Apparu en Chine fin décembre 2019, le coronavirus n’en finit plus de gagner du terrain. Les scientifiques israéliens s’intéressent maintenant activement aux tests sérologiques. Déjà, ils préparent l’arsenal pour affronter une potentielle « deuxième vague ». Ils tentent de mettre au point des tests sérologiques rapides et fiables pour les prochains mois.

Il s’agit de tests sérologiques de vérification du taux d’oxygène dans le sang et aussi des tests d’anticorps. Ces tests sérologiques sont très importants en termes de suivi épidémiologique.

Les tests sérologiques doivent permettre de connaître la proportion de la population qui aurait rencontré le virus. Ces tests sérologiques, développés par des scientifiques israéliens sont une porte de sortie du confinement.

Développés par des dizaines de laboratoires et d’entreprises israéliennes, nombre de ces dispositifs sont encore en cours d’évaluation afin de s’assurer de leur fiabilité et éviter, notamment, qu’ils n’engendrent de faux positifs.

En identifiant les personnes immunisées contre le Covid-19, les tests sérologiques pourraient rendre possible la mise en place de stratégies progressives de déconfinement.

La clé d’un relâchement progressif des mesures de confinement pourrait bien dépendre du déploiement à large échelle d’un nouveau type de tests. Dits sérologiques, ils ont pour objectif d’identifier les personnes ayant déjà été infectées par le Covid-19 et qui seraient donc immunisées. En cas de résultat positif, ces dernières pourraient ainsi être autorisées à reprendre leurs activités sans risquer d’infecter d’autres individus.

Des tests sérologiques sur la vérification du taux d’oxygène dans le sang. En quoi consiste ce test diagnostique ? Des tests sérologiques d’anticorps. En quoi consiste ce test diagnostique ?

La vérification du taux d’oxygène dans le sang

Des chercheurs israéliens ont mis au point une première méthode efficace qui permettra de déceler la présence du virus du Corona chez des personnes qui ne présentent aucun symptôme visible.

Il s’agit d’un tournant majeur car l’un des problèmes les plus importants dans cette pandémie est la contagion par des personnes qui ne savent même pas qu’elles sont atteintes et qui de ce fait contaminent leur entourage.

Des études effectuées en Chine et en Italie ont montré que de 30% à 50% des personnes atteintes ne présentaient aucun signe de maladie.

La méthode a été mise au point par des chercheurs de la cellule « Sprint Covid19 » de l’hôpital Assouta d’Ashdod en collaboration avec la compagnie Luminati Networks Ltd. basée à Netanya. Elle est relativement simple car est basée sur la vérification du taux d’oxygène dans le sang.

Des tests effectués sur un échantillon de personnes ont permis de constater que près de 50% des personnes atteintes du Corona présentent un taux bas d’oxygène. L’un des avantages de cette méthode est qu’il existe aujourd’hui des applications de smartphones et de montres intelligentes qui permettent de calculer facilement le taux d’oxygène dans le sang.

La compagnie Luminati Networks Ltd. a déjà recensé 110 modèles de téléphones cellulaires et 165 modèles de montres intelligentes qui permettent ce genre de vérification.

Les chercheurs de l’hôpital estiment qu’une grande partie de la population pourra ainsi réaliser le test par elle-même et ils vont bientôt diffuser en Israël et dans le monde la liste des appareils téléphonique capables d’effectuer ces tests.

Myriam Bokobza, cheffe de l’équipe des chercheurs, estime que ces tests permettront de repérer des nombreux malades qui ignoraient qu’ils étaient porteurs du virus et ainsi ralentir la propagation de la maladie.

La vérification des anticorps. En quoi consiste ce test diagnostique ?

Des chercheurs israéliens planchent actuellement sur un test portatif très précis qui vous permettra de savoir si vous avez développé la COVID-19 ou êtes maintenant immunisé. Un tel outil s’avérera nécessaire,pour combattre la pandémie dans les temps qui viennent.

Les pays multiplient leurs capacités de dépistage du coronavirus qui cause la COVID-19. Les tests actuels par PCR (polymerase chain reaction, en anglais) vérifient si le virus est présent ou non dans votre corps.

On s’intéresse de plus en plus aux tests sérologiques effectués avec une goutte de sang. Ils ne détectent non pas le virus, mais les anticorps que vous produisez en réaction au virus, et qui restent dans votre organisme longtemps après l’infection. C’est crucial pour savoir si vous avez eu le virus, que vous ayez eu des symptômes ou non.

Les tests par PCR utilisés présentement vont aller chercher le code génétique du virus dans un échantillon (prélevé dans le nez). Ils vont donc identifier les gens qui sont présentement infectés et qui ont une charge virale dans leur système. Donc ces tests sont bons pour détecter le virus rapidement.

Le test par anticorps, lui, vient un peu plus tard dans le processus. Lorsque le corps commence à combattre le virus, quelques jours après l’avoir contracté, le système immunitaire va générer des anticorps, la façon justement de se débarrasser du virus.

Les anticorps, contrairement au virus, restent relativement élevés dans notre système pour une bonne période suivant l’infection, potentiellement des mois. Donc, les tests d’anticorps peuvent déterminer qui a été infecté, que ce soit tout récemment ou même depuis un certain temps.

