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La Maison de Culture Ibn Rachik à Tunis (1) a accueilli ce samedi 4 juin 2011, toujours au nom de « la défense des Palestiniens opprimés », un événement anti-israélien qui voit dans le boycott et la guerre la seule solution pour “régler le problème” au Proche Orient.

Ce colloque organisé par le “Comité populaire pour le soutien du peuple palestinien et de la lutte contre la normalisation avec l’ennemi sioniste ” se veut une occasion propice pour voir « Comment faire échouer les efforts d’Israël dans son combat diplomatique pour obtenir des liens avec les pays arabes ».

« Nous avons besoin d’unifier nos efforts pour résister à la normalisation avec Israël » explique le syndicaliste tunisien Ahmad El Kahlawy.

« Israël doit savoir que tous les Arabes sont contre lui. Notre rôle en tant que militants est de souligner l’importance de la lutte contre Israël et son ordre du jour dans la région », a-t-il ajouté.

Les participants ont chaleureusement accueilli les grandes manifestations de la commémoration palestinienne de la Nakba du 15 mai dernier. Ils ont vu dans l’irruption sur le territoire israélien « une nouvelle impulsion à la lutte palestinienne pour l’autodétermination, la justice et le retour des réfugiés expulsés ethniquement par les milices sionistes puis par Israël pendant la Nakba en 1948. »

En présence d’une foule de journalistes, et de personnalités politiques, sans oublier la présence du mouvement islamique d’Ennahda des dizaines de militants ont affirmé que ce printemps arabe inspire maintenant « la voie de la résistance et de l’opposition à Israel ».

Les participants à cette réunion ont scandé des slogans appelant à la libération de la Palestine et à l’unité des peuples arabes.

Ils ont estimé que la Tunisie rejette tous les projets de normalisation avec l’ennemi sioniste.

“La Tunisie ne sera pas un terrain de normalisation avec l’ennemi sioniste”, a souligné Ahmed Kahlaoui, du comité nationale de soutien à la résistance et de lutte contre la normalisation avec l’ennemi sioniste (2).

Il a ajouté que le colloque se tient dans une conjoncture caractérisée par une grave escalade des violations israéliennes des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens, soulignant qu’il est temps de dénoncer ces actes barbares contre le peuple palestinien.

Ahmed Kahlaoui annonce même que la Tunisie participera à « la flottille de la liberté II », composée de 14 bateaux devant transporter près de mille personnes issues de plusieurs pays d’Europe, de cinq pays d’Amérique latine, des États-Unis d’Amérique ainsi que de pays asiatiques.

L’orateur a évoqué qu’une dizaine de Tunisiens prendront part dans cette expédition vers Gaza « en hommage à la Révolution populaire pour la liberté et la dignité et en consolidation du soutien incessant de la Tunsie à la lutte du peuple palestinien. »

Pour sa part, M. Féthi Tlili, président de l’Union des travailleurs tunisiens à l’étranger, a souligné que l’objectif escompté à travers l’organisation de cette flottille est d’adresser un message au monde sur l’impératif de lever les « injustices subies par le peuple palestinien ».

M. Tlili a expliqué que cette initiative vise à lever « le blocus imposé à la bande de Gaza depuis 2006, à renforcer le respect du Droit international et à répondre aux besoins de la population de Gaza qui compte un million et 500 mille habitants. »

Le drame, c’est que la situation humanitaire dans la bande de Gaza est milles fois meilleure que celle des 400 mille personnes qui ne trouvent pas de quoi manger en Tunnisie et qui sont plongés dans « la pauvreté extrême ».

Seon l’Institut supérieur des statistiques (INS) la pauvreté en Tunisie englobe 185 mille familles dont les revenus ne dépassent pas les 400 dinars par mois (200 euros). Le taux de pauvreté dans le pays est estimé à 24,7 % selon le chiffre annoncé la semaine dernière, ce qui est l’équivalent d’environ 2,5 millions de pauvres en Tunisie.

