Tunisie: Il y a 34 ans, Israël bombardait les terroristes de l’OLP à Hammam Chott

 

Il y a 34 ans jour pour jour, 50 terroristes Palestiniens tombaient sous des bombes israéliennes à Hammam Chott, près de la capital Tunis.

Le 1er octobre 1985 au matin, plusieurs avions de chasse israéliens, accompagnés de deux Boeings 707 chargés du ravitaillement, décollent d’une base aérienne en Israël.

Quelques heures et plus de 2.000 kilomètres plus tard, les appareils pénètrent dans l’espace aérien tunisien sans rencontrer de résistance. Ils procèdent directement à leur mission, baptisée “Opération jambe de bois”: le bombardement du quartier général de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), situé à Hammam Chott depuis son déplacement du Liban en 1982 suite à l’invasion israélienne.

Malheureusement le chef terroriste, Yasser Arafat assiste au même moment aux funérailles du ministre tunisien de la Défense de l’époque, Abdallah Farhat, échappant ainsi à la mort.

Les pertes sont cependant de taille pour le groupe terroriste palestinien: 50 morts, plus d’une centaine de blessés et plusieurs dégâts matériels.

Les habitants de la ville racontent avoir entendu une grosse explosion puis quatre autres, de moindre ampleur. Les sirènes hurlent à Hammam Chott tandis que des victimes sont transférées à l’hôpital. Des trois villas en bord de mer qui servaient de quartier général à l’OLP, il ne reste plus que des ruines.

Des morceaux d’acier tordu et des blocs de béton ont été propulsés à des centaines de mètres par les explosions, raconte le Los Angeles Times le jour-même.

Israël indique qu’il s’agit de représailles après l’assassinat de trois Israéliens à Larnaca (Chypre), attribué à des militants pro-palestiniens.

Cette frappe aérienne du 1er octobre 1985 est une réaction contre la Force 17 palestinienne, responsable de l’attaque terroriste du “Larnaca” et la mort de trois Israéliens.

L’un des principaux enjeux, suite à l’attaque, était la position des Etats-Unis, allié fidèle de la Tunisie dans sa lutte pour l’indépendance. Habib Bourguiba, qui avait toujours œuvré pour un rapprochement avec la superpuissance américaine, se sentit trahi par son allié, qu’il soupçonnait d’avoir été mis dans la confidence de l’attaque et de l’avoir approuvée.

La première réaction de l’administration Reagan fut de qualifier l’attaque israélienne de “réponse légitime au terrorisme”. Bourguiba fit alors part de sa “grande stupéfaction” puis convoqua l’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie pour le menacer d’une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays si Washington opposait son veto à la résolution des Nations unies sur l’attaque.

Ce jour là, Mr Béji Caied Essebsi, alors ministres des Affaires Étrangères, défia les Etats Unis et Israël devant le Conseil de Sécurité et ce, suite au bombardement du Quartier Général de l’Organisation de Libération de la Palestine, à Hammam Chott. Durant 3 jours, les 2, 3 et 4 octobre 1985, Mr Essebsi, ne lâcha rien devant Mr Benyamin Netanyahu, alors représentant permanent d’Israël auprès de l’ONU. La résolution condamnant Israël est votée à une large majorité et Les Etats-Unis décidèrent finalement de s’abstenir lors du vote !

Je crois que ce n’est plus un secret. Nous avions décidé de rompre les relations diplomatiques. Nous l’aurions fait si les Etats-Unis ne s’étaient pas abstenus“, affirma Mahmoud Mestiri, le secrétaire tunisien d’Etat aux Affaires étrangères de l’époque.

La résolution onusienne du 4 octobre 1985 condamne l’attaque israélienne sur le territoire tunisien comme une violation flagrante de la Charte des Nations unies et accorde à la Tunisie le droit de demander des réparations.

Tunis peut considérer l’abstention américaine comme une victoire diplomatique. Mais la partie de la résolution relative aux réparations matérielles reste, jusqu’à aujourd’hui, lettre morte.

Le bombardement de Hammam Chott fut une attaque réussite au niveau opérationnelle et politique qui démontrait que Tsahal est capable de poursuive les terroristes palestiniens partout dans le monde.

