Un an après, la Tunisie n’a rien fait pour rendre justice à la famille du peintre juif Victor Sarfati

 

Depuis un an que la famille du regretté Victor Sarfati attend que la justice tunisienne fait son travail pour chercher et  punir les malfaiteurs antisémites qui ont saccagé le domicile, à Carthage, de cet artiste tunisien de confession juive.

Victor Sarfati, grand aquarelliste tunisien, représentant important du patrimoine culturel de la Tunisie et connu par tous les habitants de Carthage où il vivait et où il avait une maison.

Les autorités tunisiennes n’ont pas répondu à l’appel, lancé depuis janvier 2018, par la famille Sarfati.

Les malfaiteurs savaient très bien que la famille de l’artiste est rarement dans la maison depuis le décès de ce dernier. Ils savaient  aussi avant son décès à qui envoyer des lettres de menaces de mort et d’égorgement sur fond de djihad au nom de la Palestine, entre deux cambriolages, toutes agressions jamais élucidées par la police, manifestement peu concernée par la question.

Il y a tout juste un an de cela, dans la nuit du 18 Janvier 2018, leur maison de Carthage a été cambriolée une troisième fois. Les voleurs ont réussi à entrer par la porte fenêtre de la cuisine, en arrachant la grille en fer forgé.

Ils ont mis la maison à sac, emporté tout ce qu’ils pouvaient, TV, lecteurs etc. Ils ont intégralement vidé les tiroirs et armoires, systématiquement vidé toute la maison, saccagé le bureau du regretté Victor Sarfati.

Les voisins musulmans avaient pourtant appelé la police, qui est venue prendre les empreintes et une fois ce travail fini, a refermé comme elle le pouvait la porte fenêtre fracturée. Il y avait du sang partout, l’un des voleurs s’étant sans doute blessé en cassant la vitre.

Le lendemain, les voleurs sont revenus, ont à nouveau pris ce qu’ils trouvaient mais également des tableaux de Victor Sarfati.

La police tunisien, rappelée par les voisins n’a pas jugé bon de se déplacer, alors que les voleurs ont passé la nuit sur place, lumières allumées, tout à fait tranquilles.

Le jour suivant, la porte fenêtre a été réparée. Les mêmes sont revenus dans la nuit, une troisième fois, ont tout cassé à nouveau, sont entrés dans la maison, et ont lacéré des tableaux du regretté Victor Sarfati avant de repartir tranquillement, sans être inquiétés par la police que les voisins n’ont cessé d’appeler, suppliée de se déplacer, en se rendant eux-mêmes au commissariat, sans succès.

Une réponse faite par les policiers ? Nous ne sommes pas des gardiens. Alors même qu’ils savaient que les voleurs revenaient depuis trois nuits, allumaient les lumières, fumaient des cigarettes qu’ils laissaient là en partant la journée.

La porte fenêtre ayant été bétonnée, les voleurs, revenus pour la 5ème fois, ont choisi de dormir dans l’une des voitures garées dans le jardin après avoir tenté d’ouvrir l’autre, déchiré la bâche et abîmé l’ouverture d’une portière.

Encore une fois, la police est informée mais ne juge toujours pas utile de venir les cueillir, alors qu’ils dorment là pour la 5ème nuit !

Après toute une année; aujourd’hui la famille Sarfati est écœurée par cette inertie, assommée par les dégradations et vols des œuvres du peintre tunisien, par le mépris affiché par les forces de l’ordre pour cette agression infâme et répétée, abasourdie par l’impunité absolue dont jouissent ces gens, par la totale absence de protection de citoyens honnêtes par la police.

A deux pas du Palais Présidentiel, on laisse sans bouger détruire le patrimoine culturel de la Tunisie, des voisins terrorisés obligés de faire seuls le travail de la police, et des délinquants saccager une maison, tout voler, s’installer dans la maison, sans arrêter des voleurs qui reviennent tranquillement chaque nuit dans la maison alors qu’ils sont à la disposition de la police qui en est informée en temps réel !

Rien n’a été fait par le Président tunisien pour honorer l’un des représentants de la Tunisie, Victor Sarfati, au contraire, tout est fait pour que cette famille juive tourne les talons définitivement, malgré sont attachement à son pays, malgré le fait que Victor Sarfati soit enterré dans son pays, dont il a su comme personne peindre toute la beauté.

La famille Sarfati commence à se désespérer de la justice tunisienne pour avoir justice, pour que les coupables de lettres de menaces de mort, de vols, de dégradations, de squat, soient arrêtés et jugés.

Une telle négligence de la part des autorités tunisiennes devrait faire songer les quelques juifs tunisiens qui restent à envisager de quitter ce pays et faire leur Alyia avant qu’ils soit trop tard.

Souhail Ftouh