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De gauche à droite: Rachid Bandou, Président des Amitiés Québec-Kabylie, David Bensoussan, Ferhat Mehenni, David Ouellette, Luciano Del Negro, Eta Yudin et Myriam Azogui-Halbwax du CIJA-Québec

Ferhat Mehenni a été chaleureusement accueilli récemment par les membres de l’équipe de direction de la section Québec du Centre consultatif des relations juives et israéliennes(CIJA).

Le militant Ferhat Mehenni est le fondateur du Mouvement de l’indépendance de Kabylie, une région berbère située dans le Nord de l’Algérie, à l’est d’Alger qui est occupée par les Arabes.

Fils d’un combattant de la guerre d’Algérie, Ferhat Mehenni est l’un des artisans du ”printemps berbère” de Tizi Ouzou (mars 1980) et fondateur de la Ligue algérienne des droits de l’homme ( 1985). En 2001, à la suite des violentes émeutes qui ont éclaté en Kabylie avril 2001 et avril 2002, il prôna comme solution à la sortie de crise dans laquelle se débat depuis l’indépendance de l’Algérie, l’autonomie régionale. À cet effet, il a fondé le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK).

Durant la rencontre qui a eu lieu dans les locaux du Centre for Israel and Jewish Affairs, Mehenni brossa à ses interlocuteurs une rétrospective historique du long et ardu combat mené par le peuple kabyle pour acquérir son indépendance et leur livra son analyse sur les perspectives politiques dans l’Algérie gouvernée d’une main de fer par Abdelaziz Bouteflika depuis 1999.

D’après le président du Gouvernement provisoire kabyle, le peuple Kabyle est soumis à “une dure répression” de la part du pouvoir algérien arabo-islamiste qui rayonne par sa nuisance et sa lâcheté.

“Sur le terrain, la Kabylie est un territoire sur-militarisé. Aujourd’hui, 30% des effectifs militaires de l’Algérie sont déployés en Kabylie. Une militarisation très excessive par rapport à la population et à la superficie étriquée -25000 kilomètres carrés- de la Kabylie. Pour le peuple kabyle, ce déploiement impressionnant de forces militaires est simplement une occupation et une intimidation pour le faire plier afin qu’il renonce à son combat national très légitime. Cette surprésence militaire algérienne sur le territoire de la Kabylie a deux objectifs: intimider le peuple kabyle pour qu’il ne se révolte plus et faire fuir les investisseurs économiques.”

La Kabylie est soumise à une occupation arabe et à une implacable colonisation islamique, avec tout ce que cela implique de dépossession pour les berbères. Cette présence militaire empoisonne la vie de la population kabyle au nombre de 4 millions.

Le gouvernement arabe algérien  continue l’interdiction de certains prénoms amazighs par l’administration de l’état civil. Les officiers musulmans de l’état civil refusent de procéder à l’enregistrement des prénoms amazighs sous prétexte qu’ils ne figurent pas sur ‘‘la liste des prénoms à caractère algérien’. La discrimination  et le racisme primaire du régime algérien concerne aussi les manuels scolaires de Tamazight qui sont plus chers car ils ne sont pas subventionnés comme les autres manuels. Et la culture amazighe est présentée de manière raciste, comme un sous-produit de la culture arabe.

Les Kabyles veulent s’inspirer d’Israel, un Etat juste, équitable et humain

 

En 2012, Mehenni effectua un voyage officiel en Israël. Il rencontra Dany Danone ( en photo), actuel Ambassadeur d’Israël à l’ONU qui assumait alors la fonction de vice-président de la Knesset, le ministre israélien de l’hydraulique et des mines, des hauts cadres du ministère des Affaires étrangères d’Israël et des personnalités du monde artistique et culturel israélien.

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Ferhat Mehenni, président de l’Anavad (à d.) avec Dany Danon, vice-président de la Knesset le 21 mai 2012 et  actuel Ambassadeur d’Israël à l’ONU

Ce voyage en Israël suscita l’ire du gouvernement arabe algérien qui s’empressa, par le truchement de son ministère des Affaires étrangères, d’émettre un communiqué fustigeant Ferhat Mehenni et qualifiant son séjour en Israël d’“acte de trahison envers le peuple algérien”.

“Je suis très fier d’avoir effectué ce voyage en Israël, où mes interlocuteurs m’ont cordialement accueilli et écouté attentivement. J’espère qu’Israël reconnaîtra bientôt la nécessité du peuple kabyle d’accéder à son indépendance. Dès que ce sera fait, nous retournerons à Jérusalem pour sceller des accords d’amitié et de coopération avec le gouvernement et le peuple d’Israël”, a dit Ferhat Mehenni.

Aux USA, au Canada,en France et dans d’autres, Ferhat Mehenni a des contacts réguliers avec les leaders et des membres des communautés juives établies dans ces contrées.

Le peuple Kabyle n’est plus en quête d’une “autonomie territoriale”, mais de son “indépendance pleine et entière”, précisa Ferhat Mehenni dans les locaux du CIJA-Québec.

Luciano Del Negro, vice-président du CIJA–Québec, David Ouellette, Myriam Azogui-Halbwax et Eta Yudin, directeurs associés au CIJA-Québec, David Bensoussan, universitaire et ancien président de la Communauté sépharade unifié du Québec (CSUQ), Rachid Bandou, président des Amitiés Québec-Kabylie et plusieurs membres de cette association, dont Julia Coriat, une bénévole très active dans la communauté sépharade, ont assisté à cette rencontre.

“Les Kabyles ne sont plus dans la phase intermédiaire d’une revendication linguistique et identitaire. Désormais, nous voulons être totalement indépendants et avoir notre propre État pour protéger notre peuple des agressions permanentes du pouvoir algérien. Nous voulons prendre une fois pour toutes notre destinée en main, contrôler notre économie, bâtir notre propre système d’éducation. Nous souhaitons axer le développement de la Kabylie sur la recherche fondamentale et la recherche technologique. Nous ne voulons plus que la Kabylie soit amarrée au Moyen-Orient, mais qu’elle soit ouverte sur le monde.”

Le mouvement indépendantiste kabyle cherche des appuis en Israël, au Canada et aux USA.

Souhail Ftouh& Canadian Jewish News

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