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La justice américaine a autorisé deux Américains à poursuivre l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld pour torture pendant leur détention en Irak par l’armée américaine.

Nathan Ertell et Donald Vance avaient été arrêtés par l’armée américaine en 2006, ils auraient été victimes, prétendent-ils, de violences, de privation de sommeil et auraient eu à supporter des conditions extrêmes, notamment par des expositions répétées à des lumières ou des bruits puissants, censés perturber le rythme biologique.

Ils étaient employés d’une société de sécurité irakienne privée, la Shield Group Securit. Le FBI, qui enquêtait sur des faits de corruption et de trafic d’armes, avait obtenu leur coopération, mais à force de suppositions géniales, le FBI s’est convaincu que tous deux étaient en fait des comploteurs.

Les deux plaignants ont été arrêtés, placés au secret au camp Cropper, situé près de l’aéroport de Bagdad. Nathan Ertell a finalement été relâché six semaines plus tard, et Donald Vance au bout de trois mois, sans qu’aucune charge n’ait été retenue contre eux.

Encore une fois, Donald Rumsfeld se trouve la victime de l’usage cynique de la rhétorique du dogme des Droits de l’Homme.

Membre fondateur du think tank néoconservateur « Project for the New American Century » ancien pilote de l’US Navy, Rumsfeld est un important stratège militaire surtout dans le contexte de « la guerre anti-terroriste ».

En 2001, c’est sous les conseils de Dick Cheney, nouveau vice-président et ami que Rumsfeld est nommé à la tête du Pentagone.

Rumsfeld avait procéder à la modernisation de l’outil de défense .Il arrive avec un projet de modernisation des forces armées en misant sur les technologies de pointe. Les attentats du 11 septembre 2001 font de lui l’homme de la guerre en Afghanistan, chargé d’organiser l’offensive générale contre le terrorisme.

C’est également dans le cadre de l’après-11 septembre que l’ancien Secrétaire Américain à la Défense avait autorisé la CIA et les militaires américains à avoir recours à quelques techniques d’interrogatoire durcies après les attentats du 11 septembre 2001.

Le scandale de la torture présumé à la prison d’Abou Ghraib le met sur la sellette. Dans ce cadre, cinq plaintes pour mauvais traitements et tortures ont été déposées contre lui. Deux l’ont été en Allemagne et n’ont pas abouti, ni celles déposées en Argentine et en Suède. Une autre, déposée aux États-Unis par un groupe de prisonniers ou d’anciens prisonniers des centres de détention d’Abou Ghraib et de Guantanamo n’a pas abouti au motif que les plaignants n’étaient pas de nationalité américaine.

Le 25 octobre 2007, la dernière plainte a été déposée contre lui auprès du Parquet de Paris par quatre associations qui se réclament de la défense des Droits de l’Homme (la Fédération internationale des droits de l’homme, la Ligue française pour les droits de l’homme et du citoyen, le Center for constitutional rights, le European center for constitutional and human rights) alors qu’il était à Paris, invité d’honneur de la revue Foreign Policy, au Cercle de l’union interalliée.

Jusqu’ici aucune preuve n’a démontré que Mr Rumsfeld avait légalisé la torture par des agents américains sur des suspects de terrorisme.

Comme d’habitude les juridictions sont ici instrumentalisées à des fins politiques ou partisanes. Le terrorisme risque donc d’envoyer des hauts responsables américains et des généraux devant des tribunaux tandis que les terroristes eux sont impunis !

Ftouh Souhail

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