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Shlomo Amar,
Rabbi Shlomo Amar, Israel Sephardic Chief Rabbi

Que doit-on interpréter dans cette nouvelle décoration et les honneurs les plus distingués du Roi du Maroc envers l’un des symboles du judaïsme le grand Rabbin Rav Shlomo Amar ?

L’ancien grand rabbin séfarade d’Israël, Shlomo Amar, (2003-2013) a eu droit à une distinction royale à l’occasion de la Fête du trône fin juillet 2013 en l’honneur de plusieurs personnalités marocaines et étrangères.

Ce haut dignitaire religieux, natif du Maroc en 1948, a eu le Wissam el Alaouite de classe exceptionnelle, le 30 juillet 2013 à Casablanca,

Le rabbin est un habitué du palais puisqu’il avait déjà rencontré le souverain, en août 2003, à Tanger. C’était juste quelques mois après son élection par ses paires séfarades au poste de grand rabbin d’Israël.

Dans un entretien publié par le journal électronique marocain d’information générale «L’observateur.info», , Shlomo Amar, a déclaré avoir ressenti «une immense joie et une vive émotion» à cette occasion.

«Après avoir été reçu par S.M. le Roi, que Dieu lui prête longue vie, il y a dix ans à Tanger, je souhaitais vivement revenir au Maroc et avec la haute sollicitude royale je suis comblé, d’autant plus que je suis revenu à Casablanca, ma ville natale», s’est-il félicité.

«C’est un grand jour pour moi. C’est un grand jour pour le monde juif marocain, qui reste, comme moi, profondément attaché au Maroc», a ajouté le Grand Rabbin, se disant «heureux de voir Sa Majesté le Roi conduire son pays, avec sagesse, vers le meilleur».

Il a, par ailleurs, estimé que le fait que cette distinction royale intervienne le même temps où Israël et les palestiniens empruntent à nouveau la voie du dialogue pour asseoir la paix, un processus auquel le Souverain, attaché aux valeurs de la paix et de la fraternité entre les peuples et entre les religions, n’a jamais cessé d’appeler, «représente pour moi une chose grandiose, porteuse de message, un message notamment pour la paix, chère à S.M. le Roi Mohammed VI».

«Tout comme le Souverain, nous souhaitons de tout cœur que la paix règne non seulement entre Israéliens et Palestiniens, mais dans le monde entier», a-t-il conclu.

La décoration de Shlomo Amar n’a guère suscité de réactions hostiles de la part des gardiens du temple du panarabisme et de l’islamisme, opposés à toute normalisation avec Jérusalem.

Le Maroc est l’un des rares pays musulmans à recevoir des responsables israéliens de manière amicale et sincère, en dépit de l’absence de relations diplomatiques officielles.

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Mohamed VI, un Roi qui sait apprécier le judaïsme à sa juste valeur

Lors de la Fête du trône de 2008, le grand Roi qu’est Mohamed VI  avait décoré Yehuda Lancry, ancien ambassadeur d’Israël en France de 1992 à 1995 puis député à la Knesset, de Grand officier du Wissam al-Arch ainsi que David Messas, le grand rabbin de Paris, de Grand Officier du Wissam el Alaouite.

Lors de la réception officielle donnée, le 30 juillet 2013 à Casablanca, en l’honneur de plusieurs personnalités marocaines et étrangères Sa Majesté le roi Mohammed VI, a décoré aussi Malcolm Hoenlein, figure emblématique des relations israélo-américaines.

Le grand Rabbin Rav Shlomo Amar, un riche parcours dans le judaïsme séfarade

Shlomo Moshe Amar est né au Maroc dans la ville de Casablanca. Il fit toutes ses études primaires à l’école juive Otsar Ha-Tora de cette ville, et en 1962, immigra en Israël avec ses parents.  

Il étudia ensuite dans l’Institut Tiferet Tsion de Bne Braq et dans la maison d’étude Shlomi. Parallèlement, il commença des études, pour être juge religieux, chez Rabbi Ya’akov Rosental, président du tribunal rabbinique de Haïfa.

En 1970, il fut nommé rabbin, puis chef du département de la casherout à Naharyia, et rabbin du village de Megadim (au sud de Haïfa). Il fut ordonné comme abatteur rituel et contrôleur, comme rabbin de village et comme rabbin de ville. En 1982, il fut nommé juge au tribunal rabbinique régional et remplit les fonctions de juge au tribunal rabbinique de Beer-Sheva et à celui de Petah Tiqva.

En 2002, il fut nommé Grand rabbin de la ville de Tel-Aviv Jaffa, et, en 2003, il fut élu Grand rabbin de Jérusalem (Rishon Le-Tsion) et Grand rabbin séfarade d’Israël. Il occupe ce poste en même temps que Yona Metzger, le Grand rabbin Ashkénaze d’Israël.

Dans le cadre de ses fonctions comme juge dans les tribunaux rabbiniques, Shlomo Moshe Amar traita d’un nombre de sujets halakhiques considérés comme des plus sensibles. Il fixa, entre autres, qu’il fallait convertir les Juifs éthiopiens qui avaient été contraints à changer de religion (Falashmouras), et cela, après qu’il fût allé en Éthiopie et se fût renseigné sur leur mode de vie.

Sa jurisprudence sur la question des femmes en état d’abandon fut considérée comme unique et des plus humaines. Il publia également des dizaines d’articles scientifiques et ouvrages sur les sujets de la halakha et de la science

Ses sentences sur le sujet de la science ont été rendues sur des thèmes variés, parmi lesquels ce qui concerne la casherout dans l’engraissement des oies, des définitions botaniques des cinq sortes de céréales, et même une jurisprudence pionnière dans le domaine de la technologie génétique. C’est ainsi qu’il autorisa la technologie génétique sur les plantes en faisant valoir qu’il n’était pas question d’un croisement d’espèces, ce qui aurait été opposé à la Tora.

La jurisprudence du rabbin Shlomo Moshe Amar est étudiée dans divers instituts halakhiques et scientifiques de recherche d’Israël et de l’étranger, et elle constitue une référence pour de nombreux décisionnaires et juges. Cette jurisprudence a même fait de lui l’un des décisionnaires les plus importants du judaïsme séfarade des dernières générations.

Souhail Ftouh

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