C’est important parce qu’il y a une proportion de la population infectée, peut-être une personne sur deux, qui ne présente pas de symptômes. Et on ne sait pas trop encore quelle fraction de la population est présentement immunisée ou le sera après la première vague d’infections. Et ça, le test d’anticorps va nous permettre de le déterminer, contrairement au test par PCR.

On s’attend à ce qu’il y ait des vaccins qui soient disponibles pour la COVID-19 idéalement dans la prochaine année, ça reste à voir selon les travaux en infectiologie.

Mais pour savoir si un vaccin est efficace, il faut s’assurer que les patients ont développé les anticorps. Donc, les tests d’anticorps vont aussi servir à cet effet-là, pour voir qui on doit vacciner et si le vaccin fonctionne.

Ces tests sont importants aussi pour savoir quel est notre niveau d’exposition au risque, advenant une deuxième vague (d’infection dans la population, une fois les mesures de confinement levées), que ce soit à l’automne, ou dans quelques années.

Ça peut aussi nous aider à prévoir les campagnes de vaccination. Par exemple, Le centre dIsrael, présentement, est très impactée. Il y a donc de bonnes chances que région soit bien immunisée à la fin de cette vague, mais que, par exemple, le sud du pays ne le soit pas. Donc, si on fait une campagne de vaccination, peut-être qu’on peut prioriser les endroits qui sont plus vulnérables avant tout.

Les tests d’anticorps génériques, rapides, fonctionnent avec une bandelette sur laquelle on a une molécule (du virus) qui capte l’anticorps spécifique à la COVID-19. La bandelette va changer de couleur selon la présence ou non des anticorps dans la goutte de sang. Mais le problème des bandelettes, c’est leur sensibilité : elle n’est pas démontrée.

Notre corps développe beaucoup d’anticorps (face aux différentes infections) et chaque type d’anticorps peut avoir plusieurs pathogènes potentiels qui lui sont associés.

Il faut donc qu’on détecte vraiment les anticorps qui sont spécifiques à la COVID-19. Parce que si on détecte les anticorps de façon générale, bien, quelqu’un qui a une infection, un rhume ou un autre petit virus bénin, pourrait potentiellement être diagnostiqué positif à la COVID-19 avec ces tests-là. Ce serait un « faux positif ».

Il y a aussi des risques de « faux négatifs ». Des gens produisent beaucoup, beaucoup d’anticorps; ils vont donc se révéler positifs. Mais d’autres en produisent moins, alors ils ne seront pas détectés par le test.

Un faux positif ou un faux négatif va induire en erreur. On a besoin d’une plus grande précision, d’une plus grande certitude. C’est le type de test sérologiques d’anticorps qui va le dire ici.

Ce teste fonctionne un peu sur les mêmes bases qu’un glucomètre. Donc, on n’utilise pas une bandelette, mais une petite cartouche dans laquelle on insère l’échantillon de sang. Et par la suite, on insère la cartouche dans un lecteur qui va faire une mesure optique du taux d’anticorps.

C’est pratique, par exemple, si on veut tester des populations à un endroit précis, comme dans une ville un peu loin des grands centres. On peut le faire beaucoup plus rapidement que d’envoyer tous les échantillons à un laboratoire centralisé.

Un autre exemple : présentement, on des médecins sont mis en quarantaine parce qu’ils démontrent des symptômes. Mais ils peuvent simplement avoir été enrhumés. Toutefois, avant d’avoir le résultat du test de la COVID-19 (par PCR), ça peut prendre de 2 à 3 jours. Donc si on peut les tester sur-le-champ pour voir s’ils ont vraiment développé des anticorps contre la COVID-19, on peut savoir s’ils sont immunisés (et s’ils peuvent donc retourner au travail de façon sécuritaire).

Ce test aura un aspect plus quantitatif, et les approbations sont plus rigoureuses dans ce contexte-là. Ce dépistage permet de connaître le statut immunitaire du patient vis-à-vis du virus.

Jusqu’ici, seuls les tests diagnostiques servant à détecter la présence du génome du virus au sein d’échantillons prélevés au fond de la cavité nasale ont été massivement utilisés dans la population. Effectués à l’aide d’une prise de sang, voire parfois d’une seule goutte de sang déposée sur une bandelette, les tests sérologiques recherchent, de leur côté, la présence d’anticorps spécifiques au SRAS-CoV-2, signe que le système immunitaire a bien été exposé au virus.

Ces tests sérologiques sont très importants en termes de suivi épidémiologique

Au niveau immunologie cellulaire et moléculaire, ces tests non seulement ils permettent d’estimer quelle proportion de la population a déjà été exposée au SRAS-CoV-2, mais ils offrent également la possibilité de capter toutes les personnes asymptomatiques qui n’auraient pas été détectées par le biais des tests diagnostiques ciblant le virus. Il sera ainsi possible d’avoir une idée beaucoup plus précise de la létalité réelle liée au Covid-19.

En Israël, plusieurs laboratoires, notamment des chercheurs de la cellule « Sprint Covid19 » de l’hôpital Assouta d’Ashdod , le Professeur Ran Nir-Paz, Expert au sein de l’Unité de Microbiologie et des Maladies Infectieuses du C.H.U. Hadassah, ou encore la compagnie Luminati Networks Ltd. basée à Netanya, développent leurs propres tests sérologiques et des études épidémiologiques. 

Souhail Ftouh