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Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir en Egypte a invité l’ancien Premier ministre Kamal Ganzouri à former un nouveau gouvernement.

M. Ganzouri, 78 ans, a été de 1996 à 1999 Premier ministre sous Hosni Moubarak, chassé le 11 février par une révolte populaire. Il remplace Essam Charaf, qui a démissionné en raison de la grave crise que traverse l’Egypte actuellement.

Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, président du Conseil suprême des forces armées (CSFA) au pouvoir depuis la chute d’Hosni Moubarak en février, a chargé un ex-Premier ministre de l’ancien régime de former un gouvernement de “salut national”, doté des “pleins pouvoirs”.

Le nouveau Premier ministre égyptien, nommé aujourd’hui par le Conseil militaire, a indiqué que le nouveau gouvernement ne serait pas annoncé avant le début lundi des élections législatives. Les élections législatives, qui doivent débuter lundi en Egypte, s’étaleront sur deux jours au lieu d’un, a indiqué ce vendredi le Conseil militaire au pouvoir. Kamal el-Ganzouria indiqué que cette instance lui avait octroyé des pouvoirs plus importants que ceux de ses prédécesseurs.

Cet ex-Premier ministre de Moubarak, qui disposera de plus de pouvoirs que ses prédécesseurs, devra rassuer les pays occidentaux qui se sont engagés pour aider l’Egypte sur le maintien de bonnes relations avec l’état hébreu.

Les conséquences de l’attaque de l’ambassade d’Israël au Caire et les scènes de chaos lors de cette attaque avait terni l’image de la révolution égyptienne. La gestion de cette crise a dévoilé les failles dans les compétences de l’armée dans le domaine sécuritaire. D’autant que deux jours avant les violences, un appel avait été lancé, sur les réseaux sociaux, à venir manifester devant l’ambassade sans réaction des forces égyptiennes.

Le nouveau Premier ministre devra donner des gages à l’occident à propos d’Israël et surtout maitriser le sentiment anti-israélien, dominant dans l’opinion publique. Il est de notoriété publique que la population égyptienne est radicalement anti-israélienne ; elle n’a toujours pas digéré les accords de Camp David en 1978. On ne peut donc que s’étonner que l’un des grands défis de cet ex-Premier ministre de Moubarak est de maintenir les accords de paix avec Israël.

Depuis le début de la contestation du régime de Moubarak en janvier dernier, l’armée, s’est posée en garante des accords de Camp David. C’est une des lignes rouges de l’Armée égyptienne. Dès le renversement de Moubarak, une des premières déclarations du Marshal Mohamed Hussein Tantawi a été de promettre que les engagements internationaux de l’Egypte (et donc les accords de paix avec Israël) ne seraient pas mis en cause.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahu a soutenu ce jeudi qu'”Israël et l’Egypte ont un intérêt commun à préserver la paix et la stabilité au Proche-Orient”. “Rien ne peut être meilleur pour la prospérité, la sécurité pour la paix” que d’avoir des démocraties dans les pays voisins, a-t-il ajouté au cours d’une conférence de presse.

Le nouveau Premier ministre sera aussi tenu à préserver les intérêts -notamment économiques- de son pays. Face aux risques de chaos en interne et de crise ouverte avec Israël, et aussi compte tenu du contexte régional très perturbé (la répression en Syrie, du changement de régime en Libye) les militaires sont obligés de garder les pouvoirs entre de bonnes mains, pour éviter que ce bouillonnement politique engendre un déséquilibre des rapports de force en faveur des islamistes (les Frères musulmans). L’armée au pouvoir en Egypte a une nouvelle fois écarté l’hypothèse d’un départ immédiat du pouvoir comme le réclament les milliers de manifestants pro-islamistes de la place Tahrir au Caire, qui ont lancé de nouveaux appels à se mobiliser massivement.

Par ailleurs, les militaires ont sans doute, mis leur confiance à M.Ganzouri nommé à la tête d’un gouvernement de “salut national”. Soutenu par L’Union européenne et les États-Unis, cet est homme est considéré comme politiquement intègre, malgré ses responsabilités sous le règne de Moubarak. Diplômé de la faculté d’agriculture de l’université du Caire et titulaire d’un doctorat en économie de l’université américaine du Michigan, il a occupé plusieurs autres postes importants durant sa présidence.

Malgré les hurlements des révolutionnaires de la place Tahrir qui refusent la nomination de M.Ganzouri parce-que lié à l’ancien régime, cet économiste issu des rangs des universités américaines est l’homme de la transition post-Moubarak. Sa nomination intervient alors que le pays connaît des difficultés économiques énormes avec un chômage qui avoisine les quarante pour cent.Ce Jeudi, la livre égyptienne est tombée à six livres pour un dollar, pour la première fois depuis janvier 2005.Plus grave encore l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé la note souveraine à long terme du pays de B+ à BB-.

Les nombreux manifestants qui hurlent place Tahrir, au Caire, oublient que lors de son passage à la tête du gouvernement, entre 1996 et 1999, M.Ganzouri avait pratiquement ramené le budget à l’équilibre, réduit l’inflation et maintenu la stabilité des taux de change.

Ftouh Souhail

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