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Le gouvernement islamiste tunisien est dans la tourmente depuis les révélations du mercredi 26 décembre 2012 d’une courageuse journaliste tunisienne, Olfa Riah (en photo) , mettant en cause un membre du gouvernement dans une affaire de malversations et d’adultère.

Il s’agit, en effet, d’une affaire de malversations dans laquelle serait impliquée le ministre des Affaires étrangères tunisien, Rafik Abdessalem. Ce dernier est aussi l’époux de Soumaya Ghannouchi, la fille du leader du parti islamiste Ennahdha, Rached Ghannouchi.

La blogueuse a publié des factures de séjours du ministre tunisien au Sheraton Hôtel à Tunis avec sa maîtresse. Ce papier est le résultat de deux mois d’investigation. Une investigation qui révèle plusieurs affaires qui justifient aujourd’hui, selon Olfa Riahi, l’ouverture d’une enquête officielle urgente contre lui.

Elle accuse ce membre du gouvernement d’entretenir une relation extra-conjugale avec une «femme appartenant au corps paramédical d’un hôpital publique ». En plus elle l’accuse, documents à l’appui, de se faire payer des séjours personnels aux frais de son ministère et en passant d’autres factures au nom de l’ambassade de Tunisie en Éthiopie.

Elle a affirmé que « le ministre a des goûts bien prononcés pour le luxe, cela va du nom de l’établissement jusqu’au type de la chambre qu’il aurait occupée ».


La journaliste a publié les preuves des factures de séjours du ministre tunisien à l’hôtel avec sa maîtresse

En outre, la journaliste Olfa Riahi a introduit les preuves en évoquant le parcours de ce ministre « polygame » affirmant qu’il ne doit son poste de ministre des Affaires étrangères qu’au simple lien de parenté qu’il a avec Rached Ghannouchi et que ses compétences n’ont eu absolument aucun impact sur sa nomination.

Criant à la rumeur délétère qui cherche, à travers lui, à salir l’ensemble du gouvernement, Rafik Abdessalem nie tout en bloc, assurant que la femme en question n’est autre qu’une parente, quant à sa fréquentation assidue de l’hôtel Sheraton, elle s’explique, selon ses dires, par le fait qu’il n’a pas de maison personnelle, ni de logement de fonction à Tunis, et qu’il travaille souvent jusqu’à des heures indues.

Dans l’attente d’une enquête, la blogueuse Olfa Riahi semble certaine de tout ce qu’elle avance et affirme que «d’autres affaires, encore plus graves, impliquant le Ministre seront révélées prochainement». Sur son profil Twitter elle poste ironiquement « J’attends la plainte pour diffamation ».

N’en déplaise à certains, ces islamistes qui régent sur le gouvernement tunisien -et qui se présentent comme des personnes irréprochables – sont pires que le régime déchu de l’ancien Président tunisien Zine Abidine Ben Ali. L’ancien régime ne s’est jamais caché derrière la religion pour dilapider l’argent des contribuables.

En effet, les dirigeants du mouvement islamiste d’Ennahdha à l’instar de Lotfi Zitoun (conseiller politique du Chef du Gouvernement ) ou Houcine Jaziri (secrétaire d’État à l’Immigration) ou Rafik Abdesselem, avaient toujours connu les quartiers chics de Londres, Paris et du Qatar. Ces derniers portent de beaux costumes, des montres d’horlogerie suisses si possibles et fréquentent les Palaces, les hôtels Sheraton, Hilton, Intercontinental.

Il faut rappeler que Soumaya Ghannoushi, la fille du guide suprême de la Tunisie, qui est aussi la femme de ce ministre « polygame » portait aussi des montres Gucci, des lunettes de marque, des bagues en diamants, des foulards Yves St Laurent et autres objets de luxe qui valent des milliers d’ euros.

Les Tunisiens qui voient leur pays sombrer dans un marasme économique, suite à des années de corruption, se demandent aujourd’hui si le budget de l’État supporte les plaisirs et le luxe que s’offrent les islamistes.

Dans un pays civilisé, ce ministre devrait démissionner immédiatement et ne plus se montrer en public. Mais la plupart des responsables arabes n’ont pas d’honneur et ne connaissent pas les bonnes mœurs en se permettant tous les abus.

Il y a pratiquement toujours pour les hommes politiques dans les pays musulmans un sentiment d’impunité réel ou imaginaire qui donne à celui qui l’éprouve l’impression d’être au dessus des lois communes. Ce sentiment d’impunité permet tous les dépassements, de l’atteinte à la personne d’autrui à celle aux biens publics que l’on traite comme des biens de famille.

Tiens! Pourquoi ne serait-ce qu’une fois, un responsable musulman n’aurait-il pas le minimum de dignité en démissionnant à l’image des responsables politiques israéliens ? Il y a deux semaines, le ministre israélien des Affaires étrangères et vice-premier ministre, Avigdor Lieberman, a démissionné après avoir été accusé la veille d’abus de confiance. Marié et père de trois enfants, le chef d’ Israël Beytenou a quitté dignement son poste et renoncé immédiatement à son immunité parlementaire. Lui au moins, est extrêmement digne.

Par contre cela ne risque sans doute pas de se passer en Tunisie post-révolutionnaire car cet État est actuellement gouverné par des islamistes se comportant comme des voyous d’une arrogance infinie.

Ftouh Souhail

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