Le patriarche d’Antioche des Syriens, sa Béatitude Ignace Youssef III Younan, a demandé ce mardi l’intervention des pays européens pour assurer la sécurité des chrétiens en Irak, au cours d’une conférence de presse à Paris, ce Mardi 30 novembre 2010.
« La chasse aux chrétiens, se poursuit en Irak » a-t-il dit. « Actuellement, il n’y a pas de place en Irak pour la liberté de religion, non seulement pour les chrétiens mais pour toutes les minorités », a déploré le patriarche:
« il est temps que la communauté internationale se mobilise pour les aider ».
La patriarche Younan est venu à Paris pour rendre visite aux chrétiens hospitalisés en France après avoir été blessés dans l’attaque de la cathédrale syro-catholique de Bagdad le 31 octobre, un événement qu’il qualifie de « carnage abominable ».
Le nombre de chrétiens diminue constamment en Irak et parmi ceux qui restent, beaucoup ont quitté Bagdad pour se rendre au Kurdistan où ils sont protégés par les autorités régionales. En revanche ceux qui sont encore à Bagdad ou dans la région de Ninive (près de Mossoul) sont en danger, a-t-il expliqué à (AFP).
Deux ouvriers chrétiens ont été abattus le 22 novembre 2010 par des hommes armés sur leur lieu de travail, un garage de la grande ville de Mossoul, dans le nord de l’Irak, dans une nouvelle attaque contre la communauté chrétienne d’Irak.
« Les deux frères syriaques catholiques ont été tués vers midi dans leur atelier situé dans une zone industrielle de l’ouest de Mossoul », à 350 km au nord de Bagdad, a indiqué le commandant Fatih Abdoulrazzaq, de la police locale.
Wahad Hanna était âgé de 40 ans et son frère Saad avait 43 ans, a-t-il précisé.
Le 10 novembre 2010 des attentats ont été perpètres contre trois maisons de chrétiens à Bagdad .Les trois maisons appartenant à des chrétiens à Bagdad ont été la cible, d’attentats à la bombe, qui ont fait 6morts et 26 blessés. Des tirs de mortier dans les concentrations chrétiennes de Bagdad, notamment dans le quartier de Mansour à l’Ouest de la capitale irakienne.
Un groupe d’al-Qaida a attaqué le 31 octobre 2010 la cathédrale syriaque catholique, en plein cœur de la capitale irakienne. L’opération s’est soldée par la mort de 53 personnes, 67 autres ont été blessées. Ces attentats ont délibérément visé des lieux de rassemblements de civils, notamment des lieux de culte chrétiens.
Les islamistes peuvent ainsi continuer à massacrer sans qu’aucune voix ne s’élève dans le camp des musulmans. Les meurtres de chrétiens à Bagdad, les massacres de coptes en Égypte et de maronites au Liban ne suscitent aucune réaction tangible de la part des autorités musulmanes, le Vatican est aussi complice dans ce silence.
Les chrétiens ne représentent que 3% de la population irakienne mais c’est déjà trop pour ces musulmans qui ont attaqué leur église, massacré le prêtre et grenadé les fidèles. Bientôt les chrétiens chaldéens irakiens rejoindront leurs frères maronites libanais dans l’exil. Pour une caricature de Mahomet, le monde musulman avait explosé en émeutes sanglantes mais pour le massacre de chrétiens au Moyen Orient, les occidentaux baisseront encore davantage leurs nuques soumises.
Après des rumeurs affirmant que la France seraient susceptible de leur accorder un visa, des centaines de Chrétiens d’Irak ont afflué à l’ambassade afin d’espérer pouvoir échapper aux menaces d’Al-Qaeda. De sa part , le ministre de l’Intérieur irakien Jawad Bolani a communiqué lundi 29 novembre 2010 sur l’arrestation de suspects de tentative d’attentat sur l’ambassade de France à Bagdad. Quatorze de ces suspects seraient liés à l’attaque du mois dernier sur l’église chrétienne Notre Dame du Salut qui a causé la mort de 68 personnes.
Les forces de sécurité irakiennes auraient déjà déjoué ce grand projet d’attentat-suicide à la voiture piégée contre l’ambassade de France en Irak, selon un haut responsable du ministère de l’intérieur irakien. « Nous avons saisi la voiture et arrêté celui qui devait la conduire », a déclaré lundi 29 novembre le général Ahmed Abou Rghif, directeur des affaires internes et de la sécurité au sein du ministère. Il a précisé que le groupe qui préparait cet attentat était le même que celui qui avait attaqué le 31 octobre la cathédrale syriaque catholique de Bagdad.
Ftouh Souhail, Tunis
