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La 16e édition du festival de flamenco de Tel-Aviv a ouvert ses portes ce jeudi 24 mars au centre Suzanne Dellal de Tel-Aviv*, pour 18 jours de spectacles et ateliers destinés aux grands mais aussi aux plus petits.

L’art du flamenco en Israel s’est développé sur la base d’un folklore populaire issu des diverses cultures qui s’épanouirent au long des siècles en Andalousie, notamment l’arabe.

Le flamenco, selon certains auteurs, trouverait son origine dans trois cultures : arabo-musulmane, juive et andalouse chrétienne.Vers le milieu du XVIIIe siècle, le flamenco se popularise, jusqu’à devenir la forme d’expression artistique majeure de tout un peuple.

Le flamenco a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO le 16 novembre 2010. Cette distinction obtenue sur proposition de l’Andalousie, de la Catalogne, de la Murcie et de l’Estrémadure, vient récompenser un art ancestral, fusion du chant, de la danse et de l’accompagnement musical.

De nos jours, pour ce qui est de l’enseignement, des écoles prestigieuses, des académies – Jerez, Séville, Grenade entre autres – offrent à cette musique exceptionnelle.

En Israel plusieurs écoles enseignent la discipline dansée, de l’initiation des plus jeunes aux techniques les plus avancées. On y apprend les premiers « compas » (rythmes) à quatre, six ou douze temps, les claquements des mains, et les premiers « zapateos » (martèlement rythmique des chaussures sur le sol), à travers les Sévillanes, dansées à deux dans les ferias andalouses, l’Alegria, la Solea, les Bulerias, Fandangos, Caracoles …

Danse de séduction, le flamenco exprime tous les genres du sentiment humain et tous les caprices de la destinée, de la joie à la tristesse, de l’allégresse à la colère, de la peur à la souffrance, de l’union charnelle à la tragédie et à la mort. De fait, il témoigne de l’histoire des peuples duquel il est issu, combattus, pourchassés et persécutés par l’église catholique espagnole.

La musique flamenca est quant à elle influencée aujourd’hui par d’autres rythmes, latino-américains, jazz, africains, et musiques électroniques. Jamais elle n’a été écrite, et de fait, de nombreux guitaristes accompagnent chanteurs et danseurs « à l’oreille ». La danse flamenca est marquée par des démonstrations intenses et soutenues en rythme, mais entrecoupées de nombreuses pauses. Surtout, il n’est pas question d’évoluer dans un vaste espace, mais de savoir danser sur une surface très réduite.

La gent féminine apprécie aussi de revêtir la panoplie de la véritable flamenca : une jupe ou robe longue unie ou souvent à pois, parfois gansée de rubans satinés, à un ou plusieurs volants qui s’épanouiront dans les tours, des caracos de couleur, des châles brodés noués autour de la taille, des mantilles, des parures pour les cheveux, peignes ou fleurs, des éventails, des boucles d’oreilles, et surtout, des chaussures cloutées à la pointe et au talon, vendues dans les magasins spécialisés ou sur le net, et souvent réalisées à la main par de véritables artisans.

Défenseur de la culture espagnole, et tout particulièrement de la danse, la Fondation Karen Adi organise les Journées du flamenco annuelles au centre Suzanne Dellal* de Tel Aviv. Considéré par certains comme la danse la plus passionnée au monde, le flamenco est célébré lors de ces Journées à travers de nombreux concerts et ateliers.

Ftouh Souhail

*Suzanne Dellal Centre, 5 Yechiely Street, 94156, Tel Aviv, Israël
Adi Foundation Website (http://www.keren-adi.org)

Suzanne Dellal Centre Tel Aviv, Israël

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