Washington construira sa nouvelle ambassade dans un quartier chic du sud de Jérusalem

 

L’Administration américaine aurait commencé à se mettre en quête de terrains susceptibles d’accueillir sa nouvelle ambassade à Jérusalem. Le processus de la sélection d’un site pour une ambassade américaine permanente à Jérusalem a commencé.

Les diplomates s’intéressent à des parcelles inutilisées de terres adjacentes à deux artères animées du quartier d’Arnona, un quartier chic du sud de Jérusalem situé entre les quartiers de Talpiot et de Ramat Rachel.

Le président Donald Trump a l’intention de transférer l’ambassade américaine dans un nouveau bâtiment permanent au cours de son second mandat s’il devait remporter la course à la présidentielle de 2020. Il pourrait même se rendre à Jérusalem pour la pose de la première pierre pendant sa campagne.

A cette fin, l’ambassade de Jérusalem a soumis une demande aux autorités israéliennes concernées pour « commencer à préparer le site », et même ajouter des parcelles supplémentaires pour élargir le périmètre total exigé pour bâtir un complexe d’ambassade.

De plus, les personnels de la mission explorent la possibilité d’établir un « quartier diplomatique » à Jérusalem pour les diplomates des Etats-Unis et peut-être pour d’autres pays.

Le ministère israélien des Affaires étrangères et la municipalité de Jérusalem n’ont pas fourni des informations supplémentaires.

Le 14 mai 2018, l’ambassade américaine avait ouvert dans la rue David Flusser, dans un bâtiment qui, jusqu’alors, faisait office de consulat.

« Depuis cette date… notre présence américaine à Jérusalem n’a fait que croître », a déclaré l’ambassadeur américain David Friedman dans un discours le mois dernier. « Si vous vous êtes récemment rendu à l’ambassade dans le quartier d’Arnona, à Jérusalem, vous avez dû remarquer combien le site de construction est vaste. Et d’ici l’été, il aura plus que doublé en taille ».

Situé à l’angle de l’avenue Hebron et de la rue Daniel Yanovskyle le terrain actuellement déserté a une histoire riche. A l’époque du mandat britannique, il accueillait les casernes d’Allenby – du nom du général britannique Edmund Allenby, qui y avait installé une base militaire.

Plus tard, l’Etat d’Israël y avait placé un commissariat de la police des frontières. Depuis les années 1980, les Palestiniens affirment que ces terrains leur appartiennent – au moins partiellement – et qu’il serait « inconvenant » que les Etats-Unis érigent une ambassade « sur des terres qui ont été volées ».

Les Etats unis sont propriétaires de sites dans la capitale juive, notamment à Arnona. La parcelle en question se situe à moins de 20 minutes de marche de l’actuelle ambassade, au 14 rue David Flusser.

Le 4 mars 2019, les Etats-Unis ont fusionné leur consulat qui était situé dans la rue Argon – et qui était mis à la disposition des Palestiniens – et l’ambassade. Cette dernière « inclut dorénavant 10 structures diplomatiques interconnectées », s’est vanté Friedman.

D. Trump s’est souvent enorgueilli de ce que la transformation du consulat de la rue Flusser en ambassade avait coûté au contribuable américain une somme bien moins importante que celle initialement estimée.

« On avait pensé qu’il faudrait un million, et je l’ai faite construire pour 490 000 dollars », a-t-il déclaré à un groupe d’hommes d’affaires du Minnesota, au début de l’année.

L’ambassadeur américain en Israël David Friedman à l’ambassade américaine de Jérusalem

Dans les années 1980, les responsables politiques américains, avec à leur tête le sénateur républicain Jesse Helms, avaient vivement recommandé à l’administration de reconnaître Jérusalem en tant que capitale israélienne et de déplacer l’ambassade dans la ville. En 1988, une loi avait été adoptée, demandant que deux « structures diplomatiques » soient construites à Tel Aviv et à Jérusalem.