Un escadron d’avions israéliens,volant à basse altitude, a déployé des ballons aériens en prévision des réactions de la défense anti-aérienne au sol, puis a effectué une descente au quartier général palestinien à Hammam al-Shat. Le reste des cibles est détruit, avant que l’escadron d’avions israéliens part rapidement en direction de la mer.

Tsahal a utilisé des bombes à vide dans son raid et lorsque ces bombes explosent, elles provoques un déséquilibre très important dans l’équilibre de la structure aérodynamique et magnétique de l’espace. Il s’agit en fait de munitions à implosion ou thermobariques.

Les bombes thermobariques, disons larguées d’un avion, comportent plusieurs réservoirs remplis d’un mélange explosif, à base d’hydrocarbures volatils par exemple. Lorsque la bombe frappe sa cible, ou éclate à une dizaine de mètres de sa surface, elle libère la mixture qui, au contact de l’oxygène de l’air, forme un mélange détonnant très puissant – un nuage d’une vingtaine de mètres de diamètre et de trois mètres d’épaisseur – qui explose 100 à 140 millisecondes après avoir été libéré. L’explosion s’accompagne d’une onde de choc qui se propage à la vitesse supersonique de 3 km/s, créant une surpression pouvant atteindre 30 kg/cm2.L’effet de choc serait alors bien puissant.

Bourguiba a cherché à se suicider

Quand les bombardiers israéliens ont attaqué le camp terroriste palestinien à Hammam-Chott le 1er octobre 1985, ils ont fait leur passage furtif du côté du Palais présidentiel de Carthage, alors que Bourguiba se prélassait dans sa véranda sur le méditerranée.

Bourguiba n’aurait jamais pensé, un instant, que les Américains, ses amis, auraient pu laisser perpétrer ce attaque sur le sol tunisien un pays foncièrement ami de l’Occident.

Après cette attaque de l’armée de la défense israélienne, «Si Lahbib» comme le nomme les tunisiens est resté plus de trois jours sous le choc émotionnel. Il ne parla à personne et ne prit contact avec aucun membre de son entourage à telle enseigne que son médecin personnel a craint pour sa santé, surtout face à son silence «hermétique».

Quelques mois plus tard, lors de la réunion des ministres des A.E arabes à Tunis, le Raïs a pris son courage à deux mains et alla les trouver en personne au siège de la Ligue Arabe. Il demanda aux ministres arabes présents de concevoir une position commune face au comportement “agressif US à Hammam-Chott”.

Et il a été jusqu’à réclamer de condamner le comportement “inamical” de Washington d’autant plus que l’US Air Force aurait participé à ce raid en soutenant, logistiquement, les avions de combat de Tsahal pour atteindre la Tunisie et cela en les ravitaillant en l’air.

Par crainte des Américains, les ministres arabes s’enfuirent tous et quittèrent la réunion de la Ligue Arabe.

«Si Lahbib», de plus en plus déçu, décida, alors, de se rendre en personne aux Etats-Unis et de parler de visu de l’attaque aux décideurs américains.

A l’aéroport, il ne trouva personne pour le recevoir et il a dû loger, à l’époque, chez notre ambassadeur, Habib Ben Yahia. Une humiliation supplémentaire que notre raïs ne put supporter davantage.

Au matin du troisième jour, il demanda à son ambassadeur – qui n’en revenait pas – d’aller lui acheter un revolver. «Je dois me suicider ici même, en terre américaine, pour protester contre le vil comportement de la Maison-Blanche à l’encontre de mon pays, la Tunisie». Et il a fallu toute la diplomatie du monde et le doigté de son ambassadeur pour convaincre Bourguiba d’abandonner son initiative funeste.

A noter qu’à l’époque, certains fonctionnaires à l’ambassade US en Tunisie, dont l’épouse d’un officier tunisien aux blindés, ont su d’avance que quelque chose se tramait et allait immanquablement se produire contre les Palestiniens installés en Tunisie. L’épouse en question en a parlé autour d’elle…

Par ailleurs, un des héros inconnu qu’ont utilisé les israéliens pour les renseigner dans leur opération est un aide-pharmacien juif connu sous le nom de «Loulou» et ayant officine à Hammam-Lif.

Chaque jour, il effectuait une marche à pied sur la plage pour épier ce qui se passait au camp terroriste palestinien de Hammam-Chott et tenter de savoir les horaires exacts du passage de Arafat dans ce lieu.

Juste avant les bombardements, Loulou s’est évaporé…

Souhail Ftouh

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.