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Le premier ministre Stephen Harper établira un précédent en Israël, cette semaine alors qu’il deviendra le premier chef de gouvernement canadien à prendre la parole devant l’Assemblée législative israélienne.

À ce jour, aucun premier ministre canadien ne s’est adressé à la Knesset. Au cours d’une visite au Canada en juin 1989, le président israélien de l’époque, Chaim Herzog, avait pris part à une séance conjointe de la Chambre des communes et du Sénat.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, s’est dit heureux et fier d’accueillir au Parlement israélien ce «véritable et courageux ami d’Israël».

M.Edelstein a affirmé récemment que le soutien du Canada à Israël a été de tout temps inébranlable.

Celui qui a dit dans un discours récent qu’Israël “est apparu comme une lumière dans un monde plongé dans le noir” et qui a rompu les relations diplomatiques du Canada avec l’Iran en raison de son programme nucléaire controversé et de sa position ‘anti-israël’ est sur de recevoir une ovation à la Knesset.

Mais le Canada a payé le prix de sa politique pro-israélienne, qui est en totale opposition avec celle menée par ces prédécesseurs.
Lors d’un vote en octobre 2010, le Canada a perdu au profit du Portugal un siège au Conseil de sécurité de l’ONU. En réponse à ce désaveu, Harper a déclaré:

“je sais, car je porte les blessures qui en sont témoins, que la meilleure chose à faire devant la rhétorique anti-israélienne des Nations Unies ou de toute autre organisation internationale, est d’acquiescer”.

“Quel qu’en soit le coût, et aussi longtemps que je serais Premier ministre, le Canada soutiendra Israël”, a asséné Harper.

Stephen Harper, est connu pour être vigoureusement en faveur de l’Etat hébreu.

Depuis qu’Harper a pris ses fonctions en 2006, les racines de son affinité envers Israël déconcertent aussi bien les observateurs que la communauté juive canadienne.

Une histoire récente parue dans les médias canadiens a révélé que le père de Stephen Harper, Joseph, ayant lui-même vécu pendant l’époque de l’Holocauste a élevé ses trois fils en leur enseignant que le peuple juif a été persécuté pendant des siècles.

Issu d’une famille chrétienne évangélique, religion qui entretient des liens très amicaux avec Israël, Stephen Harper aurait souvent entendu son père demander à ses fils “de faire tout leur possible pour aider les juifs et l’État d’Israël à chaque fois qu’ils sont en position de le faire”.

Keith Landy, un éminent avocat de Toronto et ancien président du Congrès Juif Canadien estime que l’amitié et l’intérêt que prote Harper à Israël sont authentiques. Il n’a d’ailleurs certainement pas beaucoup à gagner de sa position pro-israélienne.

Si la majorité de communauté juive canadienne, forte de 375.000 âmes, était traditionnellement proche du parti libéral canadien mais qui est résolument pro-Israélienne a fait allégeance au parti conservateur de Stephen Harper, ce dernier a en revanche perdu le vote arabo-musulman (qui représente plus du triple du vote juif).

Ce soutien inconditionnel a soulevé forcément la question de savoir pourquoi l’État d’Israël n’a pas fait battre le pavillon canadien à Jérusalem en l’honneur du premier voyage de Stephen Harper.

Israël a orné sa capital du drapeau de la Roumanie en honneur à la visite de son président Traian Basescu, dont la visite en Israël coïncide avec celle de Harper.Il n’y aura cependant pas de feuilles d’érables à Jérusalem.

Michael Jankelowitz, ancien porte-parole de l’Agence juive pour Israël chargé des médias internationaux, a expliqué que selon le protocole les drapeaux nationaux ne sont déployés que lorsque les chefs d’États sont en visite alors que le chef d’État du Canada est la reine Elizabeth.

Souhail Ftouh

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