Une exposition sur la Shoah accueillie à l’Université d’Ouzbékistan, un pays musulman tolérant

Pour les organisateurs, c’est une initiative inédite en matière mémoire sur le Holocauste. L’exposition accueillie par l’Université nationale d’Ouzbékistan, un pays d’Asie centrale, est le fruit d’un partenariat avec l’ambassade d’Israël à Tachkent.

Le 28 janvier 2019, a débuté l’ouverture de l’exposition “Shoah – Holocauste” qui s’est tenue à l’Université Nationale d’Ouzbékistan, l’université la plus importante d’Ouzbékistan.

L’Ambassadeur D’Israël son excellence, Eduard Shapira, a visité la faculté des mathématiques de haute technologie et d’ingénierie, où il a rencontré des enseignants et des étudiants musulmans . Il s’agit du premier projet créé à L’Université Nationale d’Ouzbékistan sur le sujet de Holocauste.

C’est l’établissement d’enseignement supérieur le plus ancien du pays et la première université d’Asie centrale. Le nombre de ses étudiants est d’environ onze mille.

L’Ambassadeur d’Israël à Ouzbékistan, son excellence, Eduard Shapira.

En ouvrant l’exposition son excellence l’Ambassadeur d’Israël, Eduard Shapira, a en particulier déclaré :

en ce jour, nous devons nous souvenir du peuple d’Ouzbékistan, de son hospitalité et de son humanité à l’égard des Juifs et de tous les réfugiés au cours de la seconde guerre mondiale…Parmi les milliers de réfugiés de ces années là, la famille de ma mère, qui a toujours eu de la chaleur et de la gratitude, se souvient des années qui se sont tenues à Fergana. En dépit des différences de religion, de traditions, de la vie pauvre du peuple ouzbek pendant cette période, l’ouzbek a fait preuve d’une pleine solidarité et a étendu la main de l’aide “.

En 1941-1942, on estime que plus de 150 000 Juifs qui fuyaient les zones occupées par l’armée allemande, arrivèrent en Ouzbékistan soviétique.

L’Ouzbékistan avait donné asile au plus grand nombre de Juifs réfugiés, à peu près 500 milles personnes. La ville de Tachkent est devenue “le nouveau centre” des Juifs de Moscou. Au début de l’année 1942, on y a officiellement transféré tous les services de la communauté juive.

Plusieurs milliers de Juifs ashkénazes d’Ouzbékistan soviétique combattirent dans les rangs de l’Armée rouge pendant la guerre entre l’Union soviétique et l’Allemagne ; et plusieurs d’entre eux furent tués.

Les Tachkentois R. Lev (1918-1943) et L. Margulian (1903-1943) furent nommés « héros de l’Union soviétique », la plus haute récompense militaire. Des centaines de Juifs ashkénazes travaillaient dans les usines militaires qui avaient été transférées à Tachkent.

Faire avancer “l’amitié judéo-musulmane”

Le recteur de l’Université a souligné l’importance de cette démarche pour se rappeler de la Shoah, qui au cœur de la mission des deux parties, et du dialogue interculturel afin de lutter contre les formes de radicalité.

L’histoire que nous enseignons à nos enfants doit inclure une variété d’opinions et d’histoires. L’école doit présenter les plus grands moments de l’Humanité ainsi que les moments les plus sombres”, a déclaré Gafourdjan Israïlovitch Moukhamedov.

L’Ouzbékistan compte une communauté juive importante et bien intégrée.

Les Juifs ashkénazes d’Ouzbékistan font partie des peuples sémitiques. Ils vivent en harmonie avec les locaux musulmans, ainsi qu’avec les Arméniens et les Grecs d’Asie centrale.

Un groupe assez important des Juifs ashkénazes travaillait dans la médecine. Les éditeurs et les libraires juifs jouèrent également un rôle important dans la vie culturelle du pays. En 1915, sur les dix imprimeries du quartier russe de Tachkent, cinq d’entre elles appartenaient à des Juifs ashkénazes. Certains Juifs étaient propriétaires de divers magasins, librairies et bibliothèques.

Une importante diaspora des Juifs ashkénazes continue à vivre dans l’actuel Ouzbékistan, où elle bénéficie d’une autonomie culturelle plus grande que dans les années précédentes.

Depuis 1988, il existe à Tachkent un Centre culturel juif ; en 1990, un Centre culturel ashkénaze fut fondé en son sein. Depuis 1991, ces centres dispensent des cours d’hébreu, disposent d’une bibliothèque et d’une association de charité, et ont sept filiales représentées dans d’autres villes de l’Ouzbékistan Notons que l’objectif principal de ces deux centres consiste à fournir une assistance en vue d’un rapatriement vers Israël.

En 1991, à Tachkent, a été inauguré le Centre culturel israélien, qui est lié au réseau de ces centres existant également dans d’autres pays de l’Asie centrale. Ce Centre culturel israélien diffuse des livres, des manuels scolaires, des périodiques et du matériel vidéo, et comprend différentes sections d’instruction.

Pendant la période soviétique, comme d’ailleurs pendant la période présoviétique, l’intelligentsia scientifique et artistique constituait la couche sociale la plus importante des Juifs ashkénazes en Ouzbékistan. Les plus nombreux parmi eux étaient représentés par les musiciens, les compositeurs et les critiques musicaux. Il n’est pas sans intérêt de rappeler qu’ils ont joué un grand rôle dans la diffusion de la musique classique européenne.

Souhail Ftouh