Le nom de Gazprom, la plus grande compagnie de gaz naturel dans le monde, ne signifie pas grande chose pour le public israélien, mais le Bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères savent bien que le secteur de l’exploration de gaz d’Israël va complétement changé avec l’arrivée de cette compagnie russe.

Gazprom a décidé d’entrer dans le marché israélien. Selon un rapport, Gazprom est intéressé à acquérir une participation pouvant aller jusqu’à 50% dans l’une des compagnies de gaz à Israël privés (1).

Le groupe gazier russe Gazprom compte créer une co-entreprise chargée de la mise en valeur du plateau continental israélien, a annoncé le chef du département international du holding russe, Stanislav Tsygankov.

« Nous envisageons de créer une co-entreprise chargée de la production de gaz en Israël avec une participation de Gazprom pouvant aller jusqu’à 50% », a déclaré M.Tsygankov à l’issue de la réunion de la commission mixte russo-israélienne pour la coopération économique et commerciale.

Les hommes d’affaires israéliens ont tenu des réunions avec les dirigeants de Gazprom à Moscou et à Londres. Gazprom est intéressé à un forage au forrage du Léviathan, au large de Haifa. Les prix et le type d’accords qui seront signés avec des sociétés israéliennes sont inconnus pour le moment.

Lors de la réunion, le premier vice-premier ministre russe Viktor Zoubkov a évoqué l’expérience de Gazprom dans le domaine de prospection minière, qui pourrait être appliquée en Israël.

« Nous souhaitons continuer d’étudier les projets de développement de l’infrastructure gazière israélienne, ainsi que les possibilités de coopération en matière d’exportation du gaz israélien vers des pays tiers », a indiqué M.Zoubkov.

Suite à la publication de ces rapports, l’agence d’informations économiques Bloomberg News citant Boris Ivanov, PDG de Gazprom Exploration & Production International, on apprend qu’un accord pourrait être signer entre l’Etat Hébreu et Le groupe russe Gazprom définissant les principaux domaines de leur coopération.

Avant 2009, les réserves prouvées de gaz naturel en Israel étaient estimées à 37,34 milliards mètre cube (2). Mais en 2009, un nouveau gisement sous-marin, trois fois plus important que celui déjà en cours d’exploitation au large d’Ashdod, a été découvert. La compagnie pétrolière israélienne Delek Energy avait annoncé que les réserves gazières situées au large de Haïfa sont estimées à 110 milliards de mètres cubes. Le potentiel économique de ce gisement est évalué à 15 milliards de dollars.

En Juin 2008, Israël avait prévu de signer un accord avec le géant Gazprom. L’accord concernait des livraisons de gaz russe pour les 20-30 prochaines années. Israël avait prévu dans un premier temps d’acheter 4 milliards de mètres cubes de gaz par an à la Russie. Mais aujourd’hui la donne a changé. Compte tenu des nouvelles découvertes de gaz au large des cotes israéliennes (qui ont été rendus possibles par des technologies innovantes de forage en haute mer), c’est Gazprom qui vient en Israel pour exploiter des gisements israéliens.

Cette méga-entreprise, Gazprom, n’est pas seulement une société d’énergie énorme, elle est également une société dirigée par le gouvernement russe. Le président russe Dimitri Medvedev a dirigé la société avant de devenir chef de l’Etat.

Gazprom est le premier exploitant et le premier exportateur de gaz au monde. Depuis 2005, elle est aussi un acteur majeur sur le marché mondial du pétrole. Son nom est l’acronyme de Gazovaïa Promychlennost, soit « Industrie gazière » (3).

En 2007, c’est la plus grosse entreprise de Russie et la 3e capitalisation boursière au monde, derrière Exxon Mobil et PetroChina. En 2009, la société a contribué pour 26 % aux recettes budgétaires de l’État russe et contribuait à hauteur de 8 % au PIB (4). Elle emploie plus de 300 000 personnes (5).

Elle produit actuellement environ 93 % du gaz naturel russe, tout en contrôlant 16 % des réserves mondiales, soit environ 28 800 km 3 .La société possède notamment les gisements de l’Ourengoï et de Chtokman. Ses clients se trouvent en Europe centrale et en Europe occidentale, ainsi que dans l’ancienne URSS.

Dans le but affiché de sécuriser l’approvisionnement en gaz de l’Europe de l’Ouest en diversifiant son transit, Gazprom met en place deux grands projets de gazoduc vers l’Europe : le Nord Stream (« Flux du nord ») et le South Stream (« Flux du sud »). Ces gazoducs permettront d’éviter le transit par des pays dits « à problèmes » qui sont accusés par Gazprom de surcharger les droits de transit (Pologne) ou de voler du gaz (Ukraine).

Le projet de gazoduc Nord Stream fut lancé en 1997 par Gazprom et la compagnie finlandaise Neste (ancien Fortum) qui ont formé pour l’occasion la compagnie North Transgas Oy pour la construction et l’exploitation de ce gazoduc reliant la Russie avec le nord de l’Allemagne à travers la mer Baltique. Le gouvernement allemand s’est porté garant d’un crédit d’un milliard d’euros proposé par les banques Deutsche Bank et KfW à Gazprom pour la construction de ce gazoduc germano-russe en mer Baltique.

Pour le South Stream, une lettre d’intention de la construction de ce gazoduc a été signée en juin 2007 à Rome avec la compagnie énergétique italienne ENI .

Le 900 kilomètres en cours de construction de la section offshore de South Stream débutent par la station de compression de Bregovaya sur la côte russe de la mer Noire pour atteindre Varna en Bulgarie. De là, la route sud-ouest devrait continuer à travers la Grèce et la mer Ionienne jusqu’en Italie méridionale.

South Stream permettrait à Gazprom de contrôler les gisements gaziers de la mer Caspienne et du Kazakhstan, surtout si le gazoduc alternatif et concurrentiel Nabucco, soutenu par les États-Unis et l’Union européenne
Gazprom a fourni à l’Europe de l’Ouest 30 % de ses approvisionnements en gaz naturel en 2009. Les États baltes et la Finlande sont dépendants à 100%, l’Autriche à 55%, l’Allemagne à 37%, la France à 15%.

Ftouh Souhail, Tunis

(1) Source : Globes
(2) Source : http://www.indexmundi.com/fr/israel/gaz_naturel_reserves_prouvees.html
(3) www.gazprom.com/
(4) Gazprom affiche en 2009 des bénéfices de 21,8 milliards d’euros. Au premier semestre 2008, il voit un bond de 83 % de son bénéfice net, à 13,8 milliards d’euros
(5) En plus de ses réserves de gaz naturel, et du plus grand réseau de pipelines au monde (150 000 km), elle détient des positions dans les banques, l’assurance, les médias, la construction et l’agriculture.

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