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Tourisme---Tunisie

La nouvelle ministre du Tourisme en Tunisie, Amel Krbul, affronte une virulente campagne de dénigrement, notamment sur les réseaux sociaux en Tunisie.

A peine quelques jours seulement après sa nomination dans le gouvernement Mehdi Jomaâ (5ème gouvernement post-14 janvier 2011), plusieurs documents et séquences vidéo ont circulé sur les réseaux sociaux sur sa supposée « collaboration avec Israël » et ce, dans le cadre de ses anciennes activités.

Une ministre d’envergure internationale

Amel Krbul est docteur en coaching et mentoring de l’University of Oxford Brookes, en Grande-Bretagne. Elle a fait des études très solides d’ingénierie en Allemagne, poursuivies dans d’autres domaines aux États-Unis (Boston) et en Angleterre (Oxford).

Elle vient surtout du monde de l’entreprise, ayant été chargée de recherche & développement chez Daimler –Benz avant de se lancer dans le conseil chez Boston Consulting Group. Puis elle fait une carrière de cinq ans au sein du Consulting Group Neuwaldegg, à Vienne, l’un des plus grands think-tank, qui inspire les grands penseurs américains du management.

Elle travaille comme consultant international en développement organisationnel et coach expérimentée dans la mise à niveau du Leadership, la mise en place de stratégies de changement et la conception de politiques innovatrices et optimisation du travail d’équipe. Mme Amel Krbul a également collaboré avec des organismes et sociétés multinationaux et dirigé des ateliers de travail dans plusieurs pays.

Fondatrice et PDG de l’entreprise Change, Leadership & Partners, la liste de ses « clients » est impressionnante. Krbul a été sollicitée par des firmes aussi prestigieuses que Deutsch Telekom, Lufthansa, Microsoft, Dupont, SAP, Villeroy & Boch, mais aussi par le système des Nations Unies (PAM, UNHCR…) et des ONG (Médecins Sans Frontières…). Depuis 2013, elle est ambassadeur d’intérêt pour la firme allemande BMW.

Avec ses 10.000 heures de coaching, Krbul est une spécialiste des approches systémiques, du leadership du changement au niveau organisationnel. Son travail met l’accent sur l’articulation des personnes et les processus d’atteinte des résultats organisationnels. Elle supervise des entreprises spécialisées, en particulier dans le domaine des stratégies de gestion. Le tout, ponctué de longs séjours en Afrique du Sud, en Inde, au Brésil, en Suède et autres contrées de la planète. Il faut dire aussi qu’elle a une parfaite maîtrise de quatre langues, l’allemand et l’anglais, en plus de l’arabe et du français (outre sa bonne connaissance du grec et de l’espagnol).

Évidement quand on devient consultante en matière de stratégie au «Boston Consulting Group», il est évident qu’on ne peut refuser de visites en Israël ou ailleurs. Ses visites en Israël se limitaient à prendre part dans des ateliers dans son domaine et la participation dans des événements de réseau pour échanger des connaissances avec des experts du département de la coopération internationale du Galilee Institute .

Femme dynamique, dans l’air du temps, elle a travaillé avec des multinationales (Mercedes, Lufthansa…) dans divers secteurs et a beaucoup voyagé. La jeune femme a beaucoup vécu à l’étranger bien qu’elle soit née et ait été élevée à Djerba en Tunisie. Elle fait du yoga, aime danser et est devenue végétarienne en mars 2012. Dans sa dernière vidéo elle évoque le «leading» pendant les temps incertains

Une ministre sous le feu des antisionistes

Dès que son nom est confirmé sur la liste des ministres, son CV commence à circuler sur les réseaux sociaux où l’on passe au peigne fin son blog personnel (www.karboul.com) ou son compte twitter:https://twitter.com/amelkarboul.

On peut ajouter à cela que la page Facebook officielle du parti islamiste d’Ennahdha a publié des extraits du CV du nouveau ministre, faisant référence au fait qu’elle avait pris part à quelques conférences en Israël.

Un député antisionste de l’Assemblée nationale constituante, Mourad Amdouni, a déclaré lors de la séance plénière de dimanche 26 janvier 2014, qu’une « ministre connue pour sa collaboration avec Israël, fera partie du gouvernement de Mehdi Jomâa”.

Mongi Rahoui, l’un des députés les plus panarabistes, les plus radicaux, souvent vulgaire et virulent envers ses collègues, a considéré cette nomination comme « un acte de normalisation avec Israël ». Il a promis de ne pas voter la confiance pour ce gouvernent. Ce député est aussi membre du groupe qui a conduit l’initiative « anti-normalisation » et qui, finalement, n’est pas parvenu à introduire une mention spéciale, dans la nouvelle Constitution tunisienne, incriminant toute normalisation avec l’État Juif.

Amel Krbul mentionne clairement dans son blog personnel qu’elle a travaillé partout sur la planète et qu’elle a des contacts dans le monder entier. Elle mentionne, en autres qu’elle avait animé des ateliers de développement organisationnel en Israël comme en Europe de l’Est et l’Europe de l’Ouest, au Brésil en Inde, Australie, aux États-Unis, en Afrique du Sud et du Nord.

Israël dispose d’ailleurs d’un prestigieux institut de management ”Galilee International Management Institute” (GIMI) qui a pour mission de réduire l’écart entre les pays en transition comme la Tunisie et les pays développés grâce à l’éducation et grâce à ses programmes de renforcement des capacités. L’Institut encourage également les programmes réunissant des dirigeants israéliens et palestiniens (et dirigeants d’autres pays du Proche-Orient). ”

« Nous sommes convaincus qu’à l’ère de la mondialisation, le pouvoir de l’éducation et l’échange d’idées sont les clés de la collaboration sociale et économique entre les peuples. À cette fin, l’Institut s’efforce de promouvoir la coopération sur les deux niveaux, mondial et régional ( …) Nous sommes convaincus que la paix doit reposer sur les relations humaines et pas seulement sur les accords signés entre gouvernements (…) Une bonne gestion et un bon leadership sont les secrets qui permettent à un pays de décoller » dit le Dr. Joseph Shevel, le Président de l’Institut. (3)

La Tunisie doit être fière d’avoir une jeune ministre de ce calibre qui dirige à partir de Cologne, en Allemagne, l’un des plus grands cabinets internationaux spécialisés en changement et leadership et qui a des relations professionnelles solides et des partenariats internationaux. Mais les obsessionnels anti-sionistes et anti-israéliens en Tunisie, avec leur bassesse d’esprit habituelle, ne s’intéressent qu’au seul fait qu’elle a visité l’État Juif !

Enfin, c’est pour la première fois qu’une femme occupe le poste de ministre du Tourisme dans ce pays arabo-musulman, et c’est l’une des deux seules femmes ministres du nouveau gouvernement.

Souhail Ftouh

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