Un accord de bail et d’achat des terres conclu avec les Etats-Unis

Dans les derniers jours de la présidence de Reagan, l’ambassadeur américain en Israël William Brown et le directeur-adjoint de l’Autorité des terres d’Israël Moshe Gatt avaient signé un accord déterminant qu’une parcelle, à Jérusalem, serait louée par les Etats-Unis sous les termes d’un bail emphytéotique de 99 ans au prix d’un dollar par an.

Les terrains en question se trouvaient dans ce qui était connu sous le nom de casernes d’Allenby, site qui accueillait la garnison de Jérusalem de l’armée britannique à l’époque du mandat.La parcelle s’étendait sur 31 250 mètres-carrés.

Ce bail constituait non seulement un changement spectaculaire dans la politique américaine – qui ne reconnaissait la souveraineté d’aucune partie sur Jérusalem avant la conclusion d’un accord de paix – mais impliquait également l’admission par l’Amérique qu’Israël était bien propriétaire des terrains.

Au mois de juin 1989, le département d’Etat avait répondu aux plaintes des Palestiniens en disant qu’il « savait que le Waqf est détenteur d’un intérêt dans une portion du site convenu à Jérusalem », mais qu’il n’avait pas été en mesure « de trouver un registre ou des données appuyant cette affirmation tout au long d’une recherche minutieuse de titre de propriété accomplie par nos soins ».

De plus, une relocalisation possible de l’ambassade ne serait prise en compte que « seulement dans le contexte d’un accord négocié de la Cisjordanie et de Gaza », avait-il continué.

En 1999, un haut responsable du département d’Etat avait reconnu que l’accord du bail avait « identifié des biens fonciers particuliers » destinés à construire une ambassade qui « pourraient être loués par les Etats-Unis au gouvernement israélien sous des conditions particulières ».

La propriété exclusive et légale des biens fonciers de la future ambassade des Etats-Unis et de la location de 1989

En 1995, la loi sur l’ambassade de Jérusalem a déjà été approuvée, appelant l’administration à reconnaître la ville en tant que capitale israélienne et à relocaliser l’ambassade là-bas.

Toutefois, la loi permettait au président de reporter l’initiative s’il estimait qu’elle s’effectuerait au détriment des intérêts sécuritaires nationaux des Etats-Unis. Depuis son adoption, tous les présidents américains — Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama — avaient signé une dispense tous les six mois, même si Bush comme Clinton avaient promis de transférer la mission américaine dans la ville sainte au cours de leurs campagnes respectives.

Le 6 décembre 2017, Trump a officiellement reconnu Jérusalem en tant que capitale d’Israël et promis d’y relocaliser l’ambassade. Il a tenu cette promesse six mois plus tard, même s’il a continué à signer la dispense jusqu’à une période récente dans la mesure où la résidence officielle de l’ambassadeur n’avait pas encore été transférée à Jérusalem – une exigence stipulée dans la loi de 1995. Mais Friedman s’est depuis installé rue Agron, et la dispense ratifiée par Trump le 7 décembre 2018 pourrait donc bien être la dernière.

 

Le consulat des Etats-Unis à Jérusalem qui a fusionné avec l’ambassade américaine en Israël dans la ville sainte

Les Etats-Unis avaient envoyé leur premier consul à Jérusalem en 1844, plus d’un siècle avant la fondation de l’Etat d’Israël. Environ 13 ans plus tard, l’administration avait établi une présence consulaire permanente dans la Vieille Ville.

La mission de la rue Agron avait été déclarée consulat général en 1928, représentant les Etats-Unis à Jérusalem (Est et Ouest), en Judée Samarie et dans la bande de Gaza en tant que « mission indépendante » – jusqu’à l’année 2018, les Etats-Unis ne reconnaissaient pas la souveraineté israélienne sur quelle que partie que ce soit de Jérusalem.

Les anciennes casernes d’Allenby, situées dans l’Etat d’Israël pré-1967 mais très proche de la Ligne verte pré-1967, peuvent être plus controversées en raison de leur statu contesté.

Souhail Ftouh