Des sources expliquent que le royaume espère annoncer une décision après la signature de l’accord entre Israël et les Émirats arabes unis lors d’une cérémonie prévue à Washington DC à la fin de ce mois-ci. Le Mossad mène des contacts intenses avec Bahreïn pour annoncer l’accord de normalisation

Le chef du Mossad israélien, Yossi Cohen, est en contact permanent avec les hauts responsables de l’État de Bahreïn, dans le but d’annoncer l’accord et de coordonner la normalisation entre eux.

Après l’annonce de la normalisation avec les Emirats, le ministre israélien des Renseignements, Eli Cohen, a déclaré qu’il s’attendait à ce que Bahreïn et le Sultanat d’Oman suivent l’exemple des EAU.

Bahreïn devrait devenir le prochain royaume du Golfe à normaliser officiellement ses relations avec Israël, a déclaré un responsable israélien à la chaîne publique Kan. Selon ces confidences, le royaume devrait annoncer cette décision après la signature d’un accord entre Israël et les Émirats arabes unis.

Le responsable aurait déclaré que Washington cherchait à accueillir des responsables israéliens et émiratis lors de la cérémonie de signature à la Maison Blanche à la mi-septembre (le 13) avant le nouvel an juif.

Bahreïn était l’un des pays que le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a visité lors de sa récente tournée au Moyen-Orient centrée sur la normalisation israélo-émiratie.Les dirigeants de Bahreïn auraient déclaré à Pompeo qu’ils étaient attachés à la création d’un État palestinien dans les pourparlers, rejetant implicitement la pression du haut diplomate américain pour que les pays arabes normalisent rapidement leurs relations avec Israël.

Mike Pompeo avait rencontré le ministre bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid Al-Zayani en août.

Comparé aux autres pays du CCEAG, Bahreïn présente plusieurs spécificités notables : une faible part des hydrocarbures dans la formation du PIB (18,5 %, soit 200.000 barils/jour) et une stratégie de diversification dynamique, définie autour de trois priorités : l’aluminium, les services financiers et le tourisme, principalement en provenance d’Arabie saoudite.

 En effet, conscientes du tarissement de leurs ressources en hydrocarbures, les autorités de Manama ont, dès la décennie 1980, mis en œuvre un plan de diversification de l’économie, dont l’une des pierres angulaires a été le développement d’un centre financier à vocation régionale. De plus en plus concurrencée par l’essor des places financières offshore des pays voisins (le DIFC à Dubaï et, à un degré moindre, le QFC au Qatar), la place de Manama a choisi de privilégier deux axes de développement pour se différencier : la finance islamique et un dispositif de régulation et de supervision susceptible d’attirer les acteurs internationaux. A la fin de l’année 2018, le secteur financier regroupait 393 institutions, employant 14 000 personnes et représentant un peu moins de 16,5% du PIB, soit le niveau le plus élevé parmi les pays du Golfe.

Le pays dispose en outre d’un fonds souverain (Mumtalakat), pour les actifs non pétroliers, doté d’un portefeuille évalué à 15,4 milliards de dollars en 2017.

Bahreïn apporte une contribution remarquée aux débats consacrés aux questions de sécurité dans la région du Moyen-Orient en organisant chaque année, depuis 2004, le « Manama Dialogue », un forum international de haut niveau très suivi.

Bahreïn entretient des relations privilégiées avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis. La première a exercé son protectorat sur l’archipel jusqu’en 1971 tandis que les seconds lui ont accordé en 2001 le statut d’« allié majeur hors OTAN ».

Les Etats-Unis entretiennent avec Bahreïn une alliance militaire étroite, avec la signature en 1991, d’un accord de coopération de défense. Manama accueille le commandement de la Ve flotte américaine et le Commandement central des Forces navales (USNAVCENT). L’arrivée au pouvoir de l’Administration Trump a resserré les liens avec Bahreïn, qui est désormais le relais de plusieurs initiatives américaines liées à la région.

Le royaume a noué des liens étroits avec l’Arabie saoudite, à laquelle il est relié par un pont-digue de 25 km. Outre l’aide pétrolière qu’elle lui fournit (représentant près de 25% du PIB de Bahreïn), l’Arabie représente l’essentiel (80%) de ses entrées touristiques, ainsi qu’un débouché substantiel (15%) pour sa production d’aluminium.


Dès le début de la crise du Golfe, qui éclate à l’été 2017, Bahreïn s’est rangé aux côtés de l’Arabie Saoudite, des Emirats arabes unis et de l’Egypte, et a rompu ses relations diplomatiques avec le Qatar. Manama reproche notamment à Doha sa proximité avec Téhéran.

Souhail Ftouh

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