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Au moins 45 personnes, dont 28 djihadistes et 11 membres des forces de l’ordre ont été tués lundi 7 mars 2016  à la suite d’attaques djihadistes à Ben Guerdane, près de la Libye. Selon Tunis, le groupe EI cherchait à y implanter un “émirat”.

 

Il s’agit du premier attentat d’une telle ampleur en milieu urbain avec, dans un premier temps, des attaques ciblées suivies par des assauts simultanés contre des bâtiments des forces de l’ordre.

 

D’après des sources locales, l’attaque a été perpétrée par des djihadistes de l’organisation de l’État islamique qui ont été aidés par des habitants de la ville pour s’infiltrer dans des maisons afin d’abattre des militaires tunisiens. Ils ont ensuite lancé des assauts coordonnés contre les bâtiments de la sécurité

 

La communauté internationale a condamné cette attaque terroriste. Paris a exprimé toute sa solidarité au gouvernement tunisien et les États-Unis ont proposé leur aide au régime de Tunis.

 

Mais la déclaration la plus surprenante est venue d’Israëlce mardi 8 mars. Il s’agit un homme politique israélien  et ancien membre du Likoud : Silvan Shalom.

 

 

“Nous sommes profondément préoccupés et attristés par l’attaque terroriste perpétrée contre la ville de Ben Guerdane. Cette attaque sordide nous rappelle que le terrorisme et l’extrémisme violent continuent de menacer la population de la Tunisie, la région du Maghreb et nous tous. »
Né à Gabès (Tunisie), Sylvan SHALOM, fut Ministre des Affaires Étrangères de l’État d’Israël, lorsqu’il se rend en Tunisie et visite Djerba en 2005.

 

Il fut dans les deux gouvernements successifs d’Ariel Sharon, ministre des Finances de 2001 à 2003 et ministre des Affaires étrangères de 2003 à 2006.  Il fut brièvement ministre de l’Intérieur dans le quatrième gouvernement de Benyamin Netanyahu

 

Dans le quatrième gouvernement Netanyahu, il est nommé vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur à compter du 6 mai 2015. Le 20 décembre de la même année, il démissionne de ses postes de ministre et de député et quitte la vie politique.

 

 

 

La Tunisie remplace ses juifs par une nouvelle génération de terroristes 

 

 

L’État tunisien refuse aujourd’hui d’avoir des relations normales avec l’État Juif. Pourtant il fut un temps pas très lointain, durant la gouvernance de Ben Ali, où il y avait deux bureau de contact entre Tel-Aviv et à Tunis et des charters affrétés par El Al déversaient une partie des 60.000 Israéliens originaires de Tunisie, vivants en Israël.

 

La révolte tunisienne de 2010 a semé le désespoir de toute relance des liens entre les deux pays et des inquiétudes sur l’avenir de la population juive restante. La Tunisie est devenue un pays  plus haineux et antisémite avec un fort courant antisioniste.

 

Plusieurs formations politiques tunisiennes ont appelé à «criminaliser» la normalisation avec l’État d’Israël et à «mettre un terme» aux relations avec lui sur tous les plans. Et pourtant le président  fondateur Habib Bourguiba avait opté pour le modernisme et pour le pragmatisme dans son approche du conflit israélien.

 

Cependant, les Juifs tunisiens ont quitté leur pays parce qu’ils avaient estimé que la création de l’État d’Israël en 1948 les avaient rendus suspects aux yeux des dirigeants arabes qui les assimilaient tous à des sionistes alors que seule une minorité l’était à l’époque et que la majorité avait résisté aux appels des pionniers.

 

Il a fallu attendre les années 1960 pour que les Juifs quittent en masse leur pays. La Tunisie avait décidé de prendre le parti de ses «frères» arabes pour n’en tirer d’ailleurs aucun profit tangible. Elle a, au contraire, hérité d’une idéologie à forte capacité de nuisance avec ses éléments islamistes les plus néfastes et ses inconditionnels pro-Palestiniens les plus perturbateurs.

 

 

Les islamistes tunisiens avaient récupéré à leur profit la situation post-révolutionnaire  parce qu’ils voulaient faire table rase de la présence juive en Tunisie, un passé jugé honteux par eux, du temps où les Juifs occupaient une place prépondérante qui a été progressivement effacée des mémoires tunisiennes.

 

Aujourd’hui dans cette Tunisie pratiquement vidée de ses Juifs, le pays est devenu exportateur du terrorisme  avec plus de 4 000 Tunisiens qui sont partis combattre dans les rangs du groupe État islamique et au sein d’autres organisations djihadistes en Syrie et en Irak. Les responsables des services de sécurité tunisiens parlent de plus en plus du retour de ces djihadistes, qui rejoignent des groupes islamistes en Libye et franchissent clandestinement la frontière tunisienne.

 

 

Souhail Ftouh

 

 

Voir aussi notre article : Tunisie : Les juifs de Djerba vivent dans la peur d’une attaque des djihadistes

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