Peu après avoir prononcé son discours à la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies sur l’avenir des négociations avec les Palestiniens, Avigdor Lieberman a accordé une interview à la dixième chaine de télévision israélienne dans laquelle il défend ses propos tenus.

« Mes propos reflètent majoritairement l’avis du peuple d’Israël et des ministres du gouvernement ».

Selon Avigdor Lieberman, la polémique ne réside pas entre « ceux qui désirent la guerre et ceux qui aspirent à la paix, mais sur le moyen d’y parvenir ».

Lieberman a ajouté « qu’il n’existait pas de possibilité de créer une paix artificielle » rappelant les propositions plus que généreuses proposées par l’ex-Premier ministre Ehoud Olmert à Mahboud Abbas et que ce dernier avait balayées.

Le ministre des Affaires étrangères israélien a déclaré mardi que les Palestiniens n’étaient pas intéressés par la paix et que le moment était venu pour Israël de cesser de se blâmer de ne pas parvenir à la paix. Lieberman a fait ces commentaires lors d’une interview dans laquelle il défendait les propos qu’il avait tenu plus tôt à l’Assemblée générale des Nations Unies.

Le ministre de la Défense, Ehoud Barak, a estimé dans un communiqué délivré par son ministère que le discours prononcé par Lieberman devant l’Assemblée générale de l’ONU « ne reflétait pas la position du gouvernement d’Israël ou du parti travailliste ». Le communiqué appelle également à la « poursuite indispensable des négociations en vue d’un règlement du conflit avec les Palestiniens ».

Le député travailliste, Avishay Braverman, a appelé mardi soir le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou à « limoger Lieberman le subversif ». Selon Braverman, les propos « délirants » prononcés à l’ONU par le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avaient été  » bien préparés et sont destinés à saboter les négociations de paix ».

Auparavant c’est Le bureau du Premier ministre qui a communiqué que « le contenu du discours » du ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman « n’ont pas fait l’objet d’une coordination avec le chef du gouvernement ».

En réponse à des questions posées par des journalistes, le bureau du Premier ministre a communiqué la précision suivante : « le Premier ministre décide de la politique faite au nom de l’Etat d’Israël ».

Avigdor Liebermann, a estimé mardi matin dans son discours devant l’Assemblée générale des Etats-Unis qu’un accord de paix entre Israël et les Palestiniens peut prendre plusieurs décennies.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a aussi déclaré mardi devant l’Assemblée générale des Nations Unies que la question du programme nucléaire iranien devait être traité avant le conflit israélo-palestinien. Il a souligné : « l’Iran peut exister sans le Hamas, le Jihad islamique et le Hezbollah, mais les organisations terroristes ne peuvent pas exister sans l’Iran ».

Le chef de la diplomatie israélienne a accusé à la tribune l’Onu la partie palestinienne de torpiller le processus de paix et a pointé la nécessité de « régler la question de l’Iran » qui soutient « les mouvements terroristes Hamas, Hezbollah et Jihad islamique ».

Peu de temps après que le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon ait exprimé “sa déception quant à la reprise de la construction en Judée et Samarie”, le ministre israélien des Affaires étrangères l’a rencontré à New York. Il lui a expliqué que contrairement à la propagande de la Ligue arabe, le gel des constructions n’est pas “le remède à la paix” et qu’il s’agit là d’un “stratagème pour ne pas négocier”.

Lieberman a affirmé: «Si la Ligue arabe est à la recherche de challenges, il en existe de nombreux dans le monde arabe. Des centaines de personnes sont tuées chaque semaine dans attaques terroristes, et c’est sans parler de la pauvreté et du désespoir des arabes.”

“Au lieu de résoudre ces problèmes, les dirigeants de la Ligue arabe préfère les fuir et blâmer Israël pour tous leurs problèmes internes. Au lieu de dialoguer, ils préfèrent inciter les masses contre les Juifs”, a ajouté Lieberman.

Lieberman a réaffirmé vouloir obtenir un accord de paix juste. “Nous sommes prêts à collaborer avec la communauté internationale mais sans compromettre la sécurité et les intérêts vitaux d’Israël”, a t-il dit.

Les délégations palestinienne et iranienne ont quitté mardi la salle de l’Assemblée générale de l’Onu en signe de protestation contre le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman.


Ftouh Souhail, Tunis

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