Sur invitation du roi Mohammed 6 des représentants du Mouvement Habad se sont réunis à Casablanca

 

Une délégation internationale composée de 50 rabbins issus du mouvement Loubavitch des Etats-Unis, du Canada, d’Israël, de France a effectué une visite officielle au Maroc à l’invitation du roi pour rendre hommage au développement communautaire et à l’amitié dont lui témoigne la famille royale.

Ce voyage officiel s’est déroulé du 13 au 15 janvier 2019 à l’occasion des célébrations du 60e anniversaire de l’implantation au Maroc du mouvement Loubavitch qui y a créé des dizaines d’institutions éducatives, communautaires et sociales au service de la communauté juive marocaine.

La ville de Casablanca accueille 15 synagogues, 2 centres communautaires, 2 réseaux scolaires, où certains établissements admettent 30% parmi la communauté musulmane.

Une délégation internationale composée de 50 Grands Rabbins et dirigeants communautaires effectue une visite officielle au Maroc à l’invitation du Roi

L’événement central s’est déroulé le dimanche 13 janvier à Casablanca sous le haut patronage et en présence de Mr Berdugo, secrétaire général du conseil des communautés israélites du Maroc.

« À cette occasion, un vibrant hommage a été rendu à l’action exemplaire du Rav Chalom Edelman, ainsi que des Rabanim Chlomo Matusof et Yehouda Leïb Raskin et leurs familles, émissaires du Rabbi de Loubavitch au Maroc depuis plus de 60 ans » détaille un communiqué.

« Alors que les communautés juives d’Europe et d’ailleurs font face à la résurgence d’actes terrorises et antisémites violents, en particulier en France, rappelle l’organisation, cet événement vient saluer la stabilité politique et sécuritaire des juifs du Maroc, grâce l’action déterminante de Sa Majesté le Roi Mohamed VI et de son gouvernement ».

En Novembre 2018, 250 Juifs originaires du Maroc se sont réunis à Marrakesh pour discuter identité et lien entre Marocains de l’étranger et leur pays d’extraction, lors d’une rencontre organisée par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME).Des enseignants, universitaires, leaders d’opinions et du monde des affaires, journalistes, chercheurs ou encore artistes ont participé à diverses activités et conférences.

Au Maroc, comme dans de nombreux pays arabes, l’opinion publique se montre parfois hostile à Israël, et repousse la normalisation des relations diplomatiques entre les deux pays. Au Maroc des partis politiques et mouvements pro-palestiniens locaux luttent sans succès pour contrecarrer les intenses échanges économiques entre le Maroc et Israël.

Affirmation d’une composante juive

Le judaïsme est toujours présent au sein de la société marocaine. Sa visibilité, grâce notamment au soutien des autorités, semble même accrue.

La singularité du Maroc quant à sa composante juive est multiple. En premier lieu, le Maroc est le seul Etat musulman à affirmer dans sa constitution, c’est-à-dire sa loi fondamentale produisant des effets de droit, l’apport de la composante hébraïque à sa civilisation.

De plus, le Maroc se distingue par la volonté de ses autorités d’allouer des fonds publics non seulement pour mettre en valeur le patrimoine du judaïsme marocain, mais aussi pour engager d’une façon inédite le dialogue des religions, sous l’ombre bienveillante du drapeau marocain.

De fait, le gouvernement marocain finance une association afin de permettre à des descendants de juifs marocains (donc des Marocains à part entière sur le plan juridique) de visiter le Maroc dans le but de leur faire découvrir non seulement le patrimoine juif marocain, mais surtout de faire la rencontre du Maroc moderne (officiels, étudiants, universitaires, etc.).

Le nombre de juifs marocains résidents dans le Royaume est aujourd’hui évalué à environ 3000 personnes – essentiellement à Casablanca et avec une présence sporadique à Rabat, Essaouira et Marrakech.

André Azoulay, conseiller du Roi Mohammed VI et originaire de la cité des Alizés, a placé l’art et la culture comme outil principal de développement de la ville de Essaouira. Celui-ci, au travers de l’association Essaouira-Mogador, a mis en place une politique de développement basée sur le patrimoine culturel et artistique de la ville afin de promouvoir le métissage des cultures et des religions.

Au cours de ce festival, ponctué de concerts et de colloques sur l’héritage commun judéo-musulman au Maroc, les organisateurs souhaitent la bienvenue aux nombreux festivaliers israéliens d’origine marocaine en hébreu. Tout un symbole. Lieu unique de rencontre et d’amitié judéo-musulmane. Le festival des Andalousies Atlantiques se tenant depuis 15 ans à Essaouira offrea, par exemple, un moment de partage et de fraternité aux participants, loin des querelles habituelles venues d’ailleurs qui ponctuent trop fréquemment les relations judéo-musulmanes

Au-delà de la réhabilitation des cimetières et de certaines synagogues à travers tout le Royaume, ainsi que la création (en cours) de divers musées dédiés au judaïsme marocain, on peut affirmer que le Juif Marocain est – toujours – chez lui au Maroc. La figure du Juif est non seulement présente dans l’inconscient collectif, mais il semble aussi que l’on assiste, toutes proportions gardées, à une forme de renouveau du fait juif au Maroc.

La communauté juive marocaine est la plus nombreuse de toutes les communautés juives des pays arabes. Cette dernière a fait le choix de la marocanité, quand feu Mohammed V lui a accordé la pleine la citoyenneté. Une question cruciale lorsque l’on sait qu’Israël compte aujourd’hui environ 800 000 citoyens originaires du Maroc, et qu’il existe d’importantes communautés juives en France, au Canada et aux Etats-Unis.

Souhail Ftouh