La vérité est essentielle et doit être dite malgré la pensée unique. La Situation humanitaire en Tunisie est bien pire que celle de Gaza. Ceux qui sont réellement en “crise humanitaire” actuellement, ce sont ces pauvres familles tunisiennes qui représentent près d’un quart de la population qui vit sous le seuil de pauvreté, sans parler des 700 000 personnes qui sont au chômage, dont une majorité de jeunes !

Autre indicateur qui montre que ces propagandistes pro-palestiniens ne sont pas conscients de la situation dans leur propre pays, qui est bien pire que celle de Gaza, c’est le problème de la mortalité au moment de l’accouchement et au cours de la grossesse (3) qui arrive au Nord-Ouest du pays à 67 décès pour 100 mille naissances vivantes (NV) selon des données de l’enquête nationale sur la mortalité maternelle menée, en 2010 (4).

En cause bien-sure la défaillance du système de santé publique, l’absence de la qualité des soins aux femmes, l’insuffisance des ressources humaines et de l’infrastructure des soins.

Dans certaines régions comme le Sud-Ouest du pays et le Centre-Est, les principaux besoins médicaux sont inexistantes et les hôpitaux sont incapables de prendre en charge les patients atteints de maladies chroniques ou les femmes enceintes. À Sidi Bouzid, qui est l’une des plus pauvres régions, du pays le manque de matériel médical empêche certains hôpitaux de fournir des soins vitaux d’urgence.Ici on doit se faire brûlé pour être entendue !

Quant au chaumage, c’est un cauchemar à la mode tunisienne. L’absence de perspectives de la jeunesse tunisienne, massivement touchée par ce fléau (46% des jeunes actifs n’ont pas un emploi) a poussé le mois dernier entre 200 et 270 jeunes à disparaitre au large des côtes tunisiennes alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Italie à bord de trois embarcations qui ont fait naufrage.

En fait, la question qui habite tous les esprits, particulièrement ceux du gouvernement et de la classe politique en général, est de savoir si la Tunisie post-révolte veut aujourd’hui trouver des vraies solutions pour le futur de ces jeunes et réduire aussi les disparités régionales ?

La Tunisie n’a-t-elle rien d’autre à faire que de statuer sur la disparition d’Israel, alors qu’elle n’a pas encore réglé ses propres problèmes ? C’est vraiment triste pour nous.

Tout indique que la militance pro-palestinienne en Tunisie n’a rien à présenter pour son pays. Les discours idéologique parfaitement structuré qui prétendent manipuler la réalité à des fins politiques, en l’espèce, anti-juives, veulent occulter les vrais problèmes qui ont plongé le pays dans une crise économique sérieuse.

Perçue comme une cause révolutionnaire par tous les fanatiques, la cause palestinienne alimenterait une idéologie qui emploie même le terrorisme intellectuel. Apparemment, de nombreux faiseurs d’opinions (enseignants, journalistes…) et des propagandistes (à gauche et à droite) ont d’ores et déjà fait leur choix : La guerre contre Israel d’abord, et les problèmes en Tunisie viennent en second.

Ftouh Souhail , Tunis

Shabbat Shalom à Tous

(1) Située au centre de la Ville de Tunis, cette Maison de Culture qui porte le nom d’Ibn Rachik Al Kaïrawani, philosophe arabe, est équipée d’un amphithéâtre qui accueille tout au long de la saison culturelle des spectacles de professionnels et surtout d’amateurs

(2) Cette ONG traque les personnalités «normalisationnistes» de tous bords, tels qu’appartenant à des milieux juridiques, académiques, artistiques, culturels ou autres. Une activité médiatique implacable anime les militants extrémistes appartenant à cette association qui regroupe des personnalités convaincues de la disparition d’Israel, toujours au nom de « la défense des Palestiniens opprimés ».

(3) Le taux de mortalité maternelle permet d’évaluer le nombre de décès enregistrés chez les femmes entre la conception et le 40e jour de l’accouchement, en dehors de tous autres accidents ou causes fortuites. Il illustre le niveau de développement de la santé dans le pays et la qualité d’organisation de son système de soins.

(4) voir Tunisie: Réduction des disparités régionales en matière de Mortalité maternelle, article du 03/06/2011.

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