| More

Par Paul Sheehan, Article paru dans le Sydney Morning Herald du 1er janvier 2007.
Traduit par Albert Soued pour www.nuitdorient.com ©

Préambule du traducteur

En dehors de tout préjugé et de toute idée préconçue, ce journaliste, qui doute de la possibilité de créer un état souverain arabe en Palestine et de sa viabilité, oublie de mentionner 2 causes de cet échec. Nous partageons par ailleurs les principales conclusions de son article, sous réserve des notes en fin de traduction.

En 1er lieu, aucun état arabe du Moyen Orient gouverné plus ou moins dictatorialement – et ils le sont tous – ne peut accepter une Palestine démocratique, craignant la contagion. Les Palestiniens arabes l’ont enfin compris et ont élu un gouvernement islamiste pouvant être accepté par les voisins arabes. Mais là l’Occident est réticent à l’accepter, et Israël est totalement opposé du fait que ce nouveau régime totalitaire ne reconnaît pas aux Juifs le droit d’avoir un état souverain au Moyen Orient.

Le 2ème cause est qu’une nation arabe palestinienne est virtuelle, une invention de l’Occident, cette nation se confondant sur le plan ethnique avec ses voisins arabes (Syrie, Egypte, Jordanie, Arabie et même Yémen). Il n’y a jamais eu dans l’Histoire de nation palestinienne autre que Juive, dont la renaissance en 1948 s’est faite sous le nom d’Israël.

Et malgré les efforts d’Arafat de créer cette nation arabe palestinienne, artificiellement, en lieu et place d’Israël, le résultat a été un échec cuisant, comme le reconnaît l’auteur de l’article qui suit. Les tribus arabes de la région sont incapables de former une nation homogène et unie, en dehors de la férule d’un chef autoritaire (cf Saddam Hussein en Irak ou Moubarak en Egypte ou les Al Assad en Syrie) ou de l’ombrelle d’une monarchie islamique (cf Jordanie, Arabie, émirats)

C’est pourquoi l’avenir des arabes de Gaza et de Judée-Samarie réside dans leur rattachement à 2 états voisins, l’Egypte pour ceux de Gaza et la Jordanie pour ceux de Judée-Samarie. A moins qu’ils ne se complaisent dans l’anarchie et le chaos actuel “ad vitam eternam”. Ce qui est un avenir pratiquement assuré, puisqu’il est financé et géré par l’Onu, l’Europe et les nations arabes. Elever des gens dans la haine de l’autre, les nourrir, les éduquer, les soigner, les considérer comme des réfugiés jusqu’à la nième génération, c’est “un destin merveilleux” conçu par des nations soi-disant évoluées pour des gens moins évolués, mais consentants.

Albert Soued

Trois jeunes frères, Salam 4 ans, Ahmed 7 ans et Osama, 9 ans ont été abattus à l’extérieur de leur école le matin du 11/12/06. Ils venaient d’arriver en voiture quand ces 3 enfants et leur chauffeur sont morts mitraillés de plusieurs rafales; quatre autres enfants ont été blessés à l’extérieur. C’était une tentative d’assassinat du père des enfants, Bala Ba’lousheh, qui a échoué, car il n’était pas dans le véhicule. L’homme visé est un dirigeant du Fatah, appartenant au service d’information de l’Autorité Palestinienne à Gaza. Les assaillants ont été repérés comme des hommes du Hamas, parti politique rival au pouvoir. Après la fusillade, il y eut des manifestations et dans les 48 heures, un éminent chef du Hamas a été tué en représailles.

On n’est pas loin de la guerre civile entre les 2 factions rivales qui se disputent le pouvoir. Et cette blessure ouverte fait la une des médias, partout dans le monde, bien que personne ne soit concerné par le sujet, en dehors des protagonistes.

Il faut ramener les choses à leurs dimensions réelles et laisser de côté les préjugés et les idées préconçues sur la question de la Palestine. Laissons de côté les préjugés habituels à l’égard des Juifs ou des Arabes, l’Holocauste et l’antisémitisme arabe, les espoirs et les jugements et regardons en face sur le terrain les résultats de 60 ans de conflit, sans émotion. Il n’y a aucune chance de créer un état arabe souverain et viable en Palestine, pas dans cette génération, pas dans l’avenir.

Depuis la création d’Israël en 1948, à chaque occasion offerte par l’histoire, la rhétorique arabe a pris le dessus sur le pragmatisme. Et le résultat a été l’amoindrissement effectif de la position palestinienne.

En 1948, en gros 700 000 arabes palestiniens -chiffre conteste et inexact -(1) ont écouté les recommandations de leurs frères arabes et ont fui leur maison. Résultat ? La situation des Palestiniens avant 1948 est plus enviable que celle d’aujourd’hui.

En 1967, Israël a été envahi par ses voisins arabes lors de la guerre des Six Jours. Résultat: les Arabes ont perdu le contrôle de Jérusalem-est et les Arabes de Palestine sont passés d’une juridiction souveraine arabe (Egypte pour Gaza, et Jordanie pour la Judée-Samarie) à celle d’un “occupant” Israélien (2).

En 1982, après que les Palestiniens eurent allumé les étincelles de la guerre du Liban, Israël a envahi le Liban et l’armée jordanienne a attaqué l’OLP (organisation de libération de la Palestine). Résultat ? Les Palestiniens ont été anéantis au Liban et en Jordanie et Israël a consolidé sa position en Cisjordanie.

En 1987, la 1ère intifada a commencé sous l’instigation de Yasser Arafat, et les Israéliens ont commencé à subir les attentats-suicide. Cela a duré 5 ans. Résultat ? De nouveau Israël a amélioré ses positions en Cisjordanie où des zones militaires ont été créées.

En 2000, Arafat lance la 2ème intifada en réponse aux dernières offres israéliennes de paix, suite aux accords d’Oslo. Elle dura 6 ans. Résultat ? Aujourd’hui il est impensable que les Palestiniens obtiennent ce qui leur a été offert par Ehoud Barak en 2000, Israël a encerclé Jérusalem par des implantations et a construit un mur de séparation.

En 2006, défendant la cause palestinienne, le Hezbollah libanais a provoqué Israël et déclenché une guerre, pendant que les factions du Hamas au pouvoir lançaient des roquettes et des missiles sur Israël à partir de Gaza évacué par les Israéliens. Résultat ? 175 Israélien tués par le Hezbollah et plus de 1500 Libanais tués, le Hezbollah ayant perdu son contrôle militaire sur le Liban-sud, et ses positions stratégiques (3). En Cisjordanie, la barrière de sécurité devient encore plus efficace, avec un contrôle plus contraignant, arrêtant les attentats-suicide mais empiétant sur des zones arabes. D’après Betselem, centre d’information sur les droits de l’homme, en 2006 1065 Palestiniens et 23 Israéliens ont été tués (4).

Personne n’aime la barrière de sécurité en Israël. Khaled Abou Toameh journaliste au Jerusalem Post dit “Ce mur est une tragédie, une mauvaise chose, résultat direct de l’intifada d’Arafat. Il sera le mur de lamentations pour les 2 côtés et je ne suis pas du tout optimiste!” (5)

J Carter est un critique visible de ce mur qu’il décrit ainsi dans son dernier livre “Palestine, paix sans apartheid”: “Un énorme mur de prison est en cours d’achèvement, il serpente à travers ce qui reste de Palestine, pour offrir plus de terres aux implantations israéliennes. Il est plus oppressif que ce que les Noirs ont enduré comme apartheid en Afrique du Sud” (6)

Comparez cette communauté encerclée à ce qu’elle était il y a 20 ans, avant les intifadas. La main d’oeuvre palestinienne était intégrée à l’économie israélienne, se déplaçant librement en Israël. Il y avait un système éducatif et de santé décent, les universités et les services du gouvernement fonctionnaient, la corruption était minimale, et l’espérance de vie était passée de 47 sous gestion arabe à 68! Puis vinrent le Fatah et Arafat. Abou Toameh parle du Fatah “C’est la mafia, responsable de toute l’anarchie en Cisjordanie, c’est un monstre!” Il n’en pense pas moins du Hamas, bien qu’il soit moins corrompu plus compétent et plus pragmatique. Il pense que l’Occident s’est trompé en finançant le Fatah et en lui faisant confiance; la transition vers le Hamas a aussi été mal gérée.

“Du côté musulman vis-à-vis d’Israël, le message a toujours été Non! Non! et Non! Ils citent toujours le Coran “Dieu est du côté des patients…”

Et qu’est ce que la Cisjordanie aujourd’hui? 6 villes arabes, 2 camps de réfugiés 150 villages, une série de cantons sans base économique. Et Gaza? Une horreur!”

Et Israël? Malgré toutes les guerres imposées par les pays arabes, la terreur qui dure depuis toujours et les menaces d’annihilation, et malgré les nombreuses divisions internes, Israël est devenue une nation économiquement musclée, avec plus 7 millions d’habitants et un PNB supérieur à tous ses voisins, y compris l’Arabie Saoudite. La population juive est passée de 600 000 à 5,3 millions, avec un taux de natalité supérieur à celui de l’Europe. Israël a le taux le plus élevé au monde d’ingénieurs per capita et le high tech le plus développé.

Israël ne peut pas se permettre un missile tiré sur un avion décollant de l’aéroport de Ben Gourion, un des plus modernes au monde. 60 ans de “Non!” arabe a mis fin à tout espoir d’état arabe palestinien. Ce pion a été sacrifié sur un plus large échiquier.

Notes

(1) on compte 650 000 réfugiés entre 1948 et 1967

(2) en 1948, 5 armées arabes avaient envahi aussi le nouvel état d’Israël. La Judée -Samarie fait partie de la patrie retrouvée, de la Terre d’Israël, dans le Judaïsme traditionnel.

(3) le Hezbollah a reconstitué à ce jour son potentiel militaire, grâce aux fournitures Iraniennes et à la Syrie

(4) la plupart des Palestiniens tués sont des terroristes ou leurs chefs, les Israéliens sont des victimes de la terreur

(5) la barrière de sécurité est opaque (un mur) sur un faible pourcentage de son parcours (moins de 5%)

(6) Jimmy Carter est un anti-israélien notoire, car impliqué dans des affaires dans les pays arabes

© www.nuitdorient.com par le groupe boaz,copyright autorisé sous réserve de mention du site

Tags: , , , , , , , , , , , , , ,

Comments are closed.