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Sur fond de tension avec l’Iran les monarchies du Golfe lancent un exercice militaire.

Les monarchies du Golfe vont organiser dimanche à Abou Dhabi des manœuvres de deux jours de leur force conjointe, le “Bouclier de la Péninsule”, a rapporté la presse locale.

Les manœuvres, placées sous le thème “Loyauté aux îles”, sont organisées au niveau du commandement et de l’État-major. Ils sont destinées à “tester l’harmonie et la coordination” entre les trois corps d’armée, indique un communiqué officiel cité par la presse.

L’exercice vise à tester la capacité de riposte à une éventuelle attaque balistique ou maritime contre les pays du du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

L’exercice vise aussi à tester la capacité à “exécuter des missions spéciales limitées ou d’envergure sur les côtes et dans les îles situées dans les eaux territoriales (des pays membres), à la lumière de la conjoncture actuelle”, selon le communiqué.

L’exercice intervient sur fond de résurgence de la tension entre les Émirats arabes unis et l’Iran après une visite le 11 avril 2012 du président Mahmoud Ahmadinejad à Abou Moussa, l’une des trois îles du Golfe au centre d’un litige territorial entre les deux pays.

Près des Emirats Arabes Unis, à 60 km, le président iranien Mahmoud Ahmadinedjad a fait une visite provocatrice sur l’île émirati d’Abou Moussa, occupée par l’Iran. L’Iran a annexé de facto cette île stratégique, comme les îles de la Petite Toumb et de la Grande Toumb, revendiquées par Abou Dhabi.

Cette visite a été dénoncée comme une provocation par les Émirats et le Conseil de du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et coopération Qatar). Téhéran a pris le contrôle d’Abou Moussa et des deux Tomb en novembre 1971 après le départ des forces britanniques du Golfe précédant l’indépendance des Emirats.

Les monarchies du Golfe organisent des manœuvres périodiques de leur force conjointe pour dissuader l’expansionnisme perse.

L’exercice de dimanche “se déroulera au niveau du commandement, mais sans tirs d’armes, pour tester la (capacité) de riposte à une éventuelle attaque balistique ou maritime contre les pays du CCG”, a expliqué un analyste militaire, Riadh Kahwaji.

“Les démonstrations de force ne sont pas dans les habitudes des monarchies du Golfe (…), lesquelles sont plus diplomates que l’Iran. Ce pays cherche toujours à convaincre le monde qu’il est une puissance régionale”, a ajouté M. Kahwaji, directeur de l’Institute for Near East and Gulf Military Analysis, basé à Dubaï.

Selon www.MediArabe.info la tension entre Sunnites et Chiites est à son comble dans le Golfe. “L’axe shiite” accélère sa politique hégémonique en Syrie, au Liban, en Irak, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats Arabes Unis et au Yémen.

Téhéran joue la carte de l’opposition chiite à Bahreïn. Les forces de l’ordre de Bahreïn affrontent des manifestants hostiles au gouvernement dans divers secteurs chiites du royaume, dirigé par la famille Khalifa issue de la minorité sunnite.Des manifestants ont lancé des cocktails Molotov sur un commissariat de police et les forces de sécurité ont riposté à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes à Manama, la capitale de Bahreïn. Les incidents ont éclaté dans le quartier de Bilad al Kadim après une marche de milliers de personnes qui s’étaient rendues sur la tombe d’un opposant tué lors des manifestations contre le Grand Prix de Formule Un disputé dimanche dans le royaume .

L’Iran avance aussi ses pions en Irak et tente de remplacer l’ayatollah Ali Sistani, référence des shiites irakiens, par l’ayatollah Shahroudi, issu de Qom. Après avoir soumis la classe politique à travers le Premier ministre Nouri Al-Maliki et le courant Al-Mahdi de Moqtada Sadr, Téhéran tente aujourd’hui d’imposer ses hommes sur Nadjaf. Téhéran a accentué ses pressions sur le Yémen pour prendre l’Arabie saoudite à revers.

Téhéran continu enfin à soutenir la Syrie, son principal allié arabe, dans sa répression du mouvement de contestation. Le régime iranien fournit à la Syrie de l’équipement pour massacrer son peuple et du matériel pour maitriser les groupes d’opposants syriens. Le régime iranien est déterminé à sauver Assad, et ce faisant, n’hésitera pas à déstabiliser la région. L’Iran a averti que la chute du régime alaouite aurait “des répercussions sans précédent” sur la région, compte tenu de ses “voisins sensibles”.

Le CCG de sa part est déterminé à aider le peuple syrien à atteindre ses aspirations et à étudier les moyens nécessaires pour y parvenir, notamment en demandant au Conseil de sécurité de l’ONU d’imposer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Syrie.

Au delà de leur volonté d’épargner des vies humaines, Oman, Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Qatar et Koweït redoutent certainement que la confusion et la quasi guerre civile qui règnent actuellement en Syrie n’aient des répercussions sur leur propre régime, alors que le vent de révolte souffle d’ores et déjà dans la plupart de ces contrées.

Selon le Professeur Hillel Frisch, un politologue et expert en politique moyen-orientale qui enseigne à l’Université Bar-Ilan, il y a une lutte constante entre le camp comprenant l’Iran, le Hezbollah, le Hamas et la Syrie, et le camp des États arabes modérés.

Le Professeur Frisch qui est aussi membre du Centre Begin-Sadate d’études stratégiques estime qu’« Il y a une dimension qui monte en charge sans cesse, c’est l’affrontement des sunnites contre les non-sunnites »

Selon lui au cours des 20 dernières années la lutte violente entre Israéliens et Palestiniens a été remplacée par une guerre froide entre les camps rivaux du Moyen-Orient qui continuent de s’affronter.

Pour lui il est indispensable que les pays arabes renforcent sensiblement leurs capacités militaires et leur coopération avec les États-Unis. Ainsi le régime iranien comprendra que sa course à l’armement nucléaire ne le renforcera pas mais, au contraire, le mettra en péril.

Les pays sunnites du Golfe persique, eux, verraient d’un bon œil la neutralisation – par Israël – de la bombe chiite iranienne en gestation. La majorité des sunnites veut qu’il soit mis fin à la menace mortelle que constitue le nucléaire chiite iranien.

Ftouh Souhail

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