Les Emirats arabes unis (EAU) vont ouvrir un centre de formation pour les enfants atteints de trouble mentaux sur un modèle de La psychoéducation de l’Etat hébreu.
Ce nouveau centre adoptera les méthodes du Pr. Reuven Feuerstein, pédagogue israélien reconnu dans le monde entier pour ses travaux sur les enfants atteints de trouble mentaux, qui avait créé une méthode remettant en question le déterminisme des retards cognitifs des personnes handicapés. Cette approche a été développée dans l’Etat hébreu.
Né en Roumanie, cet éducateur a immigré en Palestine mandataire en 1944, avant de travailler en Suisse aux côtés du psychologue Jean Piaget puis d’obtenir en 1970 un doctorat en psychologie du développement à la Sorbonne à Paris.
En 1993, il a pris la direction du Centre international pour le développement du potentiel d’apprentissage (ICELP), destiné à l’évaluation et à l’éducation des jeunes présentant des retards intellectuels.
Le Pr Feuerstein, qui est mort en 2014, avait créé une méthode reposant sur le principe de « modifiabilité » du comportement, remettant en question le déterminisme des retards cognitifs des personnes handicapés.
Il avait ensuite fondé 90 centres de formation sur ce modèle dans 40 pays.
Il s’etait occupé d’enfants rescapés de la Shoah en Europe après la Seconde guerre mondiale et a créé une école au Rwanda en 2008 pour les enfants rescapés du génocide. Il avait reçu de nombreux prix dans le monde entier et enseignait la psychologie éducative dans plusieurs universités en Israël et aux Etats-Unis.
La psychoéducation est une discipline qui se spécialise en prévention et en intervention dans le domaine de l’inadaptation psychosociale, principalement auprès des jeunes.
Depuis ses débuts dans les années 1950, la psychoéducation israélienne s’est inspirée des traveaux du Pr. Reuven Feuerstein, de son époque afin de comprendre les difficultés d’adaptation des jeunes et de proposer des moyens de rééducation.
Inspirés d’expérimentations de ce professeur sur l’aide aux enfants en difficulté de comportement, les pionnières sionsites ont travaillé à la création d’environnements adaptés aux besoins de ces jeunes.
Les premiers psychoéducateurs et psychoéducatrices en Israël concevaient que les difficultés de ces jeunes atteints de trouble mentaux pouvaient être surmontées par la participation active à un environnement arrimé à leurs besoins. L’« activité psychoéducative » constituait alors le noyau dynamique de cette conception de l’intervention. Elle proposait une grande diversité d’activités, de moyens et de stratégies afin d’améliorer cet arrimage et de favoriser un développement harmonieux.
Souhail Ftouh