Depuis plus d’une semaine, les révélations de Wikileaks, complaisamment relayées par les médias, continuent à faire des vagues dans le monde.

Le ministre italien des Affaires étrangères a estimé que les révélations de WikiLeaks (issues des télégrammes des ambassades américaines dans le monde) constituent un « 11 septembre diplomatique ».

Alors que le monde entier est encore secoué par la publication des WikiLeaks, c’est Israël qui ressort blanchi.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu s’est affirmé serein à propos nouvelles révélations de documents officiels américains par WikiLeaks. Selon lui, Israël n’est pas le sujet central de ces publications.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est agréablement surpris des dernières publications de WikiLeaks « C’est un jour historique pour les relations entre le journalisme et la diplomatie. »

Mr Netanyahu a déclaré que « La seule chose qui fait qu’Israël ne se retrouve pas dans une nouvelle série de critiques, c’est que nous ne mentons pas. Nous disons ce que nous pensons. Si un état nous veut du mal, nous le disons. Nous ne faisons pas semblant d’être ami. »

Le ministre de la Défense, Ehoud Barak a évoqué les révélations WikiLeaks et a estimé qu' »elles n’ont pas causé de dommages à Israël ». Désormais, poursuit-il, les diplomates prendront plus de précautions et « tiendront leur langue ». Il a ajouté que ces révélations nous ont permis de constater  » les positions des pays arabes face à la menace iranienne »

Le vice ministre des Affaires étrangères, Dany Ayalon, a déclaré de sa part qu’: « aucun document ne saurait porter atteinte à l’amitié israélo-américaine. Je ne prends pas ces choses trop au sérieux. Il faut être patient. Connaissant de près les relations israélo-américaines, je peux juger que l’ensemble des intérêts communs constitue la base de ces relations et non pas un événement ponctuel ».

L’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis Michael Oren a déclaré le 29 novembre 2010 que les révélations du site Wikileaks, qui ont fait l’effet d’une bombe dans le monde entier, ne porteraient pas atteinte aux bonnes relations qu’entretenait Israël avec les USA.

Dans une interview accordée à la chaîne télévisée américaine CNN, Oren a précisé que « les informations publiées par Wikileaks n’apportaient pas grand-chose de nouveau et correspondaient plus ou moins à ce qui avait été diffusé publiquement « . Le diplomate a encore souligné que ces rapports étaient basés sur une confiance mutuelle entre les deux pays.

Le « chapitre israélien » des télégrammes américains n’a donc rien révélé de nouveau sur les échanges entre Jérusalem et Washington. Le site Wikileaks n’est pas parvenu à pénétrer les canaux sensibles des relations israélo-américaines, et même après cette publication, nous ne savons toujours pas ce qui s’est dit entre Netanyahu et Obama, ou entre Olmert et Sharon et Bush, ou entre Meïr Dagan et ses homologues au sein de la CIA et d’autres services américains.

Les documents secrets de l’ambassade américaine à Tel-Aviv montrent seulement que les responsables des services de renseignements israéliens et des milieux de la Défense disent exactement les mêmes messages lorsqu’ils rencontrent de hauts fonctionnaires américains, des membres du congrès, ou des journalistes et des députés israéliens.

On devait plutôt rendre hommage aux diplomates israéliens qui ne jouent pas le double jeu comme le font beaucoup de leurs homologues. Les officiels israéliens se sont avérés beaucoup plus prudents que les dirigeants arabes qui ont été pris dans des flagrants délits de mensonges par les révélations WikiLeaks.

Par ailleurs la publication des WikiLeaks était bénéfique pour la poursuite tranquille de la construction dans les localités juives de Judée Samarie.

Selon des ministres israéliens, les contacts avec les américains sur le gel de la construction en Judée Samarie sont actuellement suspendus, car les États-Unis s’employant à limiter les dégâts causés par Wikileaks.

Le ministre de l’Industrie, Binyamin (Fouad) Ben Eliezer a déclaré que « les États-Unis ont cessé de faire pression sur Israël concernant le gel de la construction car les Américains seraient occupés à l’évaluation des dommages occasionnés par les révélations de WikiLeaks ».D’après le ministre, Washington est trop occupé à tenter de maitriser les conséquences de la publication des câbles diplomatiques par WikiLeaks.

Le Premier ministre Netanyahu et le ministre de la Défense Barak ont par ailleurs tenu ces derniers jours des réunions fermées avec des ministres dans lesquelles ils ont estimé que la publication des documents Wikileaks pourrait retarder les contacts avec l’administration américaine en vue de l’élaboration d’ententes permettant la reprise du gel de la construction en échange d’un « package » d’avantages américains à Israël.

Israel sort donc gagnante des révélations des câbles diplomatiques américains . Le ministre turc de l’Intérieur Besir Atalay a estimé ce jeudi, 2 décembre 2010, qu’Israël aurait « tiré profit » de l’impact des documents diplomatiques américains publiés par le site internet Wikileaks.

Israël qui ressort blanchi de ces révélations, n’a rien à cacher. Israel est un pays démocratique qui joue à visage découvert et dispose surtout d’une presse libre.

Seul les chefs politiques des pays arabes, qui souvent dictateurs et ennemis farouches de la liberté, ont peur des publications des WikiLeaks. Les dictatures du Sud ne supportent pas les vérités tous nues. Leur régimes totalitaires et clientélistes sont très fragiles à supporter de t-elles révélations dont la manière par exemple de gouverner leurs pays.

Rappelant enfin que parmi les mérites de informations de WikiLeaks, elles auront des répercussions sur les relations inter-palestiniennes.

Un des leaders du Hamas, Salah Al-Bardawil, a déclaré, que les relations inter-palestiniennes seront affectées après les révélations WikiLeaks. Selon le responsable terroriste, « le fait que le Fatah était au courant de l’offensive « plomb durci » sur Gaza nécessite une enquête et une remise en question des relations avec leurs responsables ».

En effet selon les câbles diplomatiques américains le Fatah, faction modérée du président palestinien Mahmoud Abbas qui a perdu le contrôle de la bande de Gaza en 2007 au profit du Hamas, aurait était favorable à la poursuite par Israël de l’offensive menée en janvier 2009 à Gaza contre les terroristes du Hamas.

Les représentants du Fatah et de l’Autorité palestinienne ont même sollicité Israel à se débarrasser du chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal, qui se cache « courageusement » dans une luxueuse résidence à Damas !

Yasser Abed Rabbo, proche collaborateur du président Mahmoud Abbas, a même écrit une lettre à un diplomate américain au Caire , le 14 janvier 2009, rappelant ce dernier qu’ Israel a intérêt à donner la chance aux palestiniennes pour ne pas demeurer éternellement en guerre avec la bande de Gaza , en accusant le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal, d’être l’artisan de cette  » guerre  » et qu’ « il exploite le sang qui a coulé à Gaza pour couvrir son projet séparatiste à Gaza », a-t-il soutenu.

Ftouh Souhail, Tunis

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