KC-46 refueling F-15E

Le gouvernement américain a approuvé la vente de ravitailleurs KC-46 à Israël, qui deviendra ainsi un des rares alliés des Etats-Unis à posséder cet avion qui doit remplacer des appareils en service depuis la Guerre froide.La vente des engins Boeing, qui a pris des années de retard, s’élève à un montant de 2,4 milliards de dollars, a indiqué le Pentagone

Le département d’Etat a autorisé la vente de 8 ravitailleurs KC-46 de Boeing, un programme qui a pris des années de retard, pour un montant de 2,4 milliards de dollars, a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

En permettant à Israël de ravitailler en carburant d’autres avions en vol, ce qui étend leur rayon d’action, l’avion-ravitailleur KC-46 « permettra à Israël de fournir des capacités supplémentaires à l’armée américaine dans la région, ce qui lui permettra de libérer des équipements pour d’autres zones en cas de guerre », a noté le Pentagone.

Le programme des ravitailleurs KC-46 a accumulé les retards sur le calendrier de livraison, et les surcoûts pour Boeing, qui a dû inscrire de nombreuses charges dans ses comptes, pour un montant cumulé évalué à plus de 3 milliards de dollars.

Le Boeing KC-46A Pegasus sera le standard en terme de ravitaillement en vol au 21 ième siècle comme le fut le Boeing KC-135 Stratotanker au 20 ième siècle.

L’appareil de Boeing, qui n’est toujours pas certifié par le Pentagone, avait été choisi par l’US Air Force en 2011 après une compétition féroce avec son rival européen Airbus, pour remplacer le KC-10 (un DC-10 modifié entré en service en 1981) et le KC-135, un ravitailleur encore plus vieux, entré en service en 1957 et dont l’exemplaire le plus récent a été livré en 1965.

L’US Air Force a décelé des défauts dans les caméras de l’appareil, qui aident à réaliser la délicate manoeuvre de ravitaillement en plein vol.

Questionné mardi au Congrès sujet de ce programme, le chef d’état-major de l’armée de l’air américaine, le général David Goldfein, a indiqué que le Pentagone faisait pression sur Boeing pour régler le problème au plus vite.

« En ce moment, nous en sommes au stade final des négociations avec le groupe », a-t-il indiqué.

Israël est le deuxième allié auquel les Etats-Unis ont accepté de vendre ce ravitailleur, après le Japon qui en a commandé deux.

L’annonce a fait du bruit : devant le sénat américain, le chef d’état major de l’US Air Force a déclaré que « l’US Air Force n’utiliserait le KC-46 qu’en cas d’urgence opérationnelle absolue », pour combattre un adversaire puissant. Pour les opérations au jour le jour, et tant que la guerre ne sera pas déclarée contre Moscou et/ou Pékin, le ravitailleur tout neuf devra donc rester au sol.

C’est un nouveau coup de tonnerre dans un programme qui n’en  a jamais été avare. Le problème de l’avion porte sur son Remote Vision System (RVS) qui permet à l’opérateur de ravitaillement en vol de travailler depuis le cockpit, sans vision directe sur les appareils qu’il ravitaille. Le RVS développé par Rockwell Collins n’est toujours pas au point et induit des impacts inacceptables sur les avions ravitaillés. L’US Air Force estime maintenant que l’appareil pourrait ne pas être opérationnel avant 2023.

Dans le même temps, on apprenait que les Etats-Unis avaient approuvé la vente de 8 KC-46 à Israël pour un cout estimé à 2,4 milliards de Dollar. Selon la presse israélienne, l’achat devrait se faire en utilisant l’aide financière de Washington.

Souhail Ftouh

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