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Les élections législatives se sont ouvertes ce vendredi 2 mars 2012 en Iran, où quelque 48 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes pour choisir les 290 députés d’un Majlis qui devrait être comme les précédents dominé par les conservateurs au pouvoir. Quelque 3.400 candidats sont en lice pour ce scrutin, boycotté par les principaux mouvements de l’opposition réformatrice en protestation contre la répression sévère dont ils ont été victimes depuis la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Les Iraniens ont voté vendredi à des élections législatives qui pourraient donner lieu à un affrontement décisif entre les principales composantes du camp conservateur au pouvoir, sur fond de tensions exacerbées avec l’Occident et de menaces d’intervention militaire étrangère.

Mohamed Reza Naqdi, le chef de la milice iranienne des Bassidj, une branche de volontaires des Gardiens de la Révolution islamique, a affirmé que le 2 mars 2012, ”la nation iranienne a lancé sa bombe atomique contre les Etats-Unis et contre les ennemis du régime islamiste”, évoquant en ces termes les législatives iraniennes de ce vendredi. Lors d’une cérémonie à la mémoire de l’expert nucléaire assassiné à Téhéran, il a ajouté : ”Les activités terroristes des ennemis ne nuisent qu’à eux-mêmes. Notre peuple a montré, par l’attaque de l’ambassade américaine, sa réponse écrasante à l’Amérique et aux ennemis de la révolution islamique”.

Derriéree cette propagande habituelle du régime intégriste, un climat de répression règne dans la rue iranienne durant ces élections législatives. Des policiers et des membres des forces de sécurité étaient déployés sur certaines places du centre de Téhéran alors que des appels à manifester contre le pouvoir ont été lancés sur des sites de l’opposition, ont affirmé des résidents. La presse étrangère, n’est pas autorisée par les autorités à couvrir d’éventuelles manifestations et à vérifier ces informations.

Il y un an, une manifestation de l’opposition avait réuni des milliers de personnes protestant contre la réélection controversée du président Mahmoud Ahmadinejad en 2009. Les deux leaders de l’opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, qui avaient appelé à cette manifestation en soutien aux révoltes dans le monde arabe, ont été mis en résidence surveillée le 14 février 2011 et n’ont aucun accès au monde extérieur depuis un an.

Pour éviter un chaos postélectoral comme celui de juin 2009, le régime des mollahs a imposé de nouvelles restrictions pour l’accès à l’Internet et bloqué des services de messagerie au cours des derniers jours avant les législatives. Les autorités iraniennes ont procédés aussi à des restrictions d’accès à des sites Internet étrangers considérés comme ennemis. Une décision considérée comme un nouveau moyen de réduire les activités de l’opposition.

Le gouvernement Iranien, a adopté une nouvelle mesure selon laquelle les utilisateurs d’Internet dans les cybercafés devront donner leur nom, celui de leur père, leur numéro de téléphone, leur adresse et numéro d’identité nationale pour accéder au réseau Internet. Les cybercafés devront aussi conserver la liste de tous les sites visités par leurs clients pour une durée de six mois. Cette nouvelle loi a été instaurée en attendant la mise en service d’un réseau intranet iranien “halal” qui est en train d’être testé à travers le pays. Ces nouvelles mesures sont vraisemblablement prises en vue de “sécuriser” les élections législatives.

La répression de la liberté d’expression en Iran s’est radicalement durcie avant les élections législatives du 2 mars 2012 , a déclaré Amnesty International . Dans un nouveau rapport publié le 28 février 2012 , l’organisation de défense des droits de l’homme souligne : « Le fait de fonder un groupe social sur Internet, de constituer ou de rejoindre une ONG, ou d’exprimer son opposition au statu quo peut vous conduire en prison. Ce terrible constat met en lumière l’hypocrisie du gouvernement iranien qui s’efforce d’afficher sa solidarité avec les manifestants en Égypte, à Bahreïn et dans d’autres pays de la région. »

En 2011, l’Iran a procédé à quatre fois plus d’exécutions publiques qu’en 2010. Selon Amnesty International, les autorités cherchent ainsi à instiller la peur dans la société. Des centaines de personnes auraient été condamnées à mort en 2011, principalement pour des infractions en lien avec la législation sur les stupéfiants. En outre, l’Iran continue de mettre à mort des mineurs délinquants, lors même que c’est formellement interdit au titre du droit international.

Ftouh Souhail

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