.351472

(2) Ce prix confère à l’écrivain un prestige de plus à son tableau déjà bien rempli. Yoram Kaniuk en effet, compte de nombreux prix à son actif : Prix Zeev en 1980 (littérature pour enfants), Prix du Président en 1998 et le prestigieux Prix Bialik en 1999. L’auteur en outre, ne s’est pas limité à la reconnaissance du monde culturel israélien, il est depuis de nombreuses années apprécié également à l’étranger. En France il reçoit le Prix des Droits de l’Homme en 1997 puis le Prix Méditerranée Etranger en 2000, le Prix Gold Book en 2005 et le Prix Newman en 2006. L’an dernier il pénétrait plus encore le public francophone en recevant le Prix littéraire de la Fondation France-Israël pour la version française de son livre Le Dernier juif, datant de 1981 dans sa version hébraïque (à ne pas confondre avec le célèbre livre de Noah Gordon).

(3) Le Prix Sapir porte son nom de Pinhas Sapir, ancien ministre des finances, qui fut le premier gagnant du prix littéraire en 2000. Fondé sur l’exemple du Prix Man Booker en Angleterre, le Prix Sapir est le prix littéraire le plus lucratif accordé en Israël. Yoram Kaniuk a touché à cette occasion 150 000 shekels (environ 30 000 €). Il est décerné par un jury de professionnels et d’éminentes figures littéraires : cette année on comptait parmi eux Zohar Abitan, le Professeur Tamar Elor, Bila Ben Eliahou, le Professeur Nitza Ben Dav, Emmanuel Halperin et le Docteur Amir Herzog ; un jury sous la direction du Professeur Zeev Tzahour